CROISADES

Du conflit entre l’émir de La Mecque et l’émir de Médine

 

Cette année, il y eut aussi un conflit entre l’émir de La Mecque Qatada al-Hassan et l’émir de Médine Salim Ibn Qassim al-Houssayn. Chacun d’eux avait une large suite et ils se livrèrent un féroce combat près de Dzoul Houlayah près de Médine après que Qatada eut attaqué Médine, l’assiégea et la conquit.

Salim le rencontra après qu’il eut visité la chambre du Prophète (Saluts et Bénédiction d’Allah sur lui), prié et fait ses prières. Il lui fit alors face et Qatada fut défait. Salim le poursuivit à La Mecque et l’assiégea mais Qatada acheta les émirs de Salim et les subordonna. Ils s’inclinèrent vers lui et lui prêtèrent serment. Quand Salim vit cela il partit et     retourna à Médine et la position de Qatada se renforca.

 

 

Cette année, une femme à Baghdad donna naissance à un enfant avec deux têtes, quatre jambes et deux bras. Il décéda le même jour.

 

De même, il eut un incendie qui se déclara dans une réserve d’armement appartenant au calife qui détruisit pratiquement tout et l’incendie dura deux jours. L’histoire de ce feu se propagea à travers les terres et les différents souverains fournirent une grande quantité d’armes à Baghdad.

 

À Herat, la neige tomba pendant une semaine entière et lorsqu’elle s’arrêta, elle fut suivie par une crue soudaine de la montagne qui traversa la Porte du Palais, détruisit une grande partie de la ville et jeta à bas une grande partie de la citadelle. De fortes pluies s’ensuivirent qui ruinèrent les fruits si bien qu’il y en eut très peu cette année.

 

Au cours de cette année, deux aveugles attaquèrent un autre aveugle à Baghdad et le tuèrent dans une mosquée pour lui voler quelque chose pour constater qu’il n’avait rien à prendre. Lorsque le matin arriva, ils s’enfuirent de peur avec l’intention d’aller à Mossoul. L’homme fut découvert mort et nul ne sut qui l’avait tué. C’est par prédestination qu’un des hommes du préfet sortit donc du Haram (palais) suite à un différend qui avait eu lieu. Il vit les deux hommes aveugles et dit à ceux qui l’accompagnaient en plaisantant : « Ce sont eux qui ont tué l’aveugle ». Alors l’un des aveugles répondit : « Par Allah, c’est lui qui l’a tué (en voulant dire son compagnon) » et l’autre dit : « Non, c’est toi qui l’a tué ». Ils furent donc tous les deux emmenés au responsable de la Porte (Sahib al-Bab ou le chef de la police) et ils avouèrent. L’un d’entre eux fut tué et l’autre fut crucifié à l’entrée de la mosquée où ils avaient tué l’homme.

 

 

Récit d’un désordre civil à Herat

 

Au mois de Mouharram de l’année 602 de l’Hégire (1205), les habitants se soulevèrent à Herat et un trouble majeur se produisit entre les habitants de deux marchés, celui des forgerons et celui des chaudronniers. Plusieurs personnes furent tuées, les propriétés furent saccagées et les maisons détruites. L’émir de la ville sortit pour les empêcher mais la foule le frappa avec une pierre qui lui donna de graves douleurs. Les agitateurs se rassemblèrent contre lui et il fut emmené dans le palais de Firouzi où il garda un profil bas pendant quelques jours jusqu’à ce que les troubles se soient calmés puis il réapparut.

 

Du raid du fils de Léon sur les districts d’Alep

 

Durant cette année, le fils de Léon, le seigneur des Passes, entreprit une série de raids sur la région d’Alep qu’il pilla, incendia et prit des prisonniers et des esclaves.

Le souverain d’Alep, az-Zahir Ghazi, le fils de Salah ad-Din, rassembla ses troupes et demanda de l’aide aux autres princes. Il rassembla de nombreux cavaliers et fantassins, quitta Alep et partit à la rencontre du fils de Léon qui avait campé sur les frontières de ses terres à côté du territoire d’Alep. Cependant ses propres terres étaient inaccessibles à cause du manque de routes sauf celles qui passent à travers les montagnes par des cols ardus et difficiles. Personne ne pouvait y entrer et en particulier depuis la direction d’Alep car la route à partir de là était totalement impossible.

Az-Zahir campa à une trentaine de kilomètres d’Alep et stationna une partie de son armée comme une avant-garde avec un émir aîné, l’un des Mamalik de son père nommé Maymoun al-Qasri, nommé d’après le palais (Qasr) des califes ‘oubaydi du Caire, auprès de qui son père avait été en service. Az-Zahir envoya des provisions et des armes dans une des forteresses appelée Darbsak proche des terres de son voisin le fils de Leon. Il donna également les ordres à Maymoun d’envoyer un détachement de troupes qu’il avait avec lui vers les routes ou ces provisions étaient acheminées pour Darbsak, ce qu’il fit en envoyant un grand corps de sa force tandis qu’il resta seulement avec quelques soldats.

Lorsque le fils de Léon fut informé, il se hâta vers lui alors que sa force était réduite. Une bataille acharnée s’ensuivit et Maymoun envoya un messager pour informer az-Zahir mais ce dernier était loin. La bataille dura longtemps et Maymoun se défendit lui-même ainsi que ses bagages malgré le petit nombre de Musulmans et le grand nombre d’Arméniens. Les Musulmans cédèrent et subirent des pertes. Certains d’entre eux furent tués et d’autres prit mais ils infligèrent aussi de nombreuses pertes aux Arméniens.

Les Arméniens saisirent et pillèrent la caravane de bagages des Musulmans et partirent avec elle. Cependant, les Musulmans qui avait protégés l’acheminement des réserves à Darbsak revinrent et tombèrent sur eux avant qu’ils ne réalisent ce qui leur arrivait et les passèrent par le sabre. Le combat devint très féroce et les Musulmans cédèrent de nouveau. Les Arméniens retournèrent alors sur leurs terres avec leur butin derrière la protection de leurs montagnes et de leurs forteresses.

 

Comment les Géorgiens pillèrent l’Arménie

 

Cette année, les Géorgiens, après avoir rassemblés leurs armées au complet, envahirent la région de Khilat en Arménie qu’ils pillèrent, tuèrent, réduisirent en esclavage de nombreux habitants et parcoururent tout le pays sans être inquiétés. Personne ne sortit de Khilat pour les arrêter, ils furent laissés libres de poursuivre leur pillage et saisir des captives alors que le pays était dépourvu de tout défenseur depuis que son souverain était un garçon et que le régent n’était pas suffisamment obéit par les soldats.

Lorsque la souffrance du peuple augmenta encore plus, ils protestèrent et s’encouragèrent mutuellement à agir. Les troupes musulmanes de cette région se réunirent toutes et furent rejoints par de nombreux bénévoles avant de partir terrifiés à la rencontre des Géorgiens. Un certain soufi pieux vit dans un rêve le défunt Sheikh Muhammad al-Bousti, un des justes, et le soufi lui dit : « Est-ce toi que je vois ici ? » « Je suis venu », répondit-il, « pour aider les musulmans contre leur ennemi. » Il se réveilla, fou de joie de la position d‘al-Bousti pour l’Islam et vint trouver le chef de l’armée et lui raconta son rêve. Ravit, le commandant fut déterminé à attaquer les Géorgiens, marcha sur eux avec les troupes et prit position.

Les Géorgiens furent informés de leur arrivée et se préparèrent à surprendre les Musulmans. Ils se déplacèrent de leur position dans la vallée vers les hauteurs où ils s’arrêtèrent pour être en mesure de surprendre les Musulmans à la tombée de la nuit. Les Musulmans informés de leur mouvement se déplacèrent vers les Géorgiens et tinrent l’entrée de la vallée et sa partie inférieure contre eux. C’était une vallée qui n’avait que ces deux routes. Quand les Géorgiens virent cela, ils furent convaincus qu’ils étaient perdus et leur volonté se brisa. Les Musulmans, plein de confiance, les engagèrent de près et tuèrent un grand nombre d’entre eux et prirent aussi beaucoup de prisonniers. Seuls quelques-uns Géorgiens s’échappèrent et Allah Exalté sauva les Musulmans de leur mal après avoir été sur le point d’être détruits.

 

 

Cette année, un agneau fut apporté d’Ouzbékistan avec un visage d’être humain et un corps d’agneau, ce fut vraiment une merveille.

 

 

Compte rendu de la capture de Kars par les Géorgiens et la mort de la reine géorgienne

 

En l’an 603 de l’Hégire (1206), les Géorgiens capturèrent la forteresse de Kars, l’une des dépendances de Khilat, qu’ils avaient assiégé pendant un long moment, pressé dur sur les habitants et recueillit les revenus de cette région pendant plusieurs années.

Nul de ceux qui avaient régné sur Khilat ne fournirent de défenseurs, d’aide ou firent un quelconque effort pour se soulager d’eux. Son gouverneur envoya un flux de messagers demandé de l’aide pour chasser les Géorgiens assiégeants mais ses demandes restèrent sans réponse.

Lorsque cette situation dura longtemps et qu’il ne vit aucune aide venir, il soumit des conditions aux Géorgiens pour la reddition de la forteresse en échange d’une grosse somme d’argent et d’un fief qu’il recevrait d’eux. Ainsi, il devint une maison de polythéisme après avoir été une maison d’unicité. En vérité, nous sommes à Allah et à Lui nous revenons. Nous prions Allah Exalté d’accorder Son aide à l’Islam et ses adeptes car les princes de notre époque sont occupés par leurs plaisirs, leurs passe-temps, leurs tyrannies jusqu’à l’abandon de la garde des frontières et de l’entretien des terres.

 

En fin de compte, Allah Tout Puissant vit combien peu étaient ceux qui aidaient l’Islam et Il se montra Lui-même Son ami (de l’Islam) en provoquant la mort de la reine des Géorgiens qui les fit tomber dans des conflits internes. Allah Exalté se chargea d’eux jusqu’à la fin de l’année.

 

 

Cette année, à Baghdad, un jeune homme tua un autre jeune homme. Ils avaient été des amis proches et tous deux étaient âgés d’environ vingt ans. L’un dit à l’autre en plaisantant : « Maintenant, je vais te frapper avec ce poignard. » Il se précipita vers lui avec le poignard mais il lui perça le ventre et il mourut. Le coupable s’enfuit mais il fut rattrapé et ordonné qu’il soit tué. Quand ils furent sur le point de le mettre à mort, il demanda un plumier et un peu de papier et écrivit ce qui suit :

« Je m’approche du Généreux sans bonnes œuvres mais avec un cœur pur.

C’est une mauvaise idée de préparer des provisions lorsque ton voyage est vers Le Généreux. »

 

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