CROISADES

Comment les Géorgiens pillèrent Baylaqan

 

Au cours du mois de Ramadan de l’année 619 de l’Hégire (1222), les Géorgiens quittèrent leur territoire pour celui d’Arran et attaquèrent la ville de Baylaqan que les Tatars avaient déjà ruiné et pillé, comme nous l’avons mentionné précédemment. Lorsque les Tatars partirent pour la terre des Qafjaq, la population survivante retourna dans la ville et réparèrent ce qu’ils furent capable de réparer de son mur.

Alors qu’ils étaient ainsi occupés, les Géorgiens tombèrent sur eux, entrèrent dans la ville et la prirent. Les Musulmans de cette région étaient devenus familiers avec les Géorgiens et de la façon dont, quand ils avaient pris le contrôle d’une ville, ils négocieraient leur retrait en échange d’argent. Ils étaient les meilleurs des ennemis quand ils avaient la main haute. Lors de cette occasion, les Musulmans pensèrent qu’ils agiraient comme avant, et ne firent donc pas de grands efforts pour se défendre ni pour s’enfuir. Lorsque les Géorgiens eurent pris la ville, ils passèrent les habitants par l’épée, les massacrèrent et se livrèrent au pillage d’une manière bien plus pire que les Tatars.

Pendant que ces évènements avaient lieu, Ouzbak Ibn Bahlawan le seigneur d’Azerbaïdjan était à Tabriz et il ne se remua pas le moindre du monde pour prendre un avantage quelconque ou pour une bonne cause. Au contraire, il se contentait de manger, de boire et de se livrer à la dépravation. Qu’Allah le maudisse et qu’Il donne aux Musulmans quelqu’un qui leur viendra en aide et préservera leurs terres à travers Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et sa famille !

 

 

Toujours cette année, le 20 du mois de Sha’ban, une grande comète avec une longue et large queue apparut dans le ciel à l’Est. Elle apparut à l’aube et le resta pendant dix jours. Ensuite, elle apparut au début de la nuit vers le nord-ouest et chaque soir, elle se déplaça vers le sud d’environ 4.5 mètres comme cela apparut à l’observation (aux yeux). Elle continua     à se déplacer plus au sud jusqu’à ce qu’elle devienne pur ouest. Puis elle s’orienta vers le sud-ouest, après avoir été au nord-ouest. Il resta ainsi jusqu’à la fin du mois de Ramadan et disparue ensuite.

 

Cette année, Nassir ad-Din Mahmoud Ibn Muhammad Qara Arsalan, le souverain de Hisn Kayfa et Amid, mourut. Il fut un tyran qui opprima ses sujets. On dit qu’il avait l’habitude de professer des croyances des philosophes et que les corps ne seraient pas ressuscités après la mort. Ils ont menti (qu’Allah les maudisse). Après sa mort, il fut succédé par son fils al-Mas’oud.

 

 

Comment le souverain du Yémen prit la Mecque 

 

En l’an 620 de l’Hégire (1223), al-Mas’oud Atsiz Ibn al-Kamil Muhammad, le seigneur d’Egypte, alla à La Mecque (qu’Allah Tout Puissant la protège) dont le souverain à cette époque était Hassan Ibn Qatada Ibn Idris al-‘Alawi al-Houssayni, qui avait pris le pouvoir après avoir tué son père comme nous l’avons raconté. Hassan avait maltraité les Shourafas et les Mamalik de son père qui l’avaient abandonné. Seuls ses oncles maternels étaient restés avec lui. Lorsque le seigneur du Yémen atteignit La Mecque, ses troupes pillèrent la ville jusqu’en début de soirée.

 

Une certaine personne notable qui était en retraite pieuse à la Mecque m’a dit que leur pillage était tel qu’ils prirent les vêtements du dos des gens qui furent réduits à la misère. Le souverain du Yémen ordonna d’exhumer le corps de Qatada et de l’incinérer et il fut donc déterré de sa tombe. Le cercueil, dans lequel son fils Hassan l’avait enterré sous les yeux des gens apparu mais il était vide. Ils réalisèrent ensuite que Hassan avait enterré son père en secret et qu’il n’avait rien mis dans le cercueil. Hassan goûta ainsi le fruit de son crime contre les liens familiaux. Allah Exalté hâta son juste décret et lui retira ce pour quoi il avait tué son père, son frère et son oncle. Il perdit ce monde et le prochain et c’est une perte évidente en vérité.

 

Du conflit entre les Musulmans et les Géorgiens en Arménie

 

Au mois de Sha’ban de cette année, le seigneur du château de Sourmarah qui était une dépendance de l’Arménie, alla à Khilat, parce qu’il était soumis au Seigneur de Khilat et qui était à cette époque Shihab ad-Din Ghazi Ibn al-‘Adil Abou Bakr Ibn Ayyoub. Il vint le trouver et laissa un de ses émirs comme son adjoint dans sa ville. Cet émir rassembla un groupe d’hommes et marcha sur les terres des Géorgiens, où il pilla un certain nombre de villages avant de revenir.

Les Géorgiens entendirent parler de cela et le seigneur de Daflin dont le nom était Shalwa, l’un des grands émirs des Géorgiens, réunit ses troupes et marcha à Sourmarah qu’il assiégea. Puis, il pilla la ville et la campagne environnante avant de se retirer.

Lorsque le seigneur de Sourmarah fut informé à son tour, il rentra chez lui et arriva le jour où les Géorgiens étaient partis. Prenant ses troupes, il les poursuivit et tomba sur leur arrière-garde, les tua et prit le butin. Il récupéra ainsi une partie du butin qu’ils avaient pris de ses terres.

Le seigneur de Daflin rassembla ensuite son armée et marcha vers Sourmarah pour l’assiéger. Ces nouvelles parvinrent au seigneur de la ville qui la fortifia, stocka des provisions et tout ce dont il aurait besoin. Quelqu’un lui amena l’information que les Géorgiens avaient campé dans une vallée entre Daflin et Sourmarah dans une vallée étroite. Il partit avec toutes ses troupes, sans bagages et progressa rapidement pour prendre les Géorgiens par surprise. Il arriva à l’aube dans la vallée où ils se trouvaient et divisa son armée en deux, l’une attaquerait en amont de la vallée et l’autre en aval puis il les chargea alors qu’ils n’étaient pas préparés pour la bataille et les passa par l’épée, les tuant et saisissant des prisonniers et parmi eux se trouvait Shalwa, l’émir du Daflin, avec un grand nombre de leurs capitaines. Les survivants géorgiens rentrèrent chez eux dans un état misérable.

Le roi des Géorgiens envoya ensuite un messager à al-Ashraf Moussa Ibn al-‘Adil le seigneur d’al-Jazirah qui était celui qui avait donné Khilat et ses dépendances à l’émir Shihab ad-Din, qui lui dit : « Nous pensions que nous étions en paix mais maintenant le seigneur de Sourmarah a fait ces choses. Si nous sommes en paix, nous voulons la libération de nos hommes en captivité mais si la paix entre nous est rompue alors fais nous le savoir afin que nous puissions gérer nos affaires en conséquence. » Al-Ashraf envoya un messager au seigneur de Sourmarah avec l’ordre de libérer les prisonniers et de renouveler la paix avec les Géorgiens. Ce qu’il fit et la paix fut rétablie et les prisonniers libérés.

 

Une étrange tournure d’événements sans précédent

 

Il ne resta personne excepté une femme de la famille régnante en Géorgie. La souveraineté lui échue et elle l’assura dûment. Elle exerça l’autorité sur eux et régna. Ils lui cherchèrent alors un homme pour être son mari et régner comme son adjoint, quelqu’un qui deviendrait un membre de la famille régnante. Cependant, il n’y avait personne qui était apte pour cette tâche.

A cette époque, le seigneur d’Erzurum était Moughith ad-Din Shah Toughroul Ibn Mas’oud Kilij Arsalan Ibn Kilij Arsalan, un membre de la célèbre famille des grands princes de l’Islam, les dirigeants Seljouks. Il avait un fils adulte et il envoya aux Géorgiens un message pour proposer le mariage de son fils à la reine. Ils refusèrent d’accepter cela et dirent : « Nous ne pouvons pas faire cela parce qu’il est impossible qu’un Musulman nous gouverne. » Il répondit : « Mon fils va devenir un Chrétien puis l’épouser. » Et ils acceptèrent cela. Donc sur ses ordres, son fils apostasia et professa le Christianisme. Il épousa ensuite la reine et alla vivre avec elle et resta parmi les Géorgiens, statuant sur leurs terres et vivant en tant que Chrétien. Nous cherchons refuge auprès d’Allah d’être abandonné et nous Le supplions de faire de nos meilleurs actes les derniers et les meilleurs de nos travaux leurs conclusions et le meilleur de nos jours celui où nous Le rencontrerons.

Cette reine géorgienne devint amoureuse de l’un de ses Mamelouk et son mari entendit des mauvais rapports à son sujet mais resta incapable de parler à cause de sa faible position. Un jour, il alla dans sa chambre et la vit endormie dans le lit avec son Mamelouk.

Il ne put accepter cela, lui fit face et lui demanda si elle n’avait plus rien à voir avec lui. Elle répondit : « Soit tu pardonne cela ou sinon tu sais très bien ce qui arrivera. » Il dit : « Je ne peux pas tolérer cela », alors elle le fit envoyer dans une autre ville et le remit aux mains d’hommes qui contrôleraient ses mouvements et le tiendrait strictement enfermé. Elle l’envoya dans les terres des Alains puis convoqua deux hommes qui avaient été décrits comme très beau, et épousa l’un d’eux. Il resta un peu avec elle puis elle se sépara de lui.

Elle appela alors un autre homme de Ganja, un Musulman à qui elle demanda de se convertir au Christianisme et de l’épouser, mais il refusa. Elle voulut toutefois se marier avec lui bien qu’il resta Musulman. Plusieurs émirs aux côtés d’Iwani, qui était le commandant des armées géorgiennes, se levèrent et lui dirent : « Nous avons été déshonoré parmi les princes par tes actions. Maintenant, tu veux épouser un Musulman et cela, nous ne le permettrons jamais. »

La situation resta ainsi non résolue entre eux. L’homme de Ganja resta parmi eux mais sans embrasser le christianisme, alors qu’elle était encore amoureuse de lui.

 

 

Cette année, il y eut des épidémies de criquets dans la plupart des pays qui ruinèrent une grande partie des récoltes de céréales et de légumes en Irak, al-Jazirah, Diyar Bakr, la plus grande partie de la Syrie et ailleurs.

 

Cette année aussi, une multitude de bédouins assaillirent les pèlerins en provenance de Syrie. Ils voulurent les empêcher de passer et les saisir. L’émir en charge des pèlerins était Sharaf ad-Din Ibn Muhammad Ya’qoub, un homme de Mossoul qui habitait à Damas et était devenu important là-bas. Il les dissuada à force de menaces et de promesses, avant de s’arranger avec eux pour de l’argent, des vêtements et d’autres articles qu’il leur donna de ses propres ressources sans prendre un seul dirham des pèlerins. Ce fut une excellente chose qu’il fit. Il était un homme de grand savoir et les ressources d’une foi solide.

 

 

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