CROISADES

Du rassemblement des Géorgiens pour la bataille

 

Après avoir été accueillis par ‘Aqoush à la tête de ses homme, ils engagèrent une féroce bataille dans laquelle ils restèrent ferme et ou un grand nombre des hommes de ce dernier     furent tués. Les Tatars tombèrent sur eux quand les Géorgiens furent fatigués du combat et que beaucoup d’entre eux avaient été tués. Ils ne résistèrent pas devant les Tatars mais subirent l’une des plus terribles déroutes et furent passés par l’épée de tous les côtés si bien qu’un nombre incalculable d’entre eux trouva la mort. Cette bataille eut lieu au mois de Dzoul Qi’dah de cette année et après celle-ci, les Tatars pillèrent les terres qui avaient échappé à leur attention.

 

En fait, ces Tatars firent quelque chose jamais précédemment fait que ce soit dans les temps anciens ou modernes. Un peuple émergea des frontières de la Chine et avant que l’année ne soit écoulée, certains d’entre eux atteignirent les terres d’Arménie dans cette direction et allèrent au-delà de l’Irak dans la direction de Hamadan. Par Allah, il ne fait aucun doute que tous ceux qui viendront après nous, quand une longue période de temps sera passé, et liront les rapports de cet événement refuseront de l’accepter et le penseront improbable, bien que la vérité soit sous leurs yeux. Quand il l’estimera peu probable, qu’il considère que nous et tous ceux qui écrivirent l’histoire de ces temps, l’avons fait à l’époque où tous ceux qui vivaient connaissaient cette catastrophe, tant les lettrés que les ignorants, tous égaux dans leur compréhension en raison de l’ampleur de sa notoriété.

Puisse Allah Exalté donner aux Musulmans et l’Islam quelqu’un pour les préserver et les protéger car ils furent contraints de rencontrer un ennemi redoutable tandis que les princes musulmans sont réduits à leurs aspirations qui ne vont pas au-delà de leurs ventres et de leurs parties intimes. Depuis la venue du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) jusqu’à ce temps présent, les Musulmans n’ont pas subi de telles difficultés et une misère affligeante telle que maintenant.

 

Cet ennemi, les Tatars mécréants, qu’Allah les maudisse, pénétrèrent les terres de la Transoxiane qu’ils saisirent et ruinèrent. C’était un territoire assez vaste pour eux mais ce groupe traversa le fleuve pour le Khorasan qu’il prit et à qui il appliqua le même traitement avant de revenir ensuite à ar-Rayy, les Hautes Terres et l’Azerbaïdjan ou ils entrèrent en contact avec les Géorgiens et accablèrent leur pays.

 

L’autre ennemi, les croisés, qu’Allah les maudisse aussi, sortirent de leurs terres des coins les plus reculés des terres des Roum (Romains) dans le nord-ouest et vinrent en Egypte et conquirent une ville comme Damiette ou ils s’établirent et les Musulmans furent incapables de les déloger ou de les chasser mettant ainsi le reste de l’Egypte en danger. En vérité, nous appartenons à Allah et à Lui nous retournons. Il n’y a de Force et de Puissance qu’en Allah le Très Haut, le Tout-Puissant.

 

Un des plus grands malheurs des Musulmans fut que leur sultan Khwarizm Shah Muhammad était absent et que ce qui lui arriva était inconnu. A un moment, il fut dit qu’il était mort à Hamadan et que sa mort avait été caché puis il fut aussi dit qu’il était entré dans l’enceinte de Fars où il mourut et sa mort fut gardée secrète afin que les Tatars ne se lancent pas à sa poursuite. À un autre moment, il fut rapporté qu’il était retourné au Tabaristan, puis vers la mer et qu’il était décédé sur une île là-bas. En bref, il disparut mais par la suite, il s’avéra qu’il était mort dans (une ile de) la Mer Caspienne.

Il est vraiment terrible que ceux (les pays) comme le Khorasan et l’Irak sont devenus « une bête lâche » sans défenseurs et sans sultan pour les protéger, tandis que l’ennemi rôde dans le pays en prenant ou en laissant ce qu’il souhaite. De toute manière, ils n’épargnèrent pas une seule ville et détruisirent, incendièrent et ravagèrent tout ce qui tomba sous leurs mains et ce qui n’était pas utile pour eux était brûlé. Ils rassemblèrent des monts de soie puis y mirent le feu et firent la même chose avec d’autres éléments.

 

 



Chapitre Sept

 

L’exhortation du pape

 

En l’an 619 de l’Hégire (1222), après sa défaire en Egypte et l’échec de la cinquième croisade, le roi Jean de Brienne se rendit en Italie au siège de la papauté et rencontra le pape Honorius III (3) puis partit pour la France, l’Angleterre et l’Espagne pour demander de l’aide à leurs rois catholiques et l’urgence d’une nouvelle guerre sainte, convaincu que les Musulmans étaient dans une période de faiblesse et qu’il avait failli gagner la guerre.

Le pape quant à lui ne perdit pas de temps et envoya des messagers aux rois d’Europe pour leur montrer la nécessité de l’envoi d’une sixième croisade et particulièrement à l’empereur d’Allemagne Frederik II à qui il promit de le marier avec Yolande, la fille de Jean de Brienne, le roi de Bayt al-Madqis en Palestine pour l’inciter à partir. Cependant, l’empereur allemand était plus intelligent que le pape et au regard des échecs des croisades précédentes, dont il avait fait l’expérience, il refusa d’envoyer ses armées et de participer à la croisade mais donna son accord pour le mariage qui eut lieu en Sicile.

 

Le pape Honorius III mourut au mois de Rabi’ Thani de l’année 625 de l’Hégire (1227) et fut succédé par Grégoire IX (9) au trône de la papauté. Avant la mort d’Honorius III, l’émir Fakhr ad-Din Youssouf Ibn Sheikh, l’envoyé du sultan d’Egypte al-Kamil Muhammad arriva en Sicile pour assister au mariage de Frederik alors qu’il était allié à son frère Ashraf Moussa contre leur autre frère al-Malik al-Mou’addam ‘Issa, le gouverneur de Damas qui était lui-même allié à Jalal ad-Din Ibn Khawarizm Shah connut aussi sous le nom de Jalal ad-Din Minkobarti qui fuyait les Mongols après que ces derniers aient ruiné le Khwarezm. C’est pourquoi le sultan al-Malik al-Kamil Muhammad Ibn Abi Bakr al-‘Adil Ibn Ayyoub Ibn Shadi demanda à l’empereur Frederik II d’Allemagne de l’aider à combattre ses ennemis (ses frères) en échange de toutes les terres libérées par Salah ad-Din al-Ayyoubi lors des guerres de     son grand Jihad y comprit Bayt al-Maqdis, le troisième Haram de l’Islam.

Nous voyons comment donc cet homme s’humilia et se rabaissa pour conserver son trône en offrant gratuitement aux ennemis d’Allah ce que les respectables Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) conquirent avec leur vies et combien les mécréants aiment ce genre de mauviette.

L’empereur allemand lui envoya donc ses navires en Egypte avec des cadeaux pour le protéger et il fit de même en échange et lors de son retour en Allemagne, l’envoyé de l’empereur décida de s’arrêter en Sicile après avoir envoyé un messager à al-Malik al-Mou’addam ‘Issa à Damas à qui il demanda de remettre Bayt al-Maqdis à l’empereur.             

Al-Malik al-Mou’addam ‘Issa lui répondit alors : « Va dire à ton empereur de s’adresser à Kamil car pour ma part vous n’aurez que le sabre. » Cette réponse était sans aucun doute excellente de la part du sultan kurde !

 

Le début de la sixième croisade

 

Frederik II devint alors sujet à l’acharnement du pape contre lui et par un édit papal issu au mois de Shawwal de l’année 624 de l’Hégire (1226) et vous savez maintenant combien ces édits étaient terrifiants (rahiba) et destructeurs (moudammirah) pour leur destinataire, il fut excommunié pour ne pas avoir voulu participer à la nouvelle croisade. Frederik II fut alors abandonné par tous ses partisans et n’eut d’autre choix que de lever sa propre petite croisade et débarqua avec ses armées à Acre au mois de Rajab de l’année 625 de l’Hégire (1227) pour trouver que son épouse Yolande était morte deux mois auparavant après lui avoir donné un successeur nommé Conrad dont le père de l’empereur se chargea de sa tutelle.

 

Le sultan al-Malik al-Mou’addam ‘Issa, le gouverneur de Damas, décéda au mois de Dzoul Qi’dah de l’année 624 de l’Hégire (1226) et son fils an-Nassir Daoud lui succéda et au mois de Shawwal de l’année 625 de l’Hégire (1227), al-Malik al-Kamil Muhammad arriva avec ses armées pour combattre le fils de son frère qui avait refusé de lui donner le fort de Shawbak en Jordanie actuelle et qui n’était qu’un prétexte pour s’approprier le royaume du fils de son frère.

Al-Kamil réussit à lui enlever Bayt al-Maqdis, Nablous (Naplouse) quand arriva son frère et allié al-Malik al-Ashraf avec son armée et ensemble ils entrèrent à Damas et se saisirent du Royaume d’an-Nassir Daoud Ibn al-Malik al-Mou’addam ‘Issa et lui reléguèrent un infime domaine.

 

La remise de Jérusalem aux croisés par al-Malik al-Kamil

 

Au mois de Rabi’ Awwal de l’année 626 de l’Hégire (1228) fut signé un traité de paix entre l’empereur allemand du saint imperium romain et le sultan d’Egypte al-Malik al-Kamil qui comprenait plusieurs clauses dont trois essentielles :

– Une validité de dix années,

– La remise de Bayt al-Maqdis aux croisés et le laisser en l’état des fortifications de la ville qui avaient été détruites par al-Malik al-Mou’addam ‘Issa et,

– La mosquée d’al-Aqsa et d’as-Sakhra laissée aux soins des Musulmans.

L’empereur s’engagea aussi à fournir toute l’aide nécessaire à al-Kamil contre tous ses ennemis musulmans ou chrétiens.

 

Quelle différence entre al-Malik al-Mou’addam ‘Issa qui voulut donner une leçon aux croisés lors de la cinquième croisade et sa réponse à l’empereur et al-Kamil dont le plan était d’offrir gratuitement aux mécréants ce qu’ils étaient venu chercher !

 

Lorsqu’al-Qouds fut remise à Frederick II l’ennemi du pape Grégoire IX, cet empereur se comporta avec les Musulmans d’une manière stupéfiante qui laissa pantois à l’heure où la rage et la haine des croisés envers les Musulmans étaient à leurs points culminants. Le chercheur et docteur Sa’id ‘Abdel-Fatah ‘Ashour, chef du département de recherche historique de l’Université du Caire et spécialisé dans l’étude des croisades, auteur du Tarikh al-‘Oussour al-Wasta, considéré comme une référence primordiale et incontournable sur les croisades, a beaucoup écrit sur la personnalité de Frederik II, né en Sicile ou il grandit et fut éduqué et au contact des civilisations islamiques et byzantines, il apprit et parlait couremment six langues dont la langue arabe. Il était éprit de poésie y compris celle des Arabes mais aussi de la philosophie, des mathématiques de la géographie et de la médecine. Il fut d’ailleurs surnommé par les historiens « l’émerveillé du monde (ourjoubat dounia) »  

L’historien musulman al-‘Ayni décédé en l’an 855 de l’Hégire (1451) a rapporté dans son livre ‘Aqd az-Zaman fit-Tarikh ahl az-Zaman que Frederik II était un athée qui se moquait de la Chrétienté.

 

De même, lorsque Frederik se trouvait à ‘Akka, il demanda à l’émir Fakhr ad-Din Youssouf Ibn Sheikh, l’envoyé d’al-Malik al-Kamil, de lui dire ce qu’était le califat. Je vous rappelle qu’à tort, les Chrétiens considèrent le calife comme le pape chrétien, le représentant de Dieu sur la terre ce qui est bien évidemment faux comment un calife pourrait-il pardonner les péchés de ses citoyens et leur promettre le Paradis quand lui-même ne sait pas s’il lui sera pardonné ! Et Fakhr ad-Din expliqua à l’empereur allemand ce qu’était le calife et le califat et ce dernier lui dit alors : « Oui, c’est la position saine contrairement à celle du pape antéchrist qui n’a absolument rien à voir avec le Massih et malgré cela, il a tous les droits sur les chrétiens ![1] »

 

Ce fut donc la sixième croisade, une étrange croisade, qui vit la perte de tous les territoires acquis par Salah ad-Din sans qu’une seule guerre ne soit livrée au profit d’un homme athée excommunié et non pas un croisé enragé et haineux ! Et louanges à Allah Exalté qui fait ce qu’Il veut ! Les croisés auraient-ils unis tous leurs efforts qu’ils ne seraient pas arrivés à ce résultat inespéré puisque c’est al-Malik al-Kamil qui partit en Sicile demander de l’aide à l’empereur allemand et lui offrit les terres d’Islam et il y a là une claire leçon pour les gens doués d’intelligence.

 

L’empereur Frederik pacifiquement victorieux s’embarqua à Acre pour retourner dans son pays au mois de Joumadah Thani de cette même année tandis que l’armée musulmane humiliée d’al-Malik al-Kamil rentra en Egypte et Gloire à Allah qui élève et humilie qui Il veut d’autant plus qu’à cette époque une terrible menace pesait sur les Musulmans et il est évident qu’un tel homme et qu’une telle armée n’aurait jamais pu y faire face.    

 

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