CROISADES

Comment Constantinople fut prise aux Byzantins

 

Au mois de Sha’ban de l’année 600 de l’Hégire (1203), les croisés prirent Constantinople aux Byzantins et la destituèrent à la souveraineté de Byzance et cela arriva comme suit.

L’empereur avait épousé la sœur du roi des Français, l’un des plus grands rois des croisés, qui     donna naissance à un enfant mâle de lui. Un de ses frères lui usurpa le pouvoir, l’arrêta et lui prit la ville puis il l’aveugla et le mit en prison mais son fils s’enfuit et alla chez son oncle maternel à qui il demanda de l’aide contre le frère de son père. Cela eut lieu alors que de nombreux croisés s’étaient rassemblés pour partir en Syrie et reprendre Jérusalem aux Musulmans. Ils prirent le fils de l’empereur avec eux et se dirigèrent vers Constantinople avec l’intention de réparer les relations entre lui et son oncle paternel tandis que lui-même n’avait aucune ambition à ce propos.

Quand ils     arrivèrent, son oncle sortit avec les armées de Byzance pour les combattre et ils s’affrontèrent dans la bataille au mois de Rajab de l’année 599 de l’Hégire puis les Grecs furent vaincus et lorsqu’ils retournèrent dans la ville, les croisés firent de même tandis que l’empereur usurpateur s’enfuit vers les limites de son territoire.

 

Il a aussi été dit que l’empereur n’engagea pas les croisés hors de la ville mais qu’il avait été assiégé de l’intérieur.

 

A Constantinople, il y avait des Grecs qui étaient en faveur de l’enfant et qui mirent donc le feu à la ville. La population fut alors distraite et ouvrit une des portes de la ville par laquelle les croisés entrèrent. L’empereur s’enfuit et les croisés intronisèrent ce garçon avec le rang impérial mais il n’avait aucune autorité. Ils sortirent son père de prison bien que les croisés étaient les seuls à exercer le pouvoir dans la ville puis ils pressèrent lourdement les habitants et leur demandèrent des sommes d’argent qu’ils furent incapable de produire. Ils saisirent alors les richesses des églises, l’or et l’argent et tous ce qu’elles contenaient y compris ce qui était sur les croix, les images du Messie (paix sur lui) et de ses disciples ainsi que toutes les riches reliures des copies de leur livre sacré !

Les Grecs furent outragés par leur comportement odieux et supportèrent de grandes angoisses de ces faits. Ils cherchèrent alors l’empereur-enfant, le tuèrent, expulsèrent les croisés de la ville et verrouillèrent les portes au mois de Joumadah Awwal de l’année 600 de l’Hégire (1204).

Les croisés restèrent à l’extérieur de la ville où ils assiégèrent continuellement les Grecs et les engagèrent nuit et jour. Les Grecs devinrent très faibles et envoyèrent un messager au sultan Roukn ad-Din Souleyman Ibn Kilij Arsalan, seigneur de Konya et d’autres terres, pour lui demander son aide, mais il ne trouva aucun moyen d’y répondre.

 

Un grand nombre de croisés, approximativement 30 000 d’entre eux résidaient dans la ville et en raison de la grande taille de la ville, leur présence n’était pas visible. Ils conspirèrent donc avec les croisés hors de la ville et déclenchèrent un incendie pour la seconde fois si bien qu’un quart de la ville fut la proie des flammes alors, ils ouvrirent les portes pour permettre à leurs camarades d’entrer et pendant trois jours, ils passèrent par l’épée les Grecs, les massacrèrent et les pillèrent. Pratiquement tous les Grecs furent retrouvés soit morts ou laissés pauvres sans aucune possession. Un certain nombre de grands byzantins entrèrent dans la grande église connue sous le nom de Sophie (Sainte-Sophie). Les croisés l’encerclèrent alors et plusieurs prêtres, des évêques et des moines en sortirent portant leurs Evangiles et la croix comme un moyen de faire appel à la foi des croisés pour les épargner mais ils ne portèrent aucune attention, les massacrèrent et saccagèrent l’église.

 

Il y avait trois princes dans la ville : le doge de Venise qui était le maître des navires y compris ceux de guerre qui avaient navigué à Constantinople et qui était un vieil homme aveugle, dont le cheval était guidé quand il montait, le second appelé le marquis était un commandant français et le troisième, le comte de Flandre qui avait le plus grand nombre de suivants. Quand ils prirent possession de Constantinople, ils tirèrent au sort pour choisir un souverain et le sort tomba sur le comte de Flandre. Ils tirèrent au sort une seconde et une troisième fois mais il gagna à chaque fois et ils le choisirent alors pour roi. Allah Exalté donne la royauté à qui Il veut et la retire à qui Il veut.

Quand il remporta, il fut nommé gouverneur de la ville et des terres voisines. Le doge de Venise recevrait les grandes îles comme la Crète, Rhodes et les autres, tandis que le marquis de France recevrait les terres à l’est du détroit (du Bosphore) comme Nicée et Laodicée. Cependant aucun d’entre eux n’acquit quoi que ce soit excepté la personne qui reçut Constantinople car aucun des Grecs ne survécut dans le reste du territoire du fait que ces terres avaient déjà leurs souverains. Les territoires à l’est du détroit qui étaient au voisinage du territoire de Roukn ad-Din Souleyman Ibn Kilij Arsalan, dont Nicée et Laodicée, étaient sous le contrôle d’un grand patricien byzantin nommé Laskaris et le sont encore à ce jour.

 

De l’incursion des croisés en territoire islamique de Syrie et la paix avec eux

 

Cette année, de nombreux croisés arrivèrent en Syrie par voie maritime et cela était devenu aisé pour eux depuis leur conquête de Constantinople. Ils s’ancrèrent à Acre dans l’espoir d’attaquer Jérusalem (qu’Allah la protège) et la prendre des Musulmans.

Après s’être reposer à Acre, ils marchèrent sur le territoire islamique dans la région du Jourdain qu’ils pillèrent après avoir tués un grand nombre de Musulmans et prit des captives.

 

Al-‘Adil qui était à Damas envoya des messagers pour rassembler ses troupes de Syrie et d’Egypte puis sortit de la ville et se dirigea vers Tour à proximité d’Acre pour empêcher les croisés d’envahir le territoire musulman.

Les croisés, qu’Allah les maudisse, campèrent dans la plaine d’Acre et attaquèrent Kafr Kanna ou ils saisirent tous les habitants et leurs biens. Les émirs pressèrent al-‘Adil d’envahir et de ravager leurs terres mais il s’en abstint et resta sans bouger jusqu’à la fin de l’année et que l’année 601 de l’Hégire (1205) entra. Al-’Adil fit alors la paix avec les croisés pour Damas et ses dépendances et pour ce qu’il tenait en Syrie. Il leur céda tous les revenus partagés de Sidon, Ramlah et autres lieux, leur donna Nazareth et ailleurs puis repartit vers l’Egypte.

Les croisés attaquèrent alors Hama dont le souverain était Nassir ad-Din Muhammad Ibn Taqi ad-Din ‘Omar Ibn Shahinshah Ibn Ayyoub qui les rencontra et les engagea. Il menait une petite force et fut donc battu et les croisés le poursuivirent vers la ville. Les habitants sortirent alors pour les affronter et tuèrent plusieurs d’entre eux avant de se retirer.

 

 

Cette année, une flotte croisée attaqua l’Egypte et saccagea la ville de Fouwah. Ils restèrent cinq jours durant lesquels ils prirent des captives et pillèrent tandis que les forces égyptiennes les confrontèrent sur le Nil mais ils n’eurent cependant aucun moyen de les atteindre parce qu’ils n’avaient pas de navires.

 

De même, il y eut cette année, un grand tremblement de terre qui toucha la plupart de l’Egypte, la Syrie, al-Jazirah, l’Anatolie, la Sicile, Chypre et qui se propagea jusqu’à Mossoul, l’Irak et ailleurs. Il détruisit les murs de la ville de Tyr et laissa sa marque sur une bonne partie de la Syrie.

 

 

Des émeutes à Baghdad

 

Le 17 du mois de Ramadan de l’année 601 de l’Hégire (1204), il y eut des troubles entre les habitants de Bab al-Azaj et ceux d’al-Ma’mouniyah parce que les gens de Bab al-Azaj avaient tué un lion et voulait parader avec mais les gens d’al-Ma’mouniyah les empêchèrent. Des émeutes éclatèrent entre eux et de nombreuses personnes furent blessées et plusieurs autres tuées. Le responsable, Sahib al-Bab sortit pour calmer l’émeute mais son cheval fut blessé et il se retira.

Le lendemain, les habitants d’al-Ma’mouniyah marchèrent contre ceux de Bab al-Azaj et de graves émeutes s’ensuivirent entre eux et ils luttèrent utilisant des épées et des arcs et des flèches. La situation s’aggrava et les maisons voisines furent pillées. Roukn ad-Din Ibn ‘Abdel-Qadir et Youssouf al-‘Ouqab firent de leur mieux pour calmer les gens. Les Turcs furent mobilisés et maintinrent une garde de nuit au-dessous du Belvédère. Les émeutiers furent alors empêchés de se rassembler et se calmèrent.

 

Le 20 de ce même mois, des émeutes similaires et pour les mêmes raisons eurent lieu entre les habitants de Qoutouftah et d’al-Qaryah sur la rive ouest qui en vinrent aux mains et un certain nombre d’entre eux furent tués. Une force leur fut envoyée du Diwan pour calmer la situation et arrêter les émeutes qui s’arrêtèrent en temps voulu.

 

 

Le 9 du mois de Ramadan, il y eut des émeutes entre les gens du marché du Sultan et d’al-Ja’fariyah. Des hommes furent envoyés du Diwan pour rétablir et calmer l’affaire puis après de nombreuses émeutes, un émir aîné, un des Mamalik du calife, fut nommé pour régler cette affaire et une grande armée lui fut confiée. Il patrouilla alors la ville saisit plusieurs suspects qu’il fit exécuter et le calme régna de nouveau.

 

D’une incursion géorgienne en territoire islamique

 

Au cours de cette année, les Géorgiens envahirent le territoire islamique à travers la province d’Azerbaïdjan ou ils causèrent beaucoup de peine, destruction, pillage, et réduisirent en esclavage un grand nombre de personnes. Ils attaquèrent la région de Khilat en Arménie et pénétrèrent profondément dans les terres aussi loin que Malazgirt. Pas un seul Musulman ne sortit pour s’opposer à eux. Ils reconnurent les terres, pillèrent, prirent des prisonniers et des captives et chaque fois qu’ils avançaient, les forces musulmanes se retiraient jusqu’à leur retrait en Géorgie.

Puisse Allah Tout Puissant considérer l’Islam et son peuple et leur donner quelqu’un pour protéger leurs terres et leurs frontières et faire la guerre à leurs ennemis.

Quand les Géorgiens envahirent Khilat cette année, ils arrivèrent à Arjish et ses régions qu’ils pillèrent, prirent des captives et ruinèrent le pays. Puis ils se rendirent dans le fort des Figues (Hisn at-Tin), un quartier de Khilat proche d’Erzurum. Le seigneur de Khilat rassembla son armée et se dirigea vers le fils de Kilij Arsalan, le seigneur d’Erzurum, pour lui demander son aide contre les Géorgiens. Il envoya toute son armée avec lui et ils partirent à la rencontre des Géorgiens qu’ils affrontèrent lors d’une bataille ou les Géorgiens furent défaits. Zakari as-Saghir (le Petit), un de leurs plus grands commandants fut tué. Il était le commandant de cette armée géorgienne et leur chef dans la bataille. Les Musulmans pillèrent tous leurs biens, des armes, des montures et autres après avoir tué un grand nombre d’entre eux et prit même des prisonniers avant de retourner dans leurs terres.

 

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