CROISADES

De leur arrivée à Darband Shirwan et ce qu’ils y firent

 

Lorsque les Tatars quittèrent les terres géorgiennes, ils procédèrent vers Darband Shirwan, assiégèrent la ville de Shamakhi et engagèrent les habitants qui résistèrent vaillamment face au siège. Ensuite, les Tatars escaladèrent le mur avec une échelle. Il fut également rapporté qu’ils réunirent des carcasses d’animaux morts, des chameaux, des bovins, des ovins et autres et les cadavres de certaines victimes locales et autres qu’ils empilèrent les uns sur les autres jusqu’à ce qu’ils fassent une sorte de mont sur lequel ils grimpèrent et dominèrent ainsi la ville. Les combats se poursuivirent et les habitants résistèrent encore et pendant trois jours, les combats firent rage. Quand ils furent sur le point d’être débordés, ils dirent : « Il n’y aura rien pour nous excepté l’épée donc le mieux est de lutter. Mourons donc avec honneur ! Ils tinrent encore la nuit suivante malgré la décomposition des cadavres tout autour d’eux. Les Tatars ne commandaient plus le mur de la ville où ils avaient eu la haute main dans la bataille. Cependant, ils répétèrent leurs assauts et leurs attaques constantes. Les habitants perdirent courage, vaincus par la fatigue et l’épuisement. Quand ils sont devinrent trop faibles, les Tatars prirent la ville, firent un massacre et pillèrent les biens, qu’ils emportèrent avec eux.

Quand ils y eurent fini, ils voulurent passer par Darband mais furent incapables de le faire et ils envoyèrent alors une ambassade à Shirwan Shah, le souverain de Darband Shirwan, pour lui demander d’envoyer un émissaire qui pourrait arranger certains termes de paix entre eux. Il envoya dix de ses hommes importants mais les Tatars saisirent l’un d’eux, le tuèrent et dirent au reste : « Si vous nous informez d’une route que nous pourrions emprunter, nous garantirons vos vies sinon, nous allons vous tuer comme nous avons tué cet homme. » Ils répondirent : « Darband a pas de route qui la traverse mais il ya un endroit qui offre le meilleure accès qui soit. » Ils les conduisirent vers cette voie qu’ils prirent en laissant Darband derrière leur dos.

 

De ce qu’ils firent aux Alains et aux Qafjaq (Kiptchak ou Kiptchak, des tribus du nord-est)

 

Après avoir traversé Darband Shirwan, les Tatars se rendirent dans ces nouvelles terres qui ont de nombreux peuples comme les Alains, les Lakz et des tribus de Turcs. Ils pillèrent et tuèrent un grand nombre de Lakz dont certains étaient Musulmans et d’autres mécréants. Ils traitèrent durement les autres habitants de ces régions avant de se rendre chez les Alains qui formaient de nombreuses communautés et qui avaient déjà reçu des informations sur les Tatars et pris des précautions en s’alliant avec eux un groupe de Qafjaq. Ils combattirent les Tatars et aucun des deux camps n’acquit un avantage sur l’autre. Les Tatars envoyèrent un messager pour dire aux Qafjaq : « Vous et nous sommes de la même race. Ces Alains ne sont pas comme vous pour que vous leur accordiez votre aide de même qu’ils non pas la même religion que la vôtre. Nous vous promettons que nous ne vous ennuierons pas et que nous vous rapporterons tout l’argent et les vêtements que vous voulez, si vous nous laissez traiter avec eux. »

Un accord fut conclu entre eux en échange d’argent, de vêtements et d’autres choses. Ce qui fut convenu fut délivré et les Qafjaq abandonnèrent leurs alliés sur qui les Tatars tombèrent. Ils massacrèrent un très grand nombre d’entre eux, pillèrent et prirent des captives avant de marcher contre les Qafjaq qui se croyaient en sécurité et étaient retournés dans leurs terres suite à la paix qui avait été conclue. Ils ne furent informés des Tatars que lorsque ces derniers furent sur eux après être entrés dans leurs terres et ils furent massacrés les uns après les autres et les Tatars saisirent plusieurs fois la quantité de ce qu’ils leurs avaient donné précédemment.

Lorsque les Qafjaq qui habitaient au loin entendirent les nouvelles, ils s’enfuirent encore plus au loin sans livrer une seule bataille. Certains se réfugièrent dans les forêts, d’autres dans les montagnes et certains se rendirent dans les terres des Russes. Les Tatars restèrent dans les terres Qafjaq abondantes en pâturages d’été et d’hiver avec certains endroits qui étaient frais en été avec des pâturages abondants et d’autres chauds en hiver aussi avec des pâturages abondants. Ces derniers étaient les zones boisées sur la rive de la mer. Ils se rendirent dans la ville de Soudaq qui était la ville commerciale des Qafjaq sur la mer Noire ou se rendaient les navires transportant des textiles. Les Qafjaq les achetaient et vendaient des esclaves femelles, des Mamalik, des peaux de renards, de castors, des fourrures d’écureuils gris et d’autres objets de leurs terres. Cette mer Noire est une mer connectée avec le Bosphore.

 

Lorsque les Tatars arrivèrent à Soudaq, ils prirent la ville et les habitants s’enfuirent. Certains d’entre eux grimpèrent dans les montagnes avec leurs familles et leurs biens tandis que certains s’embarquèrent et voyagèrent vers l’Anatolie qui était entre les mains des Musulmans et les fils de Kilij Arsalan.

 

De ce que les Tatars firent aux Qafjaq et aux Russes

 

Lorsque les Tatars prirent le contrôle de la terre des Qafjaq après que ces derniers se soient dispersés, comme nous l’avons rapporté, une grande partie se rendit dans le territoire des Russes, un pays voisin grand, vaste et large dont les habitants professaient la religion chrétienne. Après leur arrivée, tous les Russes se réunirent et décidèrent de lutter contre les Tatars, s’ils étaient attaqués.

Les Tatars restèrent dans les terres Qafjaq pendant un moment et ensuite entrèrent dans les terres des Russes en l’an 620 de l’Hégire (1223). Les Russes et les Qafjaq furent alors informés de leur arrivée et s’apprêtèrent à livrer bataille. Ils partirent à la rencontre des Tatars pour les affronter avant que ces derniers n’atteignent leur territoire et pour les empêcher d’y entrer. La nouvelles de leur arrivée parvint aux Tatars qui revinrent sur leurs pas. Les Russes et les Qafjaq étaient impatients de les rencontrer et ils pensèrent qu’ils s’étaient retirés par crainte d’eux et parce qu’ils étaient trop faible pour combattre. Ils partirent énergiquement à leur poursuite et les Tatars ne cessèrent de reculer pendant douze jours, les Russes et les Qafjaq toujours sur leurs talons.

Puis, les Tatars firent volteface et chargèrent les Russes et les Qafjaq qui ne réalisent leur mouvement que lorsqu’ils étaient sur eux et qu’ils n’étaient pas prêts pour la bataille parce qu’ils s’étaient senti à l’abri des Tatars et pensaient qu’ils avaient le dessus sur eux. Leurs préparatifs pour la bataille ne furent pas achevés avant que les Tatars n’aient déjà gagné un avantage considérable sur eux. Toutefois, les deux parties résistèrent d’une manière impensable. La bataille dura plusieurs jours mais à la fin, les Tatars furent victorieux. Les Qafjaq et les Russes subirent une terrible défaite après qu’un grand nombre d’entre eux fut massacrés. De même un grand nombre de ceux qui s’enfuirent furent tués et seuls quelques-uns échappèrent tandis que tous leurs bagages furent pillés. Les survivants atteignirent leurs terres dans un état épouvantable à cause du long voyage et de la fuite. Les Tatars les poursuivirent tuant, pillant et détruisant le pays, de sorte que la plupart de celui-ci devint inhabité.

Bon nombre des principaux marchands russes et les hommes riches se rassemblèrent chargés de ce qu’ils avaient de plus précieux et naviguèrent vers les terres d’Islam dans plusieurs navires. Quand ils approchèrent du port vers lequel ils se dirigeaient, un de leurs navires sombra bien que les personnes à bord réussirent à se sauver. La coutume en vigueur était que chaque navire qui sombrait appartenait au sultan qui gagna beaucoup de ce fait. Le reste des navires arrivèrent sains et saufs et leurs passagers racontèrent cette histoire.

 

Du retour des Tatars vers leur souverain

 

Quand les Tatars traitèrent la Russie comme nous l’avons décrit et pillé leur pays, ils se retirèrent et se rendirent chez les Boulghar (Bulgares) toujours cette même année 620 de l’Hégire (1223). Lorsque ces derniers entendirent parler de leur approche, ils leur préparèrent des embuscades à plusieurs endroits et marchèrent vers eux pour les engager et les attirer vers les sites des embuscades qui émergèrent dans leur dos, de sorte qu’ils furent prit dans un étau et l’épée tomba sur eux de chaque côté. La plupart d’entre eux furent tués et seuls quelques-uns échappèrent.

Il y a cependant une autre version. Environ quatre mille Tatars partirent pour Saqsin pour retourner chez leur souverain Shinjiz Khan. Les terres des Qafjaq se vidèrent de leur présence et les survivants purent rentrer chez eux. Leur route commerciale avait été interrompue depuis l’entrée des Tatars et l’exportation de fourrures de zibelines, d’écureuils et d’autres articles vers d’autres terres avait été stoppée. Lorsque les Tatars retournèrent dans leur pays, la route se rouvrit et les marchandises furent exportées de nouveau comme avant.

 

Ainsi prend fin le récit du groupe des Tatars du « côté de l’ouest» que nous avons raconté d’une seule traite pour éviter son interruption.

 

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