CROISADES

De la mort de Kilij Arsalan

 

Au milieu du mois de Sha’ban de cette année, mourut dans la ville de Konya le prince Kilij Arsalan Ibn Mas’oud Ibn Kilij Arsalan Ibn Souleyman Ibn Qoutloumish Ibn Saljouq de la maison de Saljouq. Les terres qu’il tenait étaient Konya et ses dépendances, Aksaray, Sivas, Malatya et d’autres. Son règne dura environ vingt-neuf ans. Il fut un excellent souverain d’un grand prestige, d’une justice abondante et conduisit un grand nombre d’expéditions militaires dans les terres byzantines. Dans sa vieillesse, il divisa ses terres parmi ses fils qui le considérèrent dès lors faible et ne lui portèrent aucune attention tandis que son fils Qoutb ad-Din restreignit ses mouvements.

 

De la mort de Salah ad-Din et de quelques-unes de ses caractéristiques

 

Au mois de Safar de l’année 589 de l’Hégire (1193), al-Malik an-Nassir Salah ad-Din Youssouf Ibn Ayyoub Ibn Shadi, le seigneur d’Egypte, de Syrie, d’al-Jazirat et d’autres terres décéda à Damas, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde et le couvrir de gloire dans l’au-delà. Il naquit en l’an 532 de l’Hégire (1138) à Tikrit (en Irak) et nous avons mentionné la raison pour laquelle lui et sa famille se rendirent et devinrent les gouverneurs de l’Egypte en l’an 564 de l’Hégire (1169).

Il devint malade après être partit rencontrer les pèlerins et lorsqu’il revint, il fut touché par une maladie fiévreuse qui dura huit jours et il mourut ensuite (qu’Allah lui fasse miséricorde).

Avant sa maladie, il convoqua son fils al-Afdal ‘Ali et son frère al-‘Adil Abou Bakr et les consulta sur ce qu’il devrait faire. Il dit : « Nous avons fini avec les croisés. Il n’y a rien pour nous occuper dans cette terre. Quelle région attaquerons-nous ? » Son frère al-‘Adil suggéra une attaque sur Khilat, parce que Salah ad-Din lui avait promis, s’il l’a prenait qu’il la lui rendrait mais son fils al-Afdal suggéra d’attaquer les terres anatoliennes qui étaient entre les mains des fils de Kilij Arsalan. Il dit : « Ce sont des terres plus étendues avec plus de troupes et de richesse et peuvent être prise très prochainement. De plus, elles sont sur la route des croisés qui viennent par terre. Si nous les prenons, nous leur refuserons le passage par celles-ci. » Il répondit : « Vous êtes insouciants et manquez d’ambition. Non, j’envahirai les terres byzantines. » Il dit alors à son frère : « Prends un de mes fils et une partie de l’armée et attaque Khilat. Quand j’aurai fini avec les terres de byzantines, je viendrai chez vous. Nous entrerons alors en Azerbaïdjan et continuerons jusqu’aux aux terres persanes car il n’y a personne pour nous arrêter. » Il ordonna alors à son frère al-‘Adil de procéder à Karak qui étaient tenu par lui et lui dit : « Fais tes préparations et reviens prêt. » Lorsqu’il partit pour Karak, Salah ad-Din tomba malade et mourut avant son retour (qu’Allah lui fasse miséricorde).

 

Salah ad-Din (qu’Allah lui fasse miséricorde) était généreux, indulgent, patient et prêt à supporter quelque chose qui l’avait mécontenté, indifférents sur les fautes de ses suivants et s’il recevait des nouvelles sur l’un d’entre eux qui lui déplaisait, il ne lui permettait pas de le savoir ni changeait son attitude à son égard.

 

J’ai entendu dire qu’un jour, il était assis en compagnie quand un de ses Mamalik lanca ses bottes sur un autre mais il le manqua et les bottes manquèrent aussi Salah ad-Din mais tombèrent près de lui. Salah ad-Din se tourna de l’autre côté pour parler à son voisin pour faire semblant qu’il n’avait rien remarqué.

 

Un jour, il demanda de l’eau mais personne n’en n’apporta. Il répéta cinq fois la demande lors d’une séance mais nulle eau n’arriva. Il dit : « Compagnons, par Allah je meurs de soif ! » L’eau fut alors apportée et il but dans faire la moindre réprimande ni pour le retard et ni pour le manque.

 

Une autre fois, il devint si gravement malade, que sa mort fut annoncée. Après sa récupération, il fut emmené aux bains. L’eau était chaude et il demanda de l’eau froide. Quand la personne l’accompagnant lui en rapporta, un peu d’eau tomba par terre et un peu d’eau, l’éclaboussa et il en souffrit à cause de son faible état. Alors il demanda de l’eau plus froide qui lui fut cherchée et quand elle fut apporté près de lui, le bol fut penché et toute l’eau tomba sur lui ce qui le tua presque mais tout ce qu’il fit fut de dire au domestique : « Si tu as l’intention de me tuer, fais-le moi savoir. » Le domestique s’excusa et Salah ad-Din oublia l’affaire.

 

Quant à sa générosité, il distribua beaucoup et n’hésita jamais sur ce qu’il distribua. L’évidence suffisante de sa générosité est le fait que lorsqu’il décéda, il laissa seulement un dinar Tyrian et quarante dirhams Nassiri dans sa trésorerie. J’ai entendu dire que pendant son séjour à Acre alors qu’il faisait face aux croisés, il donna 18 000 montures, des chevaux ou des mulets, sans compter les chameaux. Quant à l’argent, les vêtements et les armes qu’il donna cela est au-delà de tout compte. Quand la dynastie des ‘oubaydi arriva à sa fin en Egypte, il prit toutes les choses de leurs entrepôts, plus qu’il pourrait jamais être compté et distribua tout cela.

 

Quant à son humilité, il était ouvert et ne domina aucun de ses suivants. Il avait l’habitude de critiquer les princes hautains pour un tel comportement. Les mendiants, les dévots et les soufis avaient l’habitude d’être présents près de lui et il tenait des séances pieuses pour eux. Quand un d’entre eux se montrait à la hauteur de la danse ou du chant, il se levait, restait debout et ne s’asseyait pas tant que le soufi n’avait pas fini.

 

Il ne porta jamais aucune matière que la Shari’ah désapprouvait. Il possédait l’érudition et la compréhension religieuse et transmit des Hadith. Bref, il était un individu rare dans son époque, avec beaucoup de bonnes qualités et actions, puissant dans le Jihad contre les mécréants et ses conquêtes parlent pour lui. Il laissa dix-sept enfants masculins. Puisse Allah Exalté lui faire miséricorde.

 

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