CROISADES

Quand Salah ad-Din eut accompli la prière de vendredi, il ordonna la réparation de la Mosquée al-Aqsa et l’utilisation de tous les moyens pour l’embellir, l’orner et restituer ses exactes inscriptions. Il fit apporter du marbre incomparable, des mosaïques dorées de Constantinople et d’autres choses nécessaires qui avaient été conservées durant de longues années. La restauration débuta et les images dans ces bâtiments furent effacées.

Les croisés avait posé un dallage de marbre au-dessus de la Roche et l’avait recouverte et Salah ad-Din ordonna de la dévoilée à nouveau. La raison est due au fait que les prêtres vendirent une grande partie de la Roche aux Chrétiens qui venaient d’outre-mer pour le pèlerinage qui achetaient des fragments pour leurs poids en or en espérant profiter de sa sainteté. Quand l’un d’entre eux revenait dans sa patrie, il construisait une église pour ce petit morceau qu’il plaçait sur un autel. Un de leur roi craignit que toute la roche disparaisse et ordonna donc de la sceller pour la préserver.

Lorsque la Roche fut dévoilée, Salah ad-Din y transféra de magnifiques copies du Qur’an et des pupitres parfaits pour la lecture. Il établit aussi des lecteurs réguliers de Qur’an et leur fournit de larges salaires. L’Islam fut de nouveau restitué dans la place purifiée et embellie.

 

L’acte béni de la conquête de Jérusalem ne fut accompli par personne depuis l’époque de ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui) excepté par Salah ad-Din (puisse Allah lui faire miséricorde) et c’est là un honneur et une gloire suffisante.

 

La population chrétienne resta et entreprit la vente à très bon marché de ses biens mobiliers, de leurs échoppes et objets de valeur qu’ils ne pouvaient ni transporter et ni porter. Les commerçants qui suivaient l’armée musulmane les achetèrent tout comme les Chrétiens locaux de Jérusalem qui n’étaient pas des croisés. Ces     Chrétiens demandèrent à Salah ad-Din la permission de rester dans leurs habitations et en échange du paiement d’un tribut ce qu’il leur accorda et ils achetèrent alors quelques propriété des croisés qui avaient abandonné aussi beaucoup de choses qu’ils ne pouvaient pas vendre tels que les lits, les coffres, les barils etc. Ils laissèrent aussi beaucoup de marbre dont nul pareil ne pouvait être trouvé, des colonnes et les dalles, des mosaïques et d’autres choses. Et ainsi, ils partirent tous.

 

De la marche de Salah ad-Din sur Tyr pour l’investir

 

Lorsque Salah ad-Din eut conquis Jérusalem, il resta à l’extérieur de la ville jusqu’au 25 du mois de Sha’ban, arrangeant les affaires et l’état de la ville. Il ordonna la construction d’hospices et de Madrassah. La résidence des Hospitaliers fut convertie en Madrassah d’une absolue beauté pour les Shafi’i. Quand il finit l’organisation de la ville, il se mit en route pour Tyr où un immense nombre de croisés s’était rassemblés et dont le souverain et l’autorité était le marquis. Il administra très bien les croisés et fit son maximum pour renforcer la ville.

Salah ad-Din arriva à Acre et y resta quelques jours. Quand le marquis fut informé de son arrivée, il redoubla d’efforts sur le mur de Tyr et le fossé qu’il approfondi et connecta à la mer de l’autre côté. La ville devint comme une île au beau milieu de la mer avec l’impossibilité d’y accéder ou d’y approcher.

Puis Salah ad-Din quitta Acre et arriva devant Tyr le 9 du mois de Ramadan et campa près d’une rivière proche de ville d’où il pourrait l’observer jusqu’à ce que ses hommes l’ait rejoint. Il avança alors le 22 du mois de Ramadan de cette même année et campa sur une colline près de la muraille où il pourrait observer la bataille. Il donna les plans de la bataille à ses troupes et alloua à chaque détachement une période fixe de combat pour les défenseurs soient continuellement retenus. Cependant, l’endroit où ils devaient lutter était une courte étendue qu’une petite compagnie de garnison pouvait défendre, protégés comme ils étaient par les fossés alimentés directement par l’eau de mer et que les oiseaux pouvaient à peine survoler.

La ville ressemblait à une main dans la mer avec son avant-bras lui-même entouré d’eau et raccordé avec le territoire principal. Le combat était seulement possible sur l’avant-bras. Plus d’une fois les Musulmans attaquèrent avec des trébuchets, des catapultes, des balistes[3] et tours de siège. La famille de Salah ad-Din, son fils al-Afdal, son fils az-Zahir Ghazi, son frère al-‘Adil et son neveu Taqi ad-Din et aussi tous les autres émirs prirent leur tour dans le combat.

 

Les croisés, qu’Allah les maudisse, avaient des galères et des barges (harraqa) qu’ils mirent à la mer et postèrent des deux côtés de l’endroit où les Musulmans retenaient la garnison et tirèrent sur leurs flancs avec des arbalètes. Cette attaque leur fut pénible parce que la garnison les retenait d’en haut et les hommes dans les galères sur les côtés. Leurs flèches passèrent d’un bord à l’autre à cause de l’exiguïté de leur position et beaucoup de Musulmans furent blessés ou tués en plus d’être incapable d’approcher près de la ville.

Salah ad-Din fit donc venir des galères, dix vaisseaux en tout, qui était venu d’Egypte et qui étaient ancrées à l’Acre. Il les convoqua avec leurs équipages, des combattants et des armes. Ils empêchèrent ainsi les galères des hommes de Tyr de retenir les Musulmans et ces derniers furent dès lors capables de s’approcher de la ville et l’attaquer tant par terre que mer et appuyèrent durement sur les défenseurs si bien qu’ils furent presque victorieux. Alors le destin provoqua ce que personne n’avait escompté. Cinq des galères musulmanes passèrent une de ces nuits ancrées en face du port de Tyr pour prévenir l’entrée ou la sortie. Ils passèrent la nuit à surveiller attentivement. Leur commandant était ‘Abdes-Salam al-Maghribi, un matelot connu pour son habileté et pour sa bravoure. Quand l’aube arriva, ils se sentirent sûrs et prirent un peu de sommeil. L’instant d’après, les galères croisé étaient tombée sur eux, les avait encerclés puis submergés. Les croisés tuèrent qui ils voulurent tuer et saisirent le reste avec leurs navires et les prirent dans le port de Tyr, sous les yeux des Musulmans sur terre. Plusieurs des marins musulmans se jetèrent par-dessus le bord des galères. Certains réussirent à gagner la sécurité mais les autres se noyèrent.

Salah ad-Din ordonna aux galères restantes de naviguer à Beyrouth puisqu’elles n’étaient plus utiles à cause de leur petit nombre. Ils levèrent donc les voiles mais ils furent poursuivis par les galères croisées. Quand les Musulmans à bord des navires virent les croisés à leur poursuite ils accostèrent, se sauvèrent et abandonnèrent leurs navires. Salah ad-Din protégea les hommes et brisa les navires avant de revenir à l’assaut de Tyr par la terre mais c’était peu utile à cause de l’approche étroite.

 

Un jour, les croisés sortirent en avant et luttèrent contre les Musulmans au-delà de leurs fossés et il s’ensuivit un violent affrontement qui dura jusqu’à la fin du jour. Ils se retirèrent avant la fin (du temps) de la prière d’après-midi. Un grand chevalier célèbre fut pris captif après qu’il y eut des deux côtés un grand nombre de combats et de tués autour de lui après qu’il tomba et il fut exécuté. Cette situation dura un certain nombre de jours.

 

Du départ de Salah ad-Din de Tyr pour Acre et de la dispersion des troupes

 

Quand Salah ad-Din vit que l’opération de Tyr serait une longue, il     partit comme c’était son habitude. Chaque fois qu’une ville résistait fermement, fatigué par les combats et le siège, il l’abandonnait.

Durant cette année, il ne resta longtemps dans aucune ville et les conquit toutes en quelques jours sans fatigue ni épreuve, comme nous l’avons déjà rapporté. Quand lui et ses hommes virent combien difficile était la position de Tyr, ils devinrent impatients et demandèrent à partir. Personne ne fut à blâmer pour cela mais Salah ad-Din fut la personne qui envoya les troupes croisées là, leur fourni la main-d’œuvre et les ressources des populations d’Acre, d’Ascalon, de Jérusalem et d’ailleurs, comme nous l’avons dit auparavant. Il leur donna des saufs conduits et les envoya à Tyr et ainsi les chevaliers croisés survivants de la côte sont venus là avec leur argent, l’argent des commerçants et d’autres. Ils tinrent la ville et écrivirent en plus aux croisés d’outremer pour demander leur aide. Ils leur répondirent favorablement et leur promirent assistance. Ils leur demandèrent de tenir Tyr pour que cela puisse devenir un point de ralliement et une base où ils pourraient être sûrs de trouver refuge. Cela augmenta donc leur ardeur pour tenir et défendre l’endroit.

 

Si Allah Exalté le veut, nous mentionnerons la suite que ces événements engendrèrent afin que nul souverain ne renonce à ses résolutions même si le destin est contre lui. Echouer résolu est mieux que réussir négligent et perdre sa détermination est plus susceptible de le justifier aux yeux des hommes[4].

 

Quand Salah ad-Din décida de partir, il consulta ses émirs qui n’étaient pas unis. Certains dirent : « Le meilleur plan est de partir. Les hommes ont été blessés et tués. Ils sont las et leur paie est épuisée. L’hiver est arrivé et le champ de bataille sous la boue. Permet-nous de nous reposer et de nous rétablir pendant ce froid. Quand le printemps viendra, nous nous rassemblerons et reviendrons ici et ailleurs. » Ce fut ce que les riches parmi eux dirent comme s’ils craignaient que le sultan, s’il restait leur emprunterait de     l’argent pour l’armée car ses caisses de campagne et les trésoreries étaient dépourvues de dirhams et de dinars parce qu’il avait dépensé tout ce qui lui avait été apporté[5]. Un autre groupe dit : « Le meilleur plan est de persévérer contre la ville et d’appuyer durement. C’est leur forteresse dont ils dépendent. Quand nous la prendrons d’eux, tous les espoirs de ceux au-delà de la mer pour cet endroit deviendront caducs et nous prendrons le reste du territoire avec une grande facilité. »

 

Salah ad-Din continua à hésiter entre le fait de partir et le fait de rester. Quand ceux qui voulaient partir virent qu’il restait encore, ils négligèrent leur part du combat et d’opérer les trébuchets. Ils donnèrent l’excuse que leurs hommes étaient blessés ou qu’ils avaient envoyé certains d’entre eux soit chercher des réserves d’argent, soit du fourrage pour leurs animaux, soit des provisions pour eux et d’autres excuses similaires et ils finirent par abandonner complètement le combat.

Forcé de se retirer, Salah ad-Din partit pour Acre à la fin du mois de Shawwal. Il congédia toutes les armées pour qu’elles reviennent dans leurs patries et se reposer durant l’hiver et revenir au printemps. Les armées de l’Est, Mossoul et d’autres partirent aussi bien que celles de Syrie et d’Egypte. Sa garde spéciale resta résidente dans Acre ou il résida lui-même dans la citadelle et confia les affaires de la ville à ‘Izz ad-Din Jourdik, un des Mamalik supérieurs de Nour ad-Din qui avait unit la vraie religion, la bravoure avec la bonne administration.

 

Minbar Salah ad-Din dont la construction fut ordonnée par Nour ad-Din Mahmoud Ibn Zanki, miséricorde d’Allah sur eux (Masjid al-Aqsa)

Masjid as-Sakhra (Mosquée du Dome – Pierre d’ou le Messager d’Allah (sallallahou ‘aleyhi wa sallam) s’éleva pour les Cieux lors d’al-Isra wal-M’iraj)

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