CROISADES

De l’irruption des Tatars dans le Turkestan et la Transoxiane et ce qu’ils y firent

 

Cette année, les Tatars apparurent dans les terres d’Islam. Ils étaient une variété de nombreux Turcs qui habitaient dans les montagnes de Tamghaj en direction de la Chine et qui sont séparées des terres islamiques d’une distance de plus de six mois de voyage.

Leur apparition survint quand leur chef nommé Shinjiz (Shinjiz) Khan et plus connu sous le nom de Timoujin quitta ses terres et se rendit dans les régions du Turkestan. Il envoya un groupe de marchands et de Turcs accompagnés d’une importante quantité de lingots, de peaux de castors et d’autres choses dans les villes de Transoxiane, Samarcande et Boukhara pour lui acheter des textiles pour faire des vêtements. Ils arrivèrent dans une ville dans les terres des Turcs appelés Outrar, à la frontière du royaume de Khwarizm Shah, qui avait un gouverneur. Lorsque ce groupe de Tatars vint le trouver, il envoya un messager à Khwarizm Shah pour l’informer de leur arrivée et des biens qu’ils avaient avec eux. Khwarizm Shah lui envoya un messager en retour qui lui ordonna de les tuer, de saisir leurs biens et de les lui transmettre, ce qu’il fit et lui envoya ce qu’ils avaient, ce qui était une somme considérable, et les distribua parmi les marchands de Boukhara et Samarcande après avoir obtenu le prix qu’il fixa.

Quand Khwarizm Shah conquit la Transoxiane du Qarakhitay, il ferma les routes du Turkestan et des terres au-delà. Un autre groupe de Tatars avait déjà vu le jour alors que le pays appartenait à la tribu de Qarakhitay. Quand Khwarizm Shah conquit les terres en Transoxiane du Qarakhitay et les tua, ces Tatars prirent le contrôle du Turkestan, Kashgar, Balasaghoun et ailleurs, ou ils entreprirent de faire la guerre aux troupes de Khwarizm Shah. C’est pour cette raison qu’il retint les marchandises, les textiles et autres choses qui en provenaient.

Cependant, il y a un autre rapport sur la raison de leur irruption dans les terres d’Islam qui ne doit pas être mentionné entre les couvertures de livres.

Ce qui arriva est arrivé, quelque chose que je ne mentionnerai pas.

Pense le meilleur et ne pose pas de questions sur les faits.

 

Lorsque le gouverneur de Khwarizm Shah tua les partisans de Shinjiz Khan (Gengis Khan), il envoya des espions chez ce dernier pour voir quelle sorte d’homme il était, combien de Turcs il avait avec lui et quelles étaient ses intentions. Les espions partirent, traversèrent le désert et les montagnes pour aller le trouver et ne revinrent qu’après un long moment pour lui dire que leur nombre était si grand qu’il était impossible de les dénombrer, qu’ils étaient les plus fermes des créatures d’Allah dans la bataille, qu’ils ne connaissaient pas la fuite et qu’ils fabriquaient les armes dont ils avaient besoin de leurs propres mains.

 

Khwarizm Shah regretta alors d’avoir tué leurs hommes et prit leurs biens puis devint de plus en plus préoccupé si bien qu’il convoqua Shihab ad-Din al-Khiwaqi, qui était un juriste, un homme de science tenu en haute estime et dont les conseils n’étaient jamais contredits. Il se présenta devant le sultan qui dit : « Une affaire grave s’est produite. Il est indispensable de réfléchir et d’avoir ton conseil sur ce que nous devrions faire. Le fait est qu’un innombrable ennemi a pris des mesures contre nous de la région des Turcs ». Shihab ad-Din répondit : « Vos armées sont nombreuses. Nous devrions écrire aux provinces et rassembler les troupes. Soit lancer un appel général aux armes car il est du devoir de tous les Musulmans de t’aider avec de l’argent et leurs personnes ou alors de nous laisser aller avec toutes les troupes sur les rives du Syr-Daria (un grand fleuve qui sépare les terres des Turcs des terres d’Islam). Nous serons là et quand l’ennemi arrivera, après avoir parcouru une longue distance, nous les rencontrerons reposé tandis que lui et ses troupes seront fatigués et épuisés. »

 

Khwarizm Shah rassembla ses émirs et ses conseillers à la cour pour les consulter. Ils ne furent pas d’accord avec son plan et dirent : « Le meilleur plan est de leur permettre de franchir le Syr-Daria et de laisser voyager à travers les montagnes et les cols étroits que nous connaissons mais qu’ils ignorent. Ensuite, nous les écraserons et les détruiront et aucun d’entre-deux n’échappera.

Tandis qu’ils étaient ainsi occupés, un émissaire de ce maudit Shinjiz Khan arriva accompagné de plusieurs autres et menaça Khwarizm Shah en lui disant : « Tu as tué mes hommes, mes marchands et prit mes biens. Prépare toi donc à la guerre car j’arrive contre toi avec une armée innombrable.

Entre temps Shinjiz Khan était allé au Turkestan et prit Kashgar, Balassaghoun et toutes les terres après avoir éliminé les Tatars locaux inconnus et effacé leur trace comme s’ils n’avaient jamais existé après qu’ils aient été massacré comme les Qarakhitay avant d’envoyer le messager sus cité à Khwarizm Shah qui, quand il l’entendit, ordonna l’exécution de son envoyé qui fut dûment exécuté et l’ordre de raser les barbes des gens qui étaient avec lui. Puis, ils furent ensuite renvoyés à leur maître, Shinjiz Khan pour l’informer de ce qui était arrivé à son envoyé et lui dire : « Khwarizm Shah te dit : « J’arrive à ta rencontre quand bien même tu aurais été aux confins de la terre pour de punir de la même façon que j’ai traité tes suivants. »

 

Khwarizm Shah se prépara et se mit en marche après le départ des envoyés pour parvenir avant l’arrivée des nouvelles de sa venue et pour les prendre par surprise. Il força la marche et couvrit la distance de quatre mois de voyage. Lorsqu’il arriva dans leur camp, il ne vit que des femmes, des enfants et des bagages sur qui il tomba, prit comme butin et asservi les femmes et leur progéniture.

Les mécréants étaient absents parce qu’ils étaient allés faire la guerre à un prince des Turcs nommé Koushloug Khan. Après l’avoir combattu, vaincu et saisit tous ses biens comme butin, ils revinrent pour être informé sur leur route de retour des nouvelles de ce que Khwarizm Shah avait fait à ceux qu’ils avaient laissés derrière. Ils se pressèrent à toute vitesse et arrivèrent avant que ce dernier ait quitté leurs tentes. Ils formèrent leurs lignes de bataille et se livrèrent une bataille sans précédent qui dura trois jours et nuits ou le nombre des morts des deux côtés fut au-delà de tout compte. Personne ne s’enfuit. Les Musulmans tiennent bon par ferveur pour la religion et parce qu’ils savaient que s’ils s’enfuyaient, ils ne pourraient pas survivre et qu’ils seraient pris parce qu’ils étaient loin de leurs terres. Les mécréants en revanche résistèrent pour sauver leurs familles et leurs biens. La situation devint critique. Certains descendirent même de leurs chevaux et combattirent leurs adversaires à pied et échangèrent des coups de poignards. Le sang se répandit tellement sur le sol que les chevaux commencèrent à glisser et les deux côtés épuisèrent leurs endurances et leurs forces. Cet engagement eut lieu avec le fils de Shinjiz Khan, son père n’était pas présent dans la bataille puisqu’il l’ignorait. Les Musulmans tués lors de cette bataille furent dénombrés à environ vingt mille mais les mécréants tombés ne furent pas comptés.

Lorsque la quatrième nuit tomba, ils se séparèrent et campèrent l’un en face de l’autre. Quand l’obscurité tomba, les mécréants allumèrent leurs feux de camp qu’ils laissèrent bruler et quittèrent le champ de bataille tandis que les Musulmans firent de même du fait que le combat avait épuisé chaque côté.

Les mécréants retournèrent chez leur chef Shinjiz Khan et les Musulmans se retirèrent à Boukhara où Khwarizm Shah se prépara pour un siège parce qu’il réalisa sa faiblesse, incapable qu’il avait été de remporter une victoire sur une partie de l’armée de Shinjiz Khan. Comment aurait-il été s’ils étaient venus avec tous leurs chefs ? Il ordonna aux habitants de Boukhara et de Samarcande de se préparer pour un siège et de collecter toutes les provisions nécessaires pour se préparer à résister. Il plaça à Boukhara 20.000 cavaliers de son armée pour la défendre et 50.000 à Samarcande et leur dit : « Tenez la ville pour me permettre de revenir au Khwarezm et au Khorasan et pour rassembler des troupes, appeler les Musulmans à l’aide et revenir vers vous. Quand il eut fini, il se mit en route pour le Khorasan, traversa l’Oxus, s’arrêta dans les environs de Balkh et établit son camp.

 

Quant aux mécréants, lorsqu’ils eurent achevés leurs préparatifs, ils partirent pour la Transoxiane et arrivèrent à Boukhara, cinq mois après l’arrivée de Khwarizm Shah. Ils investirent la ville qu’ils assaillirent pendant trois jours avec d’intenses combats continus. L’armée du Khwarezm qui n’était pas assez forte pour y faire face, abandonna la ville et retourna au Khorasan. Lorsque les citoyens se réveillèrent et constatèrent la disparition de l’armée, leur moral s’effondra. Ils envoyèrent alors le Qadi Badr ad-Din Qadi Khan pour demander des conditions pour les habitants que les Tatars accordèrent.

Un détachement de l’armée qui avait pas pu s’enfuir avec leurs camarades et était resté en arrière, se fortifièrent dans la citadelle. Lorsque Shinjiz Khan accepta les conditions, les portes de la ville furent ouvertes le mardi 4 du mois de Dzoul Hijjah de l’année 616 de l’Hégire (1220). Les mécréants entrèrent à Boukhara et ne firent de mal à personne. Cependant, ils dirent aux gens : « Ramenez-nous tout ce que vous avez qui appartient au sultan, les trésors et d’autres choses et aidez-nous à combattre ceux dans la citadelle. Ils feignirent la justice et la bonne conduite à leur égard puis, Shinjiz Khan entra alors en personne dans la ville et encercla la citadelle en proclamant que personne ne devait rester en arrière sous peine d’être tous tué. Tous les habitants se présentèrent et furent invités à combler les douves qu’ils remplirent de bois, de terre et d’autres choses. Les mécréants prirent même le Minbar et les étagères des Qur’an qu’ils jetèrent dans le fossé. En vérité, nous appartenons à Allah et à Lui nous retournons. En vérité, un des Noms Allah Exalté Dieu est Le Patient sans quoi la terre les aurait engloutis pour avoir fait une telle chose.

 

Ils maintinrent leurs assauts sur la citadelle où se trouvaient environ quatre cents guerriers musulmans qui firent de leur mieux et défendirent la citadelle pendant douze jours, luttant tant contre l’armée des mécréants que les habitants de la ville. Certains d’entre eux furent tués mais ils poursuivirent leur résistance jusqu’à ce que les Tatars, après un assaut, atteignent les murs de la citadelle que les sapeurs minèrent. Le combat devint alors intense. Les Musulmans dans celle-ci tirèrent tout ce qu’ils purent trouver, des pierres, des substances incendiaires et des flèches. Le maudits se mit en colère et retira ses hommes pour ce jour-là mais, il reprit l’assaut tôt le lendemain et lutta de toutes ses forces. Les défenseurs de la citadelle se fatiguèrent et s’épuisèrent, surmontées par des forces écrasantes. Les mécréants les vainquirent alors et entrèrent dans la citadelle où les défenseurs combattirent et furent tués jusqu’au dernier homme.

Lorsqu’il eut pris la citadelle, Shinjiz Khan ordonna de lui fournir la liste des notables et des chefs de la ville et quand elle lui fut remis, il les fit tous demander et leur dit : « Je veux que vous me rameniez les lingots que Khwarizm Shah vous a vendu et que vous avez car ils sont à moi et ont été pris à mes hommes. »

Tout ce qui était en leur possession fut amené devant lui et il leur demanda de quitter la ville qu’ils quittèrent, dépossédés de leurs biens excepté les vêtements qu’ils portaient. Les mécréants entrèrent alors dans la ville qu’ils pillèrent après avoir tué tous ceux qu’ils y trouvèrent. Ceux des Musulmans qui ne le furent pas, il ordonna à ses hommes de se les partager entre eux, ce qui fut fait.

Ce fut un jour terrible vu la quantité de pleurs des hommes, des femmes et des enfants qui furent dispersés aux quatre vents et complètement séparés. Ils divisèrent aussi les femmes entre elles. Boukhara devint vide de toute vie, effondrée sur ses fondations, comme si nul n’y avait jamais existé. Ils commirent des actes horribles avec les femmes alors que les gens regardaient et pleuraient, incapables de se défendre de tout ce qui leur arrivait. Certains refusèrent cela et choisirent plutôt la mort et combattirent jusqu’à ce qu’ils soient tués. Parmi ceux-là, ceux qui choisirent de se faire tuer plutôt que de voir ce qui arrivait aux Musulmans fut le juriste et Imam, Roukn ad-Din Imamzade et son fils qui, lorsqu’ils virent ce qui était fait aux femmes, ils se battirent jusqu’à ce qu’ils furent tués. Le Qadi Sadr ad-Din Khan agit de la même façon. Ceux qui abandonnèrent, leur volonté anéantie, furent pris prisonniers puis les mécréants mirent le feu à la ville, aux Madrassah et aux mosquées. Ils torturèrent aussi les habitants de diverses façons pour qu’ils avouent ou ils avaient cachés leur argent.

 

Alors les Tatars partirent en direction de Samarcande après avoir constaté que Khwarizm Shah n’avait toujours pas quitté sa position entre Tirmid et Balkh, impuissant contre eux. Ils emportèrent avec eux les survivants de la population de Boukhara prisonniers qu’ils trainèrent de la plus misérable façon. Tous ceux qui s’épuisaient et étaient incapable de marcher furent tués. Lorsqu’ils approchèrent de Samarcande, ils envoyèrent la cavalerie en avant suivie par les prisonniers et les bagages derrière eux qui arrivèrent lentement pour terrifier encore plus le cœur des Musulmans. Quand les gens de la ville virent leur dense masse, ils furent horrifiés.

Le lendemain, l’infanterie, les bagages et les prisonniers arrivèrent. Les Tatars avaient donné à chaque groupe de dix d’entre eux (les prisonniers) une bannière afin que les habitants de la ville pensent qui faisaient partie des troupes. La ville où se trouvaient les 50.000 soldats de l’armée de Khwarezm et aussi bien que les gens ordinaires devinrent soucieux face à cette innombrable multitude qui les encerclèrent totalement. Certains habitants courageux, des hommes à la volonté inébranlable sortirent à pied sans qu’un seul soldat ne les accompagne à cause de la peur de ces maudits qui avait transi leurs cœurs. Les hommes à pied engagèrent l’ennemi hors de la ville et les Tatars se retirèrent devant les citoyens qui confiants les poursuivirent. Les mécréants avaient placé une embuscade pour eux et quand ils dépassèrent celle-ci, ils sortirent de leur cachette et les coupèrent de la ville. Ceux qui avaient initialement engagés le combat tentèrent de se retirer et les bénévoles locaux qui se trouvaient dans leur centre, furent abattus de chaque côté par les épées et pas l’un d’entre eux ne survécut. Ils furent massacrés en martyrs (qu’Allah leur fasse miséricorde) jusqu’au dernier homme et selon les rapports, ils étaient 70.000.

Lorsque les troupes restantes et les habitants virent cela, leur moral s’effondra et ils furent certains qu’ils étaient condamnés. Les soldats, des Turcs, dirent : « Nous sommes de leur race. Ils ne vont pas nous tuer », alors ils demandèrent des conditions qui leurs furent accordées. Les portes de la ville furent ensuite ouvertes et les habitants furent incapables de les arrêter puis, ils se rendirent chez les mécréants avec leurs familles et leurs biens. Ces derniers leur dirent : « Remettez-nous vos armes, vos biens et vos montures car nous allons vous envoyer dans un endroit où vous serez en sécurité. » Ils obéirent et après avoir pris leurs armes et leurs biens, les mécréants se jetèrent sur eux, les passèrent par l’épée, les tuèrent jusqu’au dernier homme et saisirent leurs biens, montures et femmes.

(Nous remarquons que les mécréants, peu importe leur pays ou leur race, ont tous en commun les mêmes caractéristiques, la cruauté, le non-respect de la parole, des serments, des pactes et des traités.)

Le quatrième jour, il y eut une proclamation dans la ville que toute la population devait partir et que quiconque resterait en arrière serait tué. Tous les hommes, les femmes et les enfants sortirent et les habitants de Samarcande furent traités comme les habitants de Boukhara. Ils furent dépouillés de leurs biens, tués, asservis et outragés puis, les Tatars entrèrent dans la ville et pillèrent ce qu’elle contenait. Ils mirent le feu à la mosquée mais laissèrent le reste de la ville telle qu’elle était. Ils violèrent les jeunes filles et torturèrent les personnes avec des variétés de torture à la recherche d’argent. Ceux qui étaient inaptes à être réduits en esclavage furent tués et ces évènements eurent lieu au mois de Mouharram de l’année 617 de l’Hégire (1220).

 

Khwarizm Shah était encore dans son camp. Chaque fois qu’un corps de troupes venait le rejoindre, il l’envoyait à Samarcande et ne pouvant y parvenir, ils ne revenaient pas. Nous cherchons refuge en Allah d’être ainsi abandonné par Lui. Lors d’une occasion, il envoya 10 000 cavaliers qui retournèrent abattus sans avoir engagé une seule bataille puis 20 000 autres mais ils revinrent également de la même façon.

 

 

 

[1] Excepté les mécréants qui se réjouirent du malheur des Musulmans.

 

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