CROISADES

Comment les croisés sortirent de leurs tranchée

 

Lorsque des vagues d’hommes frais eurent rejoint les croisés et que le comte Henri recruta un grand nombre d’entre eux avec l’argent qu’il avait apporté, ils se décidèrent à sortir de leurs fortifications et d’engager les Musulmans. Ils laissèrent des hommes pour assiéger Acre et lutter contre ses défenseurs.

Ils sortirent donc le 11 du mois de Shawwal aussi nombreux que les grains de sable et aussi ardent que le feu. Quand Salah ad-Din vit cela, il déplaça les lourds bagages des Musulmans à Qaymoun à environ 17 kilomètres d’Acre. Les troupes qu’il avait détachées quand l’empereur allemand périt étaient déjà revenues et il rencontra les croisés dans un excellent ordre de bataille.

Au centre se trouvaient ses fils al-Afdal ‘Ali, az-Zahir Ghazi et az-Zafir Khidr tandis que son frère al-‘Adil Abou Bakr était sur la droite avec les troupes d’Egypte et leurs associés et ‘Imad ad-Din le seigneur de Sinjar, Taqi ad-Din le seigneur de Hama et Mou’iz ad-Din Sanjar Shah le seigneur d’al-Jazirat Ibn ‘Omar avec plusieurs émirs se trouvaient dans l‘aile gauche.

Il arriva que Salah ad-Din fût saisi par la colique à laquelle il était enclin. Il fit ériger une petite tente pour lui sur une colline dominant l’armée et campa là pour les observer. Les croisés procédèrent à l’est de la rivière jusqu’à ce qu’ils arrivent à son embouchure ou ils virent les armées de l’Islam déployées et furent craintifs. L’avant-garde entra en contact et les couvrirent d’une pluie de flèches qui obscurcirent tout sauf le soleil. Ayant vu cela, ils passèrent à l’ouest de la rivière pendant que l’avant-garde poursuivait sa bataille rapprochée. Les croisés se rassemblèrent en se tenant près les uns des autres. Le but de l’avant-garde était de forcer les croisés à les charger afin que les Musulmans puissent les rencontrer et les engager complètement pour que la bataille puisse aboutir à une conclusion et permettre ainsi aux hommes de se reposer.

Les croisés vinrent à regretter d’avoir quittés leurs tranchées et passèrent toute la nuit à tenir leur position puis le jour suivant, ils retournèrent vers Acre pour se réfugier derrière leurs fortifications tandis que l’avant-garde musulmane harcela leurs arrières en les engageant avec les sabres, les lances et des flèches. Chaque fois qu’un des leurs était tué, les croisés l’emportait avec eux pour que les Musulmans ignorent leurs pertes et n’était-ce la douleur qui affligeait Salah ad-Din, cela aurait été le moment décisif cependant Allah à certes un plan qu’Il accomplira !

Quand les croisés retrouvèrent leurs fortifications, et par la suite ils ne s’aventurèrent plus, les Musulmans revinrent dans leurs tentes ayant tué une multitude de croisés.

 

Le 23 du mois de Shawwal, certains Musulmans se posèrent en embuscade pendant qu’un autre groupe s’accrocha avec les croisés qui étaient au nombre de quatre cents cavaliers. Les Musulmans résistèrent un peu et cédèrent ensuite poursuivit par les croisés jusqu’à ce qu’ils arrivent eu lieu de l’embuscade et pas un seul d’entre eux n’échappa.

Les croisés subirent une extrême famine et un Ghirara de blé couta plus de 100 dinars Tyrian mais ils endurèrent. Les Musulmans avaient l’habitude de leur amener de la nourriture de leurs propres terres comme par exemple l’émir Oussama, le gouverneur de Beyrouth, qui avait l’habitude d’apporter de la nourriture et d’autres choses. Un autre était Sayf ad-Din ‘Ali Ibn Ahmad plus connu sous le nom d’al-Mashtoub. Il avait l’habitude de leur porter des charges de Sidon, d’Ascalon et d’autres endroits, sans quoi, ils auraient péris de faim surtout en hiver où la navigation était interrompue en raison de l’état houleux de la mer.

 

 

Bab

Vous vous rendrez bien compte que les civils musulmans aidèrent non seulement leurs ennemis à combattre les Musulmans mais aussi à rester sur leurs terres comme par exemple, en leur fournissant activement toutes sortes de denrées et de renseignements capitaux sur les affaires des Musulmans, leur montrant les routes, leur servant de guide et en travaillant pour eux

Que dis donc la jurisprudence islamique sur le sujet : Sont-ils donc considérés comme des traitres et passibles de la peine de mort ? Voici dont un extrait de La responsabilité criminelle dans la doctrine et la jurisprudence musulmanes d’Ahmad Fathi Bahnassi du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Caire et traduit par le Dr. Mohammad A. Ambar.

 

Crimes contre la sécurité de l’état à l’extérieur du territoire

 

« Le juriste musulman ne négligera point les dispositions relatives à la protection de l’Etat. Parmi les conseils d’Abou Youssouf à Haroun ar-Rashid, on relève ce qui suit : « J’ai interrogé le Prince des Croyants sur les espions qui se trouvaient parmi les Dhimmis (non-musulmans), les hommes d’armes et les Musulmans. Il répondit : « Si ce sont des Dhimmis, Juifs ou Chrétiens, décapite-les, si ce sont des Musulmans, jette-les en prison aussi longtemps qu’il leur faudra pour qu’ils se repentent[1]. »

 

Abou Youssef rapporte qu’al-Asha’at a dit sous l’autorité d’al-Hassan : «  II n’est pas licite qu’un Musulman fournisse des armes aux ennemis des Musulmans, qui les rendront plus forts. »

 

L’intention générale et l’intention spéciale de l’espion

 

Ibn al-‘Arabi a dit[2] :

« Quiconque informe les ennemis des Musulmans de leurs points faibles ou leur communique des nouvelles ne sera pas considéré comme impie, si le but visé est (informel ?). Ce jugement est exact, conformément à l’action de Hatib Ibn Abou Balta’ah lorsqu’il entendait par cela prêter secours sans proclamer son apostasie[3].

 

Si nous soutenons qu’il n’est pas un apostat, les avis seront partagés sera-t-il passible d’une peine mentionnée dans le Qur’an ?

 

Selon Malik Ibn al-Qassim et Asbah, l’Imam doit recourir à l’Ijtihad. ‘Abdel-Malik dit que si telle est son habitude, il doit être mis à mort, car c’est un espion. Au sujet de cette mise à mort, elle est méritée car l’intention était de nuire aux Musulmans. Si l’on dit, comme ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui), qu’il doit être exécuté sans discernement, à cela le Prophète (Salut et Bénédictions d’Allah sur lui) a déjà répondu qu’il était présent à Badr. Cela implique que cette défense ne peut provenir que de lui seul. Et le fait d’exécuter autrui est une sentence canonique, ainsi que le comprit ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui) car le Prophète (Salut et Bénédictions d’Allah sur lui) ne lui répondit que par le prétexte invoqué au sujet de Hatib. Nous avons précédemment souligné que ‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) demanda son exécution parce qu’il le jugeait hypocrite. Peut-être le fut-il, peut-être aussi a-t-il visé un but personnel, tout en conservant sa foi. La preuve en est que l’anecdote rapporte cette parole du Prophète (Salut et Bénédictions d’Allah sur lui) : « O Hatib, as-tu écrit ce message ? » « Oui », répondit-il, reconnaissant ainsi sa faute et ne mentant point. Tel le cas de l’homme qui approuve a priori le divorce et dit « Je vise telle ou telle chose dans un but lointain. » Alors cet homme est digne de foi. Si l’on cite des preuves contre lui alors qu’il allègue des raisons lointaines, elles ne sont pas retenues.

 

On rapporte que Ibn al-Jaroud, le chef de la tribu de Ra bi’ah fit arrêter Darbass car on l’avait informé qu’il renseignait les ennemis des points faibles des Musulmans, alors, que ces derniers étaient sur le point de les attaquer, il le crucifia. Darbass cria par trois fois : « O Omar ! » ‘Omar vint à lui et lui cria par trois fois « Me voilà, Darbass, » et brandissant une lance il lui trancha le cou. On lui dit « Ne te hâte point. Il a envoyé des messages à l’ennemi et se préparait à les rejoindre. » Il répondit : « Je l’ai tué parce qu’il se préparait à cela. » Qui d’entre nous ne se prépare à agir sans que ‘Omar juge qu’il convient de le mettre à mort ; mais il mit en application l’avis d’Ibn al-Jaroud à ce sujet, quand il aborda le cas de Hatib. Peut-être Ibn al-Jaroud a pris en considération la récidive. Seulement Hatib fut saisi alors qu’il se préparait à agir, c’est-à-dire avant l’accomplissement de ce dessein.

 

Si cet espion est un impie, al-Awada’i juge que c’est un parjure. Asbagh avance que l’espion en matières militaires doit être exécuté. Quant à l’espion musulman ou le Dhimmi, ils doivent être punis et ne seront mis à mort que s’ils complotent contre les Musulmans. Ibn Abou Talib rapporte sous l’autorité du Prophète (Salut et Bénédictions d’Allah sur lui) qu’un jour, il fit comparaître devant lui un espion du nom de Farrat Ibn Habbane. II ordonna de le mettre à mort. L’homme cria : « O compagnons du Prophète : Serais-je mis à mort alors que j’atteste qu’il n’y de Dieu qu’Allah et que Muhammad est Son Prophète ? » Le Prophète (Salut et Bénédictions d’Allah sur lui) ordonna aussitôt de le remettre en liberté. Puis il dit : « Il en est parmi vous ceux que nous respectons pour leur foi, et parmi ceux-ci, Farrat Ibn Habbane[4]. »

 

Le Musulman et le Dhimmi sont mis à mort s’ils ont eu pour but de nuire aux Musulmans. Mais si l’intention a été seulement criminelle, entendant par là qu’ils ne visaient point leur faire du tort, il leur sera infligé une peine, mais celle de la mort sera exclue[5].

 

Quant à l’espion étranger, il sera mis à mort pour avoir espionné et pour avoir violé son serment, son intention fût-elle générale ou spéciale. On rapporte que Malik dit que parmi les peines prévues par le Qur’an certains peuvent être condamnés à la peine capitale. Des disciples d’Ahmad approuvent comme lui la peine de mort infligée à l’espion musulman, s’il a été au service de l’ennemi. Malik et certains disciples hanbalites jugent qu’il peut être exécuté. Abou Hanifah, ash-Shafi’i et d’autres hanbalites comme le Qadi Abou Ya’la s’y opposent[6].

 

Il nous est possible de trancher cette divergence en rappelant ce que nous avons rapporté au sujet de la distinction entre l’intention criminelle spéciale et l’intention générale. Le critère qui permet cette distinction est la mise à mort de l’espion. Si cette intention est spéciale, il doit être exécuté. Mais si elle est générale, il subira une peine, celle de mort étant exclue[7]. S’il s’agit d’un étranger, il ne sera pas exécuté, quelle qu’ait été son intention.

 

 

 

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