CROISADES

De la défaite de l’armée du calife devant le sultan Toughroul

 

Durant cette année, le calife an-Nassir Li-Dinillah réunit une grande armée dont il donna le commandement à son vizir Jalal ad-Din ‘Oubaydallah Ibn Younous et l’envoya pour aider Qizil à tenir le sultan Toughroul à distance du pays. L’armée marcha le 3 du mois de Safar jusqu’à ce qu’elle se soit approchée de Hamadan. Qizil manqua de les rejoindre et Toughroul s’approcha d’eux avec ses troupes et ils s’affrontèrent dans une bataille rangée le 8 du mois de Rabi’ Awwal à Day Marj près de Hamadan. L’armée de Baghdad ne résista pas mais s’enfuit déroutée. Le vizir tint ferme, portant une copie du Qur’an et un sabre. Un petit nombre de soldats de Toughroul vinrent et le firent prisonnier, saisirent ses provisions, ses armes, ses montures et tout ce qu’il avait. Son armée dispersée revint à Baghdad.

 

A ce moment-là, j’étais en Syrie avec l’armée Salah ad-Din avec l’intention de participer au Jihad. Il reçut des nouvelles du départ de l’armée de Baghdad de ses courriers et dit : « Je peux prévoir ce que vous apportez les nouvelles de leur défaite. » Quelqu’un présent lui demanda : « Comment cela ? » « Il n’y a aucun doute, » répondit-il « que mes hommes et ma famille sont plus informés de la guerre que le vizir et nos soldats sont plus obéissants que les siens. Néanmoins, je n’envoie aucun d’entre eux à la tête d’un escadron sans craindre pour lui. Ce vizir n’est pas informé de la guerre et il est nouveau pour tenir l’autorité. Les émirs ne le considèrent pas capable d’être obéit et il s’est personnellement engagé à faire la guerre sur un sultan vaillant. Qui donc avec lui, lui obéira ? » Et c’est ainsi que l’affaire se termina. Les nouvelles lui parvinrent de leur défaite et il dit à ses suivants : « Je vous ai dit ceci et cela et maintenant les résultats sont arrivés. »

 

Chronologiquement ce rapport aurait dû être rapporté plus tôt mais nous l’avons retardé pour que les événements précédents puissent être enregistrés en succession les uns après les autres parce qu’ils sont tous reliés (Propos d’Ibn al-Athir).  

 


Chapitre Trois

 

Présentation des acteurs et résumé de la troisième croisade

 

Les principaux acteurs de la troisième croisade furent la France, l’Angleterre et l’Allemagne. L’armée allemande de plus de 100.000 croisés, et c’est là le chiffre le plus bas de ce qu’ont rapporté les historiens musulmans, fut conduite par l’empereur Frederick I Barbarossa et quitta l’Allemagne pour la Hongrie (majar) puis Constantinople ou elle arriva en l’an 585 de l’Hégire (1189). L’empereur byzantin Isaac Angelos fut saisit de frayeur lorsqu’il vit cette immense armée débarquer sur ses terres du fait que les Allemands qu’il craignait étaient les alliés de ses ennemis les Normands et il envoya aussitôt un messager à Salah ad-Din pour l’informer de l’arrivée de cette armée. Même si les Byzantins et les Musulmans se faisaient la guerre et étaient ennemis, les Byzantins ou les Chrétiens orthodoxes préféraient les Musulmans aux chrétiens catholiques.    

 

Au mois de Safar de l’année 586 de l’Hégire (1190), l’empereur allemand traversa le Bosphore et débarqua en Asie Mineure avec son armée ce qui signifiait qu’il entendait passer par les terres de Kilij Arsalan Ibn Mas’oud Ibn Kilij Arsalan.     Les tribus turcomanes présentes en Asie mineure attaquèrent les croisés allemands et réussirent malgré leur nombre inférieur à leur infliger de lourdes pertes en plus de les priver d’eau, de nourriture, de combustibles et de ration pour les montures. Cependant, quand les Allemands arrivèrent en Arménie, les Arméniens leur fournirent toute l’aide possible pour les relever ce qui permit aux Allemands de reprendre leur chemin confiants pour la Syrie mais au cours d’une traversée d’un fleuve l’empereur tomba de sa monture et se noya ce qui refroidit totalement l’ardeur des croisés et son fils le nouvel empereur Frederick de Souabia (Souabe) ne put faire revenir à la raison les troupes si bien que l’armée se divisa et un grand nombre d’entre eux retournèrent en Allemagne.

Transportant le corps de son père mort dans un tonneau plein d’alcool pour éviter la corruption du corps et avec les soldats qui était resté avec lui, Frederick de Souabia se dirigea vers Tyr (sour) ou il enterra son père. Puis il se rendit à Antioche ou il embarqua sur un navire pour Acre (‘akkah) et ainsi l’armée croisée allemande faillit. Ibn al-Athir a rapporté à ce propos de cette armée : « N’était-ce la miséricorde d’Allah sur Ses serviteurs et la noyade de l’empereur, la Syrie et l’Egypte serait tombés ».

 

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