CROISADES

Du départ des croisés à Ascalon et sa destruction

 

Quand les croisés, qu’Allah les maudissent éternellement, eurent complété le règlement de leurs affaires et prit possession des demeures de ceux qu’ils venaient de tuer, ils se mirent en mouvement le 28 du mois de Rajab et se dirigèrent le 1 Sha’ban vers Hayfa longeant la côte sans diverger le moindre. Quand Salah ad-Din fut informé de leur départ, il annonça que l’armée devait bouger ce qu’elle fit aussi.

Ce jour, l’avant-garde était commandée par le fils de Salah ad-Din, al-Afdal avec Sayf ad-Din Iyazkoush, ‘Izz ad-Din Jourdik et plusieurs vaillants émirs. Ils harcelèrent les croisés sur leur marche et les couvrirent d’une pluie de flèches qui voilèrent presque le soleil. Ils tombèrent alors sur l’arrière-garde croisé dont ils tuèrent un certain nombre d’entre eux et en capturèrent plusieurs d’autres.

Al-Afdal envoya un messager à son père pour demander des renforts et l’informer. Le sultan ordonna aux troupes principales de le rejoindre mais ils firent des excuses et prétendirent qu’ils ne s’étaient pas équipés en conséquence pour la bataille mais juste pour une simple marche et rien plus. Le demande ne fut donc pas réalisée tandis que le roi d’Angleterre se retira dans l’arrière garde croisée qu’il protégea et rassembla. Ils marchèrent jusqu’à ce qu’ils arrivent à Hayfa, où ils établirent leur camp. Les Musulmans campèrent à Qaymoun, un village à proximité. Les croisés demandèrent des renforts d’Acre pour remplacer les tués et les capturés et les chevaux qui avaient péri.

 

Alors ils poursuivirent leur route vers Césarée, harcelés par les Musulmans qui marchaient dans leur ombre et qui attrapèrent et tuèrent tous ceux qu’ils purent, parce que Salah ad-Din avait juré que tous ceux qui tomberaient entre leurs mains devraient être exécuté pour venger les Musulmans d’Acre qui avaient été massacrés. Quand ils s’approchèrent de Césarée, les Musulmans tombèrent sur eux, les engagèrent violemment provoquants de nombreux dégâts parmi eux. Les croisés campèrent dans la place et les Musulmans passèrent la nuit à proximité. Après leur arrêt, un groupe de croisés s’éloigna du corps principal et les Musulmans de l’avant-garde tombèrent sur eux, en tuèrent certains et en capturèrent d’autres.

Ensuite les croisés marchèrent de Césarée à Arsouf. Les Musulmans les y avaient précédés parce que la route était trop étroite pour les harceler. Quand les croisés arrivèrent, les Musulmans firent une charge formidable et les obligèrent à reculer vers la mer. Certains entrèrent dans l’eau et beaucoup d’entre eux furent tués. Quand les croisés virent cela, ils se regroupèrent et la cavalerie comme un seul homme chargea les Musulmans qui s’enfuirent sans avoir une seule pensée les uns pour les autres.

 

Un grand nombre de cavaliers auxiliaires et des Musulmans du commun avaient l’habitude de se positionner près de la bataille lors des affrontements. En ce jour particulier, ils avaient suivi cette pratique et quand les Musulmans furent déroutés, un grand nombre d’entre eux furent tués et les fugitifs se réfugièrent dans le centre avec Salah ad-Din. Si les croisés avaient réalisé que c’était une réelle déroute, ils auraient poursuivis leur action et la déroute aurait été complète et Musulmans détruits. Cependant, près des Musulmans, il y avait un bois dense dans lequel les Musulmans entrèrent et les croisés pensèrent que c’était une ruse et se retirèrent donc libérant ainsi la pression qui était sur eux. Du côté croisé un grand comte, un de leur tyran diabolique fut tué et du côté Musulman, un Mamelouk de Salah ad-Din, appelé Ayaz al-Kabir, un homme remarqué pour sa bravoure et son audace, unique dans son âge. Quand les croisés établirent leur camp, les Musulmans firent de même tout en gardant les rênes de leurs chevaux dans leurs mains.

 

Ensuite les croisés marchèrent sur Jaffa où ils s’arrêtèrent et l’occupèrent du fait qu’aucun Musulman ne s’y trouvait. Après la défaite des Musulmans à Arsouf, que nous avons mentionné, Salah ad-Din partit pour Ramlah et rejoignit la caravane de bagages qui s’y trouvait. Il rassembla les émirs et les consulta sur ce qu’il devait faire. Ils lui conseillèrent alors de détruire Ascalon et dirent : « Tu as vu ce qui nous est arrivé récemment. Si les croisés viennent à Ascalon et que nous leur faisons face pour tenir la ville contre eux, ils lutteront sans doute contre nous pour forcer notre retrait et ensuite, ils assiégeront la place. Si c’est le cas, nous reviendrons à la même position dans laquelle nous étions à Acre et les choses deviendront difficiles pour nous, parce que l’ennemi est devenu puissant en prenant Acre, les armes et équipements qu’elle contenait. Nous avons été affaiblis par ce que nous avons perdu et nous n’avons pas eu de longue période pour nous rééquiper de nouveau. »

Salah ad-Din ne put pas admettre sa démolition et ordonna donc à des hommes d’y entrer et d’y agir comme une garnison. Cependant, personne n’accepta de le faire. Ils dirent : « Si tu veux tenir l’endroit, viens avec nous avec un de tes fils ainé. Autrement aucun de nous n’entrera de peur que nous subissions ce que les hommes à d’Acre ont subi. »

Quand il vit que c’était le cas, il     alla à Ascalon et ordonna sa démolition qui fut exécutée le 19 du mois de Sha’ban et les pierres des bâtiments furent jetés à la mer. Une innombrable quantité, au-delà de tout compte, d’argent et de trésors appartenant au sultan et à ses sujets fut perdue. Il rasa complètement la ville afin que les croisés n’aient aucun désir d’en faire un objectif. Quand les croisés furent informés de sa démolition, ils restèrent où ils étaient et ne firent aucun mouvement dans cette direction.

 

Lorsque les croisés prirent Acre, le marquis devint craintif de la traîtrise du roi d’Angleterre à son égard et s’enfuit donc à Tyr, qu’il tenait pour sienne (je mets tous les noms de ville au féminin puisque le nom « ville » est sous-entendu). Il était le leader croisé pour le bon sens et la bravoure et celui qui attisa toutes ces batailles. Quand Ascalon fut rasée, il envoya une lettre au roi de l’Angleterre disant : « Un homme comme vous n’est pas fait pour être un roi et commander des armées. Vous entendez dire que Salah ad-Din a détruit Ascalon et vous restez où vous êtes ? O fou, quand vous avez entendu dire qu’il avait commencé à la raser, vous auriez dû marcher contre lui à toute vitesse, le forcer à partir et le saisir avec aisance sans une lutte ou un siège. Il l’a seulement ruinée parce qu’il était incapable de la tenir. Par la vérité du Messie, si j’avais été avec vous, Ascalon serait aujourd’hui dans nos mains sans que la plus petite tour ait été détruite. »

 

Après la destruction d’Ascalon, Salah ad-Din quitta la place le 2 du mois de Ramadan et alla à Ramlah, dont il démolit le château comme il fit pour l’église à Liddah. Pendant son séjour à Ascalon pour la détruire, les armées étaient avec al-‘Adil Abou Bakr Ibn Ayyoub et faisaient face au croisés. Après avoir rasé Ramlah, Salah ad-Din alla à Jérusalem où il passa en revue ses défenses, son armement et le contenu des réserves. Ayant organisé ses affaires, ses réserves et tout ce dont la ville avait besoin, il revint dans son camp le 8 Ramadan.

 

Pendant ces jours, le roi d’Angleterre quitta Jaffa avec un petit corps de croisés de leur camp et tomba sur certains Musulmans qui luttèrent violemment contre eux     Le roi de l’Angleterre fut sur le point d’être pris prisonnier mais un de ses camarades se sacrifia pour lui et le roi pu s’enfuir mais cet homme fut pris.

 

Il y eut aussi une autre bataille entre un groupe de Musulmans et un groupe de croisés, dans laquelle les Musulmans furent victorieux.

 

Du mouvement des croisés à Latroun

 

Quand Salah ad-Din vit que les croisés n’étaient pas partis mais s’étaient attardés dans Jaffa qu’ils avaient entrepris de fortifier, il déplaça sa position à Latroun le 13 Ramadan et y fit son camp. Le roi d’Angleterre lui envoya un messager pour demander la paix. Une série d’envoyés vinrent entre al-‘Adil Abou Bakr Ibn Ayyoub, le frère de Salah ad-Din car il avait été décidé que le roi devrait marier sa sœur à al-‘Adil, que Jérusalem et les terres côtières que les Musulmans tenaient devraient être à al-‘Adil et qu’Acre et ce qui était dans les mains des croisés devrait être pour la sœur du roi, en plus d’un royaume qu’elle avait déjà en mer qu’elle avait héritée de son mari et que les Templiers accepteraient ce qui était convenu.

Al-‘Adil soumit sa proposition à Salah ad-Din qui fut d’accord avec lui. Quand la nouvelle fut publiquement connue, les prêtres, les évêques et les moines se rassemblèrent devant la sœur du roi d’Angleterre et exprimèrent leurs désapprobations et elle refusa donc de s’y conformer. D’autres raisons furent mentionnées et Allah est Plus Savant.

 

Après cela, al-‘Adil et le roi d’Angleterre avaient l’habitude de se rencontrer et de parler de paix. Le roi demanda à al-‘Adil de lui permettre d’entendre un peu de musique musulmane et ce dernier convoqua une chanteuse qui joua de la harpe. Elle chanta et il l’a trouva admirable cependant, aucune paix ne fut conclue entre eux car le roi faisait cela comme un habile stratagème.

 

Les croisés révélèrent leur plan de marcher sur Jérusalem. Salah ad-Din partit pour Ramlah avec une force légère de reconnaissance et laissa sa caravane de bagages à Latroun. Il s’approcha alors des croisés et resta vingt jours à les observer cependant, ils ne bougèrent point.

Pendant son séjour, il y eut plusieurs engagements entre les deux côtés que les Musulmans remportèrent tous. Salah ad-Din revint alors à Latroun et le 3 du mois de Dzoul Qi’dah, les croisés quittèrent Jaffa pour Ramlah avec l’intention d’attaquer Jérusalem. Les deux côtés s’approchèrent l’un de l’autre. La situation était critique et une prudence extrême fut exercée et l’appel aux armes fut lancé à chaque heure dans les deux armées qui connurent de grandes difficultés mais l’hiver s’approcha et la boue et les pluies gardèrent les deux armées éloignées l’une de l’autre.

 

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