CROISADES

De la marche des croisés sur Acre et de son  siège

 

Les croisés s’était rassemblé en immense nombre à Tyr, comme nous l’avons déjà mentionné, chaque fois que Salah ad-Din conquit une ville ou un château, il accepta les conditions de leurs habitants et les y envoya avec leurs biens, leurs femmes et enfants et ainsi une énorme multitude au-delà de tout compte, se réunirent là ainsi qu’une prodigieuse quantité d’argent inépuisable en dépit des grandes dépenses sur plusieurs années. Les moines, les prêtres et un grand nombre de leurs nobles et chevaliers se vêtir de noir et proclamèrent leur chagrin de la perte de Jérusalem.

Le patriarche de Jérusalem les réunis et les emmena dans les terres des croisé ou ils voyagèrent demandant aide et secours aux gens tout en leur conseillant de se venger pour Jérusalem. Ils dessinèrent le Messie (paix sur lui) avec un Arabe en train de le battre. Ils mirent du sang sur le portrait du Messie et dirent aux gens : « C’est le Messie avec Muhammad[2], le Prophète des Musulmans qui l’a frappé, blessé et tué. »

Les Chrétiens furent peinés en voyant ce dessin et répondirent à l’appel en très grands nombres, y compris des femmes car il y avait avec eux à Acre, un certain nombre de femmes qui rivalisaient avec les hommes, comme nous le rapporterons si Allah Exalté le veut. Ceux qui furent incapables de partir engagèrent des gens pour aller à leur place et leur donnèrent de l’argent selon leurs conditions. Le patriarche réunit autour de lui plus d’hommes et d’argent qu’il y n’aurait jamais pu compter.

 

Un Musulman habitant dans Hisn al-Akrad, un des soldats de son souverain qui l’abandonna autrefois aux croisés me raconta son histoire. Cet individu se repentit de son ancienne coopération avec les croisés, de ses attaques contre les terres islamiques, de son combat et d’avoir travaillé avec eux. La raison pour laquelle je m’entretins avec lui sera relatée dans le chapitre de l’année 590 de l’Hégire (1193) si Allah Tout Puissant le veut. Cet homme m’a dit qu’avec un groupe de croisés de Hisn al-Akrad, il visita les croisés et les terres grecques sur les mers dans quatre galères pour chercher des renforts et dit : « Nos voyages nous amenèrent finalement à Rome que nous avons quittée avec nos galères pleines de lingots. »

 

Un certain captif croisé m’a dit qu’il était le seul fils de sa mère et comme elle ne possédait aucune richesse autre que sa maison, elle l’avait vendue et utilisée l’argent de la vente pour l’équiper et l’envoyer libérer Jérusalem et qu’il fut pris prisonnier. C’est un exemple extrême de la motivation religieuse et spirituelle que les croisés avaient. Ils sont venus de chaque parcelle de terrain et de chaque coin par terre et par mer. Si Allah Exalté n’avait pas accordé Sa grâce aux Musulmans et détruit le roi des Allemands à son arrivée en Syrie après qu’il eut quitté ses terres, ce que nous raconterons, les gens diraient : « La Syrie et l’Egypte appartenaient jadis aux Musulmans. » Cela explique pourquoi ils quittèrent leurs maisons.

 

Quand ils se rassemblèrent à Tyr, ils s’affrontèrent les uns contre les autres comme des vagues ondoyantes. Ils avaient d’immenses richesses et la mer les approvisionnaient avec des réserves de marchandises, de nourritures, d’armes, d’équipement et d’hommes. La ville de Tyr ainsi que les terres adjacentes devinrent trop petit pour eux et ils projetèrent donc d’attaquer Sidon, comme nous avons l’avons déjà mentionné mais changèrent cependant d’avis. Ils consentirent alors de marcher sur Acre et l’assiéger résolument.

Ils disposèrent alors avec toutes leurs forces, leur cavalerie et infanterie et marchèrent le long de la mer sans la quitter excepté quand la voie ne le permettait pas tandis que leurs navires les suivaient en mer, transportant leurs armes, équipements et nourritures mais aussi pour les embarquer s’ils venaient à tomber sur une force écrasante pour les ramener.

Ils se mirent en route le 8 du mois de Rajab et arrivèrent à Acre, au milieu de ce même mois après avoir été harcelés par les unités avancées des Musulmans durant leur marche qui saisirent tous les retardataires.

 

Lorsqu’ils se mirent en route, les nouvelles de leur départ furent transmises à Salah ad-Din qui se mit en route pour être en contact avec eux. Alors il réunit ses émirs et les consulta s’ils devaient procéder à leur rencontre et les engager sur la marche ou s’ils devraient suivre une route différente de celle des croisés. Ils répondirent : « Il n’est pas nécessaire pour nous de supporter l’épreuve de les suivre car la route est difficile et étroite et il n’y a aucun avantage pour nous de le faire. Le meilleur plan pour nous consiste à prendre la route normale et les rencontrer à Acre, où nous les disperserons et détruirons. »

Salah ad-Din se rendit compte que leur inclination était pour un repos     à court terme et il fut d’accord ainsi avec eux. Sa propre idée était de lutter contre eux alors qu’ils étaient en marche. Il dit : « Si les croisés viennent à camper, ils se cramponneront à leur position et nous n’aurons aucune chance de les expulser et de gagner la main supérieure sur eux. La meilleure solution est de lutter contre eux avant qu’ils atteignent Acre » mais ils ne furent pas d’accord et il les suivit.

Ils marchèrent par la route de Kafar Kannah si bien que les croisés arrivèrent avant eux. Salah ad-Din avait nommé quelques émirs pour suivre leurs mouvements et les harceler avec des escarmouches. Les croisés ne firent aucun mouvement contre eux en dépit de leurs petits nombres.

Si l’armée avait suivi le plan de Salah ad-Din et avait engagé les croisés avant qu’ils ne descendent sur Acre, il aurait accompli son but et aurait bloqué leur avance mais quand Allah Exalté décide une affaire, Il en prépare les moyens.

 

Quand Salah ad-Din arriva à l’Acre, il vit que les croisés l’avaient déjà totalement investi de la mer et que les Musulmans n’avaient aucun moyen d’accès. Salah ad-Din fit le camp pour les bloquer et monta sa propre tente sur Tall Kayssan. Son aile droite s’étendait jusqu’à Tall al-‘Ayadiyah et sa gauche à la rivière permanente. La caravane de bagages s’arrêta à Saffouriyah. Il envoya aussi des lettres aux provinces pour convoquer les troupes. Les troupes de Mossoul arrivèrent aussi bien que celles de Diyar Bakr, Sinjar et d’autres endroits d’al-Jazirah. Puis ses neveux Taqi ad-Din et Mouzaffar ad-Din Ibn Zayn ad-Din, le seigneur de Harran et d’Edesse, le rejoignirent.

 

Les provisions avaient l’habitude d’atteindre les Musulmans par route et les croisés par bateau. Pendant leurs séjours à Acre, les deux côtés se livrèrent un grand nombre de batailles tant grandes que petites, certaines durant des jours continus et d’autres plus espacées. Je donnerai le compte des jours continus pour éviter d’être trop long et parce que les autres furent des engagements mineurs de forces limitées, qu’il n’est pas nécessaire de mentionner.

 

Quand Salah ad-Din encercla les croisés, ils furent incapable d’approcher d’Acre jusqu’à la fin du mois de Rajab. Il les engagea alors le premier jour de Sha’ban sans accomplir ce qu’il espérait. Les troupes passèrent la nuit en ordre de bataille et quand le matin arriva, il les attaqua de bonne heure avec toute sa force. Il les encercla alors complètement à partir du début de la matinée jusqu’au midi. Les deux côtés résistèrent si fermement qu’ils stupéfièrent le spectateur.

 

A la mi-journée, Taqi ad-Din réalisa une formidable charge depuis l’aile droite et repoussa de leur position ceux qui étaient en face de lui qui se retirèrent chacun pour soi et se refugièrent avec leurs camarades qui se joignirent à eux pour les protéger. Ils laissèrent donc la moitié de la ville accessible et Taqi ad-Din occupa leur position et se mit en contact avec la ville. Il tint ce que les croisés avaient abandonné et les Musulmans furent capables d’entrer et de sortir de la ville. L’accès fut rétablit et le blocus sur les habitants levé.

Salah ad-Din envoya alors tout ce qu’il voulut comme hommes, marchandises, argent et armements. Si les Musulmans avaient persévéré dans la lutte jusqu’à la tombée de la nuit, ils auraient emporté ce qu’ils voulaient car le premier affrontement apporte la panique mais après qu’ils eurent accompli ceci, ils disposèrent pour se reposer et cessèrent de lutter en disant : « Nous les attaquerons demain matin et les éliminerons. »

 

Parmi les hommes que Salah ad-Din envoya à Acre se trouvaient les émirs Houssam ad-Din Abou al-Hayja’, un des grands émirs de son armée. Il était un Kurde de la tribu Hakami d’Irbil. Un grand nombre des croisés furent tués ce jour.

 

Récit d’une autre bataille et de l’engagement des Bédouins

 

Le jour suivant, le 6 du mois de Sha’ban, les Musulmans déterminés à lutter le plus férocement possible engagèrent une nouvelle fois les croisés pour les éliminer. Ils avancèrent en ordre de bataille mais virent que ces derniers étaient prudents et sur leur garde pleins de regrets pour leur négligence du jour précédents.     Ils avaient protégé leurs flancs et leurs lignes et avaient commencé à creuser un fossé pour prévenir l’accès. Les Musulmans persistèrent dans leurs attaques mais les croisés ne firent aucun mouvement ni ne quittèrent leurs emplacements. En voyant cela, les Musulmans se retirèrent.

 

Plus tard, un groupe d’Arabes entendu dire que les croisés partaient de l’autre côté pour collecter du bois à brûler et pour d’autres buts. Ils partirent pour les attendre dans les détours et les rives de la rivière le 16 Sha’ban. Quand un groupe de croisés émergea, comme à leur habitude, les Arabes les chargèrent et les tuèrent jusqu’au dernier homme en prenant ce qu’ils avaient comme butin. Ils apportèrent les têtes à Salah ad-Din qui les récompensa et leur donna des robes d’honneur.

 

 

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