CROISADES

De ce que fit la flotte sicilienne

 

Quand Salah ad-Din investit Lattaquié, la flotte sicilienne, que nous avons mentionné auparavant, arriva et jeta l’ancre en face du port de Lattaquié. Après que les croisés qui s’y trouvaient eurent abandonné la ville à Salah ad-Din, les membres de cette flotte se résolurent à saisir par colère et exaspération chaque habitant pour avoir abandonné la ville si vite. Les gens de Lattaquié entendirent cela et décidèrent de rester en échange de payer la Jizyah. C’est donc la raison pour laquelle ils restèrent.

 

Le commandant de la flotte demanda un sauf conduit pour un entretien avec le sultan qui lui fut accordé. Il arriva donc et embrassa la terre devant lui et dit : « Vous êtes un sultan charitable et noble. Vous avez fait ce que vous avez fait aux croisés et ils ont été humiliés. Laissez les maintenant être vos Mamalik et vos soldats par qui vous conquerrez des terres et des royaumes. Restituez-leur leurs terres sinon, il viendra de l’autre côté de la mer ce contre quoi vous n’aurez aucun pouvoir pour y faire face. La situation deviendra difficile pour vous et votre position critique. » Le sultan lui répondit avec des propos similaires en exprimant la force et en dépréciant tous qui pourraient venir des mers et que s’ils venaient, il leur ferait goûter la mort et la captivité comme il avait déjà fait à ceux qui les avaient précédés. Le commandant se signa et retourna chez ses hommes.

 

De la conquête de Sahyoun et de plusieurs forteresses

 

Salah ad-Din quitta Lattaquié le 27 du mois de Joumadah Awwal pour le fort de Sahyoun, qui est un puissant et très haut fort difficile d’accès situé sur l’éperon d’une colline et entouré par une profonde vallée étroite d’où une pierre lancée par un trébuchet pourrait atteindre la forteresse. Cependant, sur le côté nord de la colline et relié au fort, il creusa un profond fossé dont le fond était hors de vue et cinq puissants murs. Salah ad-Din établit le camp sur cette colline qui est près du château où il déploya ses trébuchets et le bombarda.

Sur ses ordres son fils, az-Zahir, le seigneur d’Alep, se rendit dans la vallée étroite et monta d’autres trébuchets puis bombarda aussi la forteresse. Il avait avec lui un grand nombre de fantassins d’Alep qui étaient célèbres et bien connus pour leur bravoure. Leur jet de de flèches d’arcs et d’arbalètes, de balistes et d’onagres fut continu si bien que la plupart des défenseurs de la forteresse furent blessés mais ils continuèrent à montrer du courage et de la résistance.

Les musulmans donnèrent un assaut le 2 du mois de Joumadah Thani en s’accrochant au bord de cette colline que les croisés avait négligée de protéger et grimpèrent de là entre les roches jusqu’à ce qu’ils aient gagné le mur extérieur ou ils engagèrent les défenseurs et le saisirent. Ils luttèrent alors contre les croisés sur les murs restants et prirent trois d’entre eux dans lesquels se trouvait le bétail, les chevaux, les échoppes et d’autres choses qu’ils saisirent. Les croisés se réfugièrent dans le donjon du château où les Musulmans les attaquèrent. Ils poussèrent des cris et demandèrent un sauf-conduit que Salah ad-Din ne leur accorda pas mais leur imposa la même rançon qu’à Jérusalem. Il reprit alors la forteresse et l’a donna à un émir appelé Nassir ad-Din Mankoubars, le seigneur du château d’Abou Qoubays, qui la fortifia et en fit une des plus imprenables forteresses.

 

Lorsque les Musulmans eurent pris Sahyoun, ils se dispersèrent dans les régions et prirent le fort de Balatounous. Les croisés qui s’y trouvaient s’étaient déjà enfui et l’avait abandonné par peur et panique. Salah ad-Din prit aussi le fort de ‘Aydou et ce de Jamahiratayn. Le dominion de l’Islam s’étendit dans cette région bien que la route n’était pas praticable parce qu’une partie se trouvait dans les mains des ismaéliens et l’autre des croisés.

 

De la conquête de la forteresse de Bakas et d’as-Shoughr

 

Salah ad-Din quitta Sahyoun le 3 du mois de Joumadah Thani et arriva au château de Bakas pour voir que les croisés l’avait évacué et s’étaient fortifiés dans le château d’as-Shoughr. Il prit donc Bakas sans lutte et procéda à as-Shoughr qu’il mit sous siège. Ces deux forts étaient sur une route aisée qui était empruntée pour aller à Lattaquié, Jabalah et les terres de la Syrie Islamique que Salah ad-Din avait conquis.

Quand il campa près d’as-Shoughr, il vit que sa puissance était au-delà de tout espoir de l’atteindre par un quelconque moyen. Cependant, il ordonna de lancer des assauts et d’ériger un trébuchet pour l’attaquer. Cela fut fait et le trébuchet fut activé mais seules quelques pierres qui n’eurent aucun effet atteignirent la forteresse. Durant quelques jours, les Musulmans restèrent sans le moindre espoir tandis que les défenseurs n’étaient pas concernés par le combat parce qu’ils étaient protégés de tous les maux qui pourrait les toucher ou d’une quelconque malchance qui pourrait s’abattre sur eux.

Alors que Salah ad-Din étaient assis avec ses compagnons discutant à propos de la forteresse et de ce qui pourrait être utilisé pour l’atteindre, l’un d’entre eux dit : « Cette forteresse est comme Allah Tout Puissant a dit : « Ainsi, ils ne purent guère l’escalader ni l’ébrécher non plus. » (Qur’an 18/97) Salah ad-Din ajouta : « À moins qu’Allah Exalté n’apporte Son aide et une victoire » et pendant qu’ils parlaient ainsi, un croisé apparut devant eux et demanda un sauf-conduit pour qu’un envoyé puisse se présenter devant Salah ad-Din. Cela fut accordé et un envoyé descendit et demanda un délai de trois jours. S’ils ne recevraient aucun renforts, ils abandonneraient le château avec son contenu, les marchandises, les montures et autre. Il accepta leur demande et prit des otages d’eux pour garantir leur bonne foi.

Quand le troisième jour arriva à savoir le vendredi 16 Joumadah Thani, ils lui remirent le fort.

La raison pour laquelle ils demandèrent un délai est qu’ils avaient envoyé une demande d’aide à Bohémond, le seigneur d’Antioche et le souverain de cette forteresse, pour lui dire qu’ils étaient assiégés et lui demander d’agir pour que les Musulmans lèvent le siège et que s’il ne faisait pas ainsi, ils y renonceraient mais ils firent cela uniquement parce qu’Allah Tout Puissant jeta la terreur dans leurs cœurs sans quoi, ils seraient restés là longtemps sans que personne ne puisse les aurait atteindre et les Musulmans n’auraient rien achevés contre eux. Lorsque Salah ad-Din reprit la forteresse, il l’a donna à un émir appelé Kilij à qui il ordonna de le rénover avant de partir.

 

De la conquête de Sarminiyah

 

Quand Salah ad-Din avait été occupé avec ces forts et ces forteresses, il envoya des ordres à son fils az-Zahir Ghazi, le seigneur d’Alep, pour assiéger Sarminiyah et bloquer ses habitants. Ce dernier les persuada de capituler en échange d’un impôt qu’il leur imposa. Après les avoir réduits et prit l’impôt, il détruisit la forteresse et effaça toute trace.

Dans cette forteresse et d’autres châteaux se trouvait un grand nombre de Musulmans captifs qui furent libérés et à qui il fut fourni des vêtements et de l’argent. Cette conquête eut lieu le vendredi 23 Joumadah Awwal.

La conquête de cette forteresse et de toutes les forteresses de Jabalah à Sarminiyah, en dépit d’être si nombreuses, eurent lieu sur une durée de six semaines bien qu’ils aient été entre les mains des plus braves des hommes et des plus hostiles aux Musulmans. Que les Louange soient à Celui qui, quand Il veut faciliter ce qui est difficile, fait ainsi. Toutes ces forteresses dépendaient d’Antioche qui ne retint qu’al-Qoussayr, Baghras et Darbsak, ce qui sera rapporté si Allah Exalté le veut.

 

 

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