CROISADES

De la conquête de Hanin

 

Quand Salah ad-Din prit Tibnin, la garnison de Hanin avait refusé d’abandonner, une des plus puissantes et plus imprenables forteresses. Il décida de ne pas se détourner pour s’en occuper et ne pas se laisser distraire par un siège mais     il envoya plutôt un détachement de troupes et d’émirs qui l’assiégèrent et empêchèrent toutes réserves d’y parvenir. Il fut alors occupé, comme nous avons décrit, avec la conquête d’Ascalon, de Jérusalem et du reste. Pendant qu’il assiégeait Tyr, la garnison de Hanin demanda des conditions qu’il accorda. Ils capitulèrent donc et descendirent de la forteresse tandis que les conditions accordées furent honorées.

 

Du siège de Safad, de Kawkab et de Karak

 

Quand Salah ad-Din marcha sur Ascalon, il laissa des hommes au château de Kawkab qui dominait le Jourdain pour l’assiéger, garder la route contre ceux qui l’empruntaient et pour empêcher les croisés de descendre et la couper. Il envoya un autre détachement de soldats au fort de Safad qui dominait la ville de Tibériade qu’ils mirent sous siège.

 

Le château de Kawkab appartenait[6] aux Hospitaliers et celui de Safad aux Templiers. Tous les deux étaient près du site de la bataille de Hattin. Ils fournirent le refuge à certains Templiers et Hospitaliers qui y survécurent et tinrent les places. Quand les Musulmans les assiégèrent tous les deux, les gens furent soulagés des cruautés de leurs voisins et les routes furent de nouveau ouvertes si bien qu’un homme seul pouvait voyager sans crainte.

 

Le commandant des hommes qui assiégeaient Kawkab était un émir appelé Sayf ad-Din, le frère de Jawouli al-Assadi, un homme audacieux et brave respectueux pour la religion et pieux. Il resta à son poste jusqu’à la fin du mois de Shawwal. Ses hommes veillaient à tour de rôle et la dernière nuit de Shawwal un homme négligea son tour de garde après avoir exécuté ses prières de nuit jusqu’à l’aube. Cette nuit fut couverte de tonnerre, d’éclairs de vent et de pluie et avant que les Musulmans qui dormaient réalisent ce qui arrivait, les croisés furent sur eux avec leurs épées et les tuèrent tous. Ils saisirent alors la nourriture, les armes et retournèrent dans leur fort. Cela les renforca tellement qu’ils furent capable de tenir le château jusqu’à ce qu’il fut pris vers la fin de l’année 584 de l’Hégire (1189), ce que nous rapporterons si Allah Exalté le veut.

 

Ces nouvelles parvinrent à Salah ad-Din alors qu’il quittait Tyr et lui firent beaucoup de peine en plus de son chagrin de la perte de ses galères, de leur chargement et son retrait de Tyr. Il posta alors à la forteresse de Kawkab, l’émir Qaymaz an-Najmi avec une autre compagnie de troupes qui poursuivirent le siège.

 

Du désaccord à Arafat et du meurtre d’Ibn al-Mouqaddam

 

Le jour de ‘Arafat de cette année, Shams ad-Din Muhammad Ibn ‘Abdel-Malik, surnommé (connu sous le nom d’) Ibn al-Mouqaddam fut tué à Arafat. Il était un des émirs aînés de Salah ad-Din, dont la gloire a déjà été suffisamment mentionnée. Sa mort arriva comme suit.

Après la conquête musulmane de Jérusalem, il demanda à Salah ad-Din la permission d’accomplir le Pèlerinage, de revêtir l’Ihram (vêtements de pèlerin) à Jérusalem pour pouvoir accomplir dans une année, le Jihad, le Pèlerinage (al-Hajj), une visite au sanctuaire de l’Ami d’Allah Ibrahim (Saluts et Bénédictions d’Allah) ainsi qu’aux sanctuaires des autres Prophètes (paix sur eux) en Syrie et la visite de la Mosquée du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui). La permission lui fut donc accordée.

Cette année, une grande multitude de pèlerins s’étaient rassemblés en Syrie venus des différentes terres, d’Irak, de Mossoul, de Diyar Bakr, d’al-Jazirat, de Khilat, d’Anatolie, d’Egypte et d’autres, pour joindre les visites des pèlerin tant à Jérusalem qu’à La Mecque. Salah ad-Din leur nomma pour émir Ibn al-Mouqaddam et ils arrivèrent sains et saufs à ‘Arafat, ou ils exécutèrent les rituels de la station (Ouqouf) sur le site.

La veille du déferlement de ‘Arafat, il s’apprêtât avec ses hommes et ordonna de battre les tambours, le signe du départ et ses hommes les battirent dûment. L’émir des pèlerins irakiens, Moujir ad-Din Tashtakin, lui envoya un messager pour lui ordonner de ne pas partir avant lui de ‘Arafat et de demander à ses hommes de stopper le battement des tambours. Il répondit : «  Je n’ai rien à voir avec toi, tu es l’émir du pèlerinage des Irakiens et moi des Syriens. Chacun de nous peut faire ce qu’il décide et choisit. » Et il se mit alors en route sans tarder sans écouter ses paroles. Quand Tashtakin vit sa détermination de lui désobéir, il monta avec ses officiers et soldats suivit par une vaste foule et un grand nombre de canailles, d’oisifs et d’agitateurs du corps de pèlerins irakiens. Ils poursuivirent les pèlerins syriens pour les intimider et quand ils arrivèrent près d’eux, l’affaire devint incontrôlable et ils furent incapables de gérer la situation. Les provocateurs irakiens attaquèrent violemment les pèlerins syriens et en tuèrent un certain nombre, pillèrent leurs biens et saisirent certaines de leurs femmes bien qu’elles furent rendues plus tard. Ibn al-Mouqaddam reçut plusieurs blessures et empêcha ses gens de répondre à la violence. L’aurait-il permis, il leur aurait rendu justice et bien plus. Cependant, il se soucia d’Allah, de la sainteté de l’endroit et du jour. Lorsqu’il fut affaibli par ses blessures, Tashtakin le ramena dans sa tente et le logea pour le soigner et réparer le manque de considération qu’il avait eu à son égard.

Cette nuit, ils quittèrent ‘Arafat et le jour suivant, il mourut à Mina et fut enterré dans le cimetière de Malah. Ainsi le martyre lui fut accordé après ses efforts dans le Jihad et sa participation lors de la conquête de Jérusalem (puisse Allah lui faire miséricorde).

 

 

Au mois de Rabi’ Thani de cette année, il y eut un feu dans les entrepôts à Baghdad et beaucoup de bois fut brûlé. La raison est due au fait qu’un juriste de la Madrassah Nizamiyah fit cuire un peu de nourriture pour son repas et l’oublia.     Le feu se répandit et s’étendit aux entrepôts et dans le voisinage qui furent consommés dans les flammes.

 

Minbar Salah ad-Din dont la construction fut ordonnée par Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki, miséricorde d’Allah sur eux (Masjid al-Aqsa)

Masjid as-Sakhra (Mosquée du Dome – Pierre d’ou le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) s’éleva pour les Cieux lors d’al-Isra wal-M’iraj)

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