CROISADES

Des erreurs de Salah ad-Din

 

Nul n’a jamais contesté la haine et l’animosité des croisés envers les Musulmans que ce soit dans le passé, de nos jours et dans le futur. D’autre part, nous avons vu leur innombrables traitrises des pactes et des paroles données et pour revenir à Salah ad-Din et sa politique de pardon envers ses ennemis, les historiens musulmans que ce soit les anciens ou les récents ont tous rapprochés à Salah ad-Din cette politique d’autant plus qu’elle engendra de nombreux maux pour les Musulmans.

Lorsque Salah ad-Din libéra des milliers de croisés et particulièrement leurs chefs et les autorisa à partir pour la ville fortifiée de Tyr, les croisés s’y retrouvèrent à nouveau en immense nombre et levèrent une nouvelle armée sous le commandement de Conrad de Montferrat qui était selon les historiens musulmans un fanatique chrétien courageux et ferme qui avait promis, avant l’arrivée de ces nouveaux croisés libérés, de soumettre pacifiquement la ville à Salah ad-Din mais avec l’arrivée des croisés libérés, il changea d’avis et lui ferma la porte au nez.

Salah ad-Din dut alors assiéger la ville mais du fait des lourdes fortifications de la ville, il ne pur rien faire et se retira sans gain.    

 

Au mois de Joumadah Awwal de l’année 584 de l’Hégire (1188), il fit un acte qui laissa pantois plus d’un Musulman en relâchant le roi de Bayt al-Maqdis, Guy de Lusignan, suite à une requête de son épouse la reine Sybille qui se trouvait à Tarablous (Tripoli). Il libéra en même temps dix des commandants des croisés et parmi eux le commandant des Templiers Gérard de Ridefort, le seul templier que Salah ad-Din avait laissé en vie.

Après sa libération, Guy de Lusignan se rendit à Tripoli mais Conrad de Montferrat refusa de le laisser entrer dans la ville et ce n’est qu’après quelques jours d’attentes qu’il l’autorisa et quand il entra, il leva une force de croisée pour razzier Acre qui était la seconde ville du royaume de Jérusalem (Bayt al-Maqdis), une ville-port fortifié en bordure de mer, aussi importante et stratégique pour les croisés que Bayt al-Maqdis que certains historiens ont appelé al-Constantiniyah al-Franj du fait de ses fortifications imprenables.

Il assiégea donc ‘Akka au mois de Rajab de l’année 585 de l’Hégire (1189) et au mois de Sha’ban de cette même année, Salah ad-Din attaqua les assaillants et leur infligea de lourdes pertes mais dû se retirer pour cause de maladie due selon certains historiens à l’odeur des corps putréfiés abandonnés.    

Les croisés profitèrent de son retrait pour renforcer leur position et creuser des fossés de protection avant de couper l’accès à la ville des forces avancées que Salah ad-Din avait laissé derrière lui et commandées par Baha ad-Din Qaraqoush qui résista vaillamment.

Le siège s’accentua et dura en longueur tandis que la pression sur la force de Qaraqoush s’accentua tandis qu’au mois de Ramadan de l’année 586 de l’Hégire (1190), Frederik de Souabia, successeur de son père Frederik Barbarossa, débarqua à Acre avec le reste des soldats allemands.

 

La chute d’Acre aux mains des croisés

 

Les deux autres armées, française et anglaise, la première commandée par Philippe Auguste s’embarqua à Marseille et la seconde par Richard I à Gênes arrivèrent en Sicile en l’an 586 de l’Hégire (1190) ou ils restèrent six mois et durant lesquels les désaccords entre eux s’aggravèrent au point ou Richard abandonna son projet de mariage avec la demi-sœur du roi français. Puis Philippe s’embarqua pour Tripoli puis pour Acre en compagnie de Conrad de Montferrat ou ils arrivèrent au mois de Rabi’ Awwal de cette même année.

Richard I quant à lui s’embarqua avec son armée pour Chypre avec l’intention d’enlever l’ile à son gouverneur Isaac de Comnène qui avait emprisonné tous les passagers d’un navire anglais dans lequel se trouvait sa future épouse. Après avoir capturé l’île, il se rendit à Tripoli ou l’entrée de la ville lui fut interdite sur les ordres de Philippe et de Conrad. Alors il s’embarque de nouveau pour Acre ou il arriva au mois de Joumadah Awwal de l’année 587 de l’Hégire (1191). Ainsi un nombre considérable de croisés se retrouvèrent à ‘Akka qui était assiégée depuis deux ans mais qui recevait toutefois de l’aide néanmoins avec l’arrivée de cette nouvelle force, le blocus sur la ville se resserra.

Le 17 du mois de Joumadah Awwal la ville posa des conditions pour sa soumission qui furent acceptées et ‘Akka ouvrit ses portes pour son plus grand malheur car une fois les croisés, qu’Allah les maudisse, à l’intérieur, il ne fut plus question ni de condition et ni de traité, croix de bois et langue de vipère !

Il est difficilement compréhensible que les Musulmans puissent se faire avoir à chaque fois d’autant plus que le Messager (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) nous a avertis et dis : «  Le Musulman ne se laisse jamais piquer deux fois par la bête sortant du même trou ! » Et là, il ne s’agit plus de deux fois mais d’une centaine de fois ! Comment les Musulmans peuvent donc encore faire confiance aux mécréants, quelle misère et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah ! Je reste perplexe !

Ne valait-il pas mieux combattre et trouver la mort dignement que de l’horrible manière dont ils allaient être traités ?

 

Au mois de Rajab de cette même année, les mésententes ayant atteint leur point culminant entre les Français et les Anglais, le roi Philippe Auguste retourna dans son pays et Richard I, malédiction d’Allah sur lui, devint le commandant de tous les croisés et intronisa son commandement de la manière la plus chevaleresque et la plus honorifique en tuant de sang-froid et d’un seul coup 3 000 prisonniers Musulmans ligotés. Ils eurent tous la tête tranchée à Tall al-‘Iyadiyah et pour quelle honorifique raison d’après vous ?

Parce que d’après lui, les Musulmans avaient tardé à rendre « Salib as-Salabout », le bout de bois de la fausse croix, lors de la reddition d’Acre et à d’autre, il dit qu’il avait voulu entrainer les soldats anglais qui n’avait pas fait couler de sang durant les six mois qu’ils avaient passé en Sicile ! Mais quels Musulmans ? Des combattants ? Non des prisonniers désarmés et enchainés ! Mais ce qui est incroyable c’est que Salah ad-Din va faire envoyer à ce criminel ses propres médecins, des cadeaux, des fruits et de l’eau glacée parce qu’il était malade !

Et cela ne les empêchera pas d’haïr profondément Salah ad-Din et les Musulmans jusqu’à nos jours.

 

Au mois de Sha’ban de cette même année, eut lieu une bataille à Arsouf en Palestine entre les croisés commandés par Richard I et les Musulmans commandés par Salah ad-Din qui fut battu cependant la bataille ne fut pas décisive comme celle de Hattin. Cette bataille avait pour but, que n’ignorait pas Salah ad-Din, la conquête de Bayt al-Maqdis c’est pourquoi, il fit détruire tous les villages et villes importantes et stratégiques sur la route de Jérusalem pour qu’ils ne tombent pas aux mains de l’ennemi comme Ascalon, Loud et Ramlah. Puis, il se rendit à Bayt al-Maqdis pour défendre la ville ou arriva Richard I au mois de Dzoul Qi’dah de cette même année pour faire face à l’importante défense qu’avait mis sur pied al-Malik an-Nassir Salah ad-Din.

Les croisés surent alors qu’ils ne pourraient pas faire face à ce qui les attendait et que tout siège serait inutile c’est pourquoi, ils rebroussèrent chemin pour Ramlah.      

Au même moment, il arriva un certain nombre d’évènements du côté des croisés et Richard I fut invité à une importante réunion à Ascalon en l’an 588 de l’Hégire (1191) à laquelle participa tous les commandants et chefs croisés en terre d’Islam pour mettre fin au conflit entre Conrad de Montferrat et Guy de Lusignan qui prétendait tous les deux aux trône de Jérusalem. Conrad fut donc nommé roi de Jérusalem mais il fut tué peu de temps après, au mois de Joumadah Awwal de cette même année, par deux assassins des hérétiques ismaéliens hashashiyine envoyé par Sheikh al-Jabal Rashid ad-Din Sinan, sur les ordres de Richard qui était aussi en conflit avec lui et parce qu’il avait été désigné contre sa volonté.

Henri de Champagne se maria avec Isabelle, la veuve de Conrad, et devint ainsi le nouveau roi de Bayt al-Maqdis. Quant à Guy de Lusignan, il acheta Chypre aux templiers sur l’ordre de Richard I et devint gouverneur de l’île.

 

Après un certain nombre de batailles sans importance majeures, Richard I voulut signer un traité de paix avec Salah ad-Din pour retourner rapidement en Angleterre d’où il avait reçu des nouvelles alarmantes sur son frère Jean (John) qui lui disputait le pouvoir. Cependant Salah ad-Din refusa parce que le traité stipulait le retour d’al-Qouds aux croisés.

Richard lui envoya un message disant : «  Nous ne ferons aucune concession sur al-Qouds qui est notre lieu d’adoration et nous combattront jusqu’au dernier homme de nos armées. »

Voici ce que lui répondit Salah ad-Din : « Al-Qouds est à nous comme elle est à vous. Mais elle nous est plus grande et plus noble qu’à vous parce qu’elle fut la direction du Voyage (asra) de notre Prophète (Saluts et bénédictions d’Allah sur lui) et le lieu de résurrection (ma’shar) de notre communauté. Il est donc impensable que nous puissions vous l’abandonner et encore moins de penser à débattre du sujet entre les Musulmans. »    

 

Allahou Akbar Ya Salah ad-Din ! (C’est l’auteur qui dit cela, moi je ne fais que traduire). Savez-vous enfin pourquoi ils détestent Salah ad-Din jusqu’au jour de Qiyamah ? Parce qu’il se plaça tel un roc inébranlable sur la route des croisés et que leurs plans faillirent par la grâce d’Allah sur Ses serviteurs et puis Salah ad-Din.

Pourtant, un grand nombre de ses officiers et de ses commandants lui désobéirent et quittèrent son armée à cause de la longueur de cette guerre et malgré cela, il ne fit aucune concession à l’ennemi sauf la libération des prisonniers.

 

La mort de Salah ad-Din

 

Richard pressé par les évènements ne put attendre plus longtemps et signa un traité de paix à Ramlah le 28 du mois de Sha’ban de cette même année pour une durée de trois ans et trois mois. Dans ce traité, les croisés gardait le littoral méditerranéen de Tyr à Jaffa tandis que le reste de la Palestine et Bayt al-Maqdis revenait aux Musulmans. La visite de la Palestine était permise aux pèlerins chrétiens. Loud et Ramlah resteraient neutres tandis que ‘Asqalan (Ascalon) serait détruite.

 

La troisième croisade faillit donc aussi par la grâce d’Allah Exalté sur Ses serviteurs par le biais de serviteur comme Salah ad-Din Youssouf Ibn Ayyoub, puisse Allah Exalté lui faire miséricorde.      

Quand à Richard I, il repartit pour son pays mais son navire coula dans la Mer Adriatique toutefois, il réussit à survivre et se joignit à des pèlerins chrétiens de retour de Syrie mais il fut reconnu et capturé par son ennemi le Duc d’Autriche qui l’envoya à l’empereur allemand Henri III (inri thalith) le fils de Frederik Barbarossa qui demanda une lourde rançon pour sa libération qui fut payée par les anglais. Richard retourna à Londres avant de retraverser pour la France ou il combattit Philippe Auguste et au cours d’un de ses assauts contre un fort, il fut touché mortellement par une flèche et mourut au mois de Joumadah Thani de l’année 595 de l’Hégire (1198) et fut enterré en France.

 

Au mois de Safar de l’année 589 de l’Hégire (1192),     le sultan al-Malik an-Nassir Salah ad-Din al-Ayyoubi décéda et fut enterré à Damas laissant derrière lui dix-sept enfants dont le plus grand d’entre était al-Malik al-Afdal Nour ad-Din ‘Ali qui fut surnommé par les historiens musulmans al-Malik an-Nawam mais il ne fut d’aucune utilité pour la nation islamique de l’époque qui aurait eu besoin d’un homme puissant.

Les frères et les chefs Ayyoubi entrèrent malheureusement en conflit lors du partage du royaume de Salah ad-Din et al-Malik al-‘Adil Abi Bakr Ibn Ayyoub Ibn Shadi devint le nouveau sultan de la dynastie des Ayyoubi.

 

Reprise de la chronologie d’Ibn Athir sur les évènements précédents.

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