CROISADES

Chapitre Quatre

 

 La quatrième croisade

 

En l’an 594 de l’Hégire (1197), à Rome la capitale du catholicisme mondial, Innocent III succéda à la papauté et appela aussitôt à la guerre sainte contre les infidèles (qui pourtant adorent pourtant le Dieu Unique contrairement à lui qui adore la croix) et à la levée d’une quatrième croisade.

Un grand nombre de nobles européens répondirent à son appel comme pour les précédentes croisades et se réunirent lors d’un long colloque pour désigner les objectifs et les pays à attaquer.

Pour la première fois dans l’histoire des guerres saintes chrétiennes, il fut décidé d’attaquer l’Egypte parce que ce pays était le réserve et le bastion des forces militaires musulmanes et l’importance du Caire à cette époque était différente de celle de Baghdad pourtant la capitale de l’état abbasside pour la bonne raison que les dynasties des Zinki et des Ayyoubi fournirent aux Abbassides l’aide militaire et la protection. Si le siège du califat se trouvait donc à Baghdad, le siège des forces militaires musulmanes des Ayyoubi kurdes, soumis aux Abbassides, se trouvaient donc au Caire et l’Egypte était donc le pôle central de la défense musulmane de l’époque.

La seconde raison est que les Ayyoubi se mirent en travers des projets croisés et que leurs objectifs faillirent à cause d’eux prouvant ainsi que les Ayyoubi jouèrent un rôle primordial dans la défense de l’Islam et des terres musulmanes. Nous avons vu comment ils défendirent non seulement les Haramayn (La Mecque et Médine) des complots croisés mais aussi le troisième lieu sacré de l’Islam en Syrie, al-Qouds, qu’ils rendirent à l’Islam après plus de 90 années d’occupation et d’injustices.

Détruire les Ayyoubi, c’était mettre fin à la défense musulmane et détruire l’Egypte, c’était mettre fin au califat abbasside, d’où le choix d’attaquer l’Egypte par les croisés et la seule voie d’accès direct à l’Egypte était par la mer. Napoléon pour sa campagne d’Egypte choisit la même route empruntée par les croisés ainsi que l’invasion anglaise de 1882 (EC) qui débarquèrent à Iskandariyah (Alexandrie) et passer par le désert était impensable pour les croisés vu ce qu’il recélait de dangers.

Dodge de la république de Venise accepta de transporter les croisés sur ses navires. L’Italie de l’époque n’était pas unifiée comme de nos jours mais elle était une suite de principautés indépendantes comme celle de Gênes, de Pise, de Florence, de Venise (al-boundouqiyah ou al-banadiqah), de Rome etc.   

 

Les croisés arrivèrent à Venise au mois de Shawwal de l’année de l’année 598 de l’Hégire (1201) mais ils ne disposaient pas assez de fonds pour payer leur transport qui n’était pas gratuit même si le but était saint. Dodge leur proposa alors en échange pour les transporter d’attaquer le port de Zara en ex-Yougoslavie qui appartenait au roi de Hongrie et de le lui remettre. Ainsi les croisés pourraient s’enrichir tandis que le port stratégique serait rajouté au dominion de la république de Venise.

Au mois de Mouharram de l’année 599 de l’Hégire (1202), les croisés acceptèrent et attaquèrent le port de Zarah appartenant pourtant à d’autres chrétiens mais comme leur guerre était sainte tous les interdits étaient levés pour atteindre leur but, quitte à massacrer leurs propres frères et autoriser tous les crimes.    

Et effectivement comme les autres croisades, ils accomplirent les pires turpitudes envers les populations civiles puisque le port n’était même pas défendu ; la population fut massacrée et la ville détruite. Lorsqu’ils assiégèrent la ville, l’empereur byzantin orthodoxe déchut Alexis le Jeune vint les trouver pour leur demander de l’aider à reprendre le trône de Byzance usurpé par Isaac II qui s’était rebellé contre Alexis II et l’avait chassé.    

Alexis le Jeune leur promit de les aider financièrement et de les équiper militairement pour leur croisade ainsi que de soumettre l’église orthodoxe de Constantinople à l’église catholique de Rome. L’église catholique de Rome ainsi que les croisés se réjouirent de ces perspectives inattendues et des ces concessions inespérées.

 

Les croisés marchèrent alors sur Constantinople ou ils entrèrent au mois de Ramadan de l’année 600 de l’Hégire (1203) et tuèrent aveuglément et sans raison tous ceux qui les approchèrent sans aucune distinction pour les femmes, les enfants et les vieillards. Ce fut un horrible saint massacre gratuit et même la ville et les églises furent saintement ravagées parce que les saints croisés étaient en route pour la guerre sainte, leurs saints péchés étant pardonnés et le paradis assurés par le saint pape, Jésus, paix sur lui, s’étant sacrifié pour laver les saints péchés des saints chrétiens ! Mais alors pourquoi toutes ces prisons et ces jugements, pourquoi toutes ces condamnations, ces sentences à vie et ces peines de morts si Jésus a déjà payé pour les saints criminels ?       

Après ces saintes funestes turpitudes à l’égard des Byzantins leurs saints malheurs n’étaient pas pour autant finis puisque les saints croisés entrèrent en conflit avec Alexis le Jeune parce qu’il ne leur avait pas remis assez d’argent comme il s’était engagé de le faire. Ils lui usurpèrent donc la royauté et nommèrent à sa place l’un des catholiques de leurs armées Baudouin IX (9), le comte de Flandres qui devint empereur des Byzantins et prit le nom de Baudoin I (1) et le restera assez longtemps avant que l’empereur Michael II (2) le Paléologue ne retrouve le pouvoir et chasse Baudouin le catholique après soixante années de pouvoir, en l’an 660 de l’Hégire (1261).

Quant à Alexis le jeune il semble qu’il serait mort lors de bataille d’Adramyttion en l’an 602 de l’Hégire (1205) contre ces mêmes croisés qu’il appela à l’aide pour restaurer son pouvoir et à qui il avait fait confiance.

 

 

Ainsi la quatrième armée ne s’embarqua jamais pour l’Egypte et l’objectif de la quatrième mission ne fut jamais remplit, Louanges à Allah, car quels autres monstrueux crimes ces saints fanatiques auraient-ils accomplis ? Regardant les massacres commis par ces bêtes, Ruciman, un des historiens occidentaux des croisades a rapporté : « Nul crime ne pourrait être considéré comme un crime contre l’humanité comme cette quatrième croisade » quant au 70 000 musulmans massacrés lors de la première croisade et le massacre de la ville d’Acre pas un mot !

 

 

La croisade des enfants

 

Parmi les autres confrontations entre les croisés et les Musulmans, il y eut la croisade des enfants !

Cette malheureuse sainte idée vit le jour en l’an 607 de l’Hégire (1210), quand se réunit un grand nombre de jeunes enfants français et allemands qui décidèrent de conduire leur propre croisade, ce qui est difficilement croyable qu’ils aient pu y penser eux-mêmes et encore plus incroyable que les croisés aient laissés partir des enfants après ce qu’ils subirent eux-mêmes !

L’objectif de cette croisade était l’occupation de Jérusalem et comment des enfants auraient-ils pu réussir là où les adultes faillirent !

 

En fait, et seul Allah Exalté connait la vérité, ces enfants furent conduits par un jeune berger français de douze ans nommé Steven qui leur raconta un gros mensonge (encore un) en leur disant qu’il avait reçu une lettre de ‘Issa Ibn Mariam, paix sur eux, lui ordonnant de sortir pour participer aux croisades, vous savez un peu comme ces évangélistes qui sont en contact spirituel « direct » avec Jésus !

L’église catholique saisit l’occasion en or pour stimuler et patronner l’opération et bientôt 30 000 (pauvres) jeunes de différents pays d’Europe se joignirent pour participer à l’expédition et partirent pour Venise afin de s’embarquer chez « Dodge Transport and Cie » pour la Syrie.

Ce Dodge, qui lui n’était pas un saint et qui avait déjà envoyé au casse-pipe les croisés à Zara était un loup de la pire espèce et lorsque les enfants furent embarqués et les voiles levées, il les emmena directement dans un marché d’esclaves, le marché de Nihassah à Tunis (Ifriqiyah), ou ils furent tous vendus ! Et pour cause, si ces enfants avaient fait dons de leurs vies, personnes donc ne les chercherait plus et les considérants donc comme déjà morts, il valait autant mieux en tirer profit et c’est ce pensa le Dodge qui n’eut ni pitié et ni scrupules pour eux sauf pour son saint porte-monnaie et ainsi prit fin la croisade des enfants.

 

 

La situation des croisés en Palestine

 

Les croisés en Palestine se trouvaient dans leur royaume temporaire d’Acre comme nous l’avons précédemment mentionné puis le roi Henri mourut au mois de Dzoul Qi’dah de l’année 593 de l’Hégire (1196) et les croisés cherchèrent donc un quatrième époux à Isabelle pour qu’il devienne le roi de Jérusalem, Isabelle qui ne se maria pas sans que tous ses maris meurent les uns après les autres.

Le choix fut porté sur Amaury de Lusignan et le mariage eut lieu l’année suivante en l’an 594 de l’Hégire (1197).

Sitôt qu’il prit le pouvoir, il prolongea le traité de paix avec al-Malik al-‘Adil, le frère de Salah ad-Din jusqu’à sa mort au mois de Sha’ban de l’année 601 de l’Hégire (1204) et Isabelle se retrouva une nouvelle fois veuve tandis que Chypre se détacha du royaume d’Acre des croisés.

 

Mary, la fille d’Isabelle et d’Henri de Champagne, âgée de quatorze ans monta sur le trône de Jérusalem sous la tutelle de Jean d’Ibelin, le gouverneur de Beyrouth. Nous voyons donc aussi que le Liban, un pays arabe, avait une grande importance pour les croisés catholiques et l’est toujours pour la France depuis les croisades. Les villes libanaises jouèrent un grand rôle dans ces guerres saintes comme nous l’avons vu avec Tarablous (Tripoli) et Tyr qui était un des bastions des croisés en Syrie. Nous verrons dans l’Abrégé de l’Histoire des Ottomans, le rôle que joua la France au Liban durant le dix-neuvième et vingtième siècle (EC). L’importance donc du Liban pour les Européens est donc liée aux croisades         

 

Lorsque Marie eut atteint l’âge de dix-huit ans, elle se libéra de sa tutelle et les croisés envoyèrent un messager au pape et au roi français Philippe Auguste mais pas aux Anglais ou aux Allemands pour leur demander leur avis que le meilleur prétendant pour la main de Marie.    

Ils se mirent d’accord sur la personne de Jean de Brienne âgé de soixante ans qui bien qu’il n’était pas un homme riche était un fanatique chrétien. Il quitta donc la France pour Acre et le mariage eut lieu au mois de Rabi’ Awwal de l’année 607 de l’Hégire (1210) et il fut intronisé roi de Jérusalem. Après lui avoir donné une fille nomme Yolande, Marie mourut.

 

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