CROISADES

De la conquête de Majdal Yabah

 

Quand Salah ad-Din eut vaincu les croisés, il envoya un messager à son frère al-’Adil en Egypte pour lui annoncer ces bonnes nouvelles mais aussi pour lui ordonner d’avancer sur le territoire croisé depuis l’Egypte avec les troupes qui étaient restées avec lui et assiéger les parties les plus proches. Il s’empressa d’obéir, marcha de l’Egypte et descendit à Majdal Yabah qu’il encercla et pilla puis sa lettre annonçant ces bonnes nouvelles parvint à Salah ad-Din.

 

La chute de plusieurs forteresses

 

Pendant la période de son séjour à Acre, Salah ad-Din envoya de différents détachements de ses troupes à Nazareth, Césarée, Hayfa, Saffouriyah, Ma’layah, Shaqif, Foulah et d’autres villes dans le voisinage d’Acre. Ces villes furent prises et pillées, les hommes fait prisonniers et leurs femmes et enfants prit en esclavages. Le nombre d’entre eux qu’ils apportèrent boucha les horizons.

Salah ad-Din dépêcha Taqi ad-Din pour camper devant Tibnin pour empêcher les provisions d’y parvenir ainsi qu’à Tyr. Il envoya aussi Houssam ad-Din ‘Omar Ibn Lajin avec une force vers Naplouse. Il se rendit à Sébastée où se trouvait le tombeau de Zakariyyah (paix sur lui) qu’il prit des mains des chrétiens locaux et rendit la ville aux Musulmans. Quand ils atteignirent Nablous (Naplouse), il entra dans la ville et assiégea la citadelle dont il convainquit les défenseurs de capituler sous des conditions. Il reprit la citadelle mais les habitants de la ville restèrent dans la place et furent assurés sur leurs propriétés et affaires.

 

La conquête de Jaffa

 

Lorsqu’al-‘Adil quitta l’Egypte et qu’il prit Majdal Yabah, comme nous l’avons rapporté, il procéda vers la ville côtière de Jaffa, l’assiégea et l’ayant prise par la force des armes, la ravagea, captura les hommes et asservit les femmes. Les habitants subirent ce que nuls habitants des autres villes de ces régions ne subirent.

 

Quand j’étais dans Alep, j’avais une fille esclave de ces gens de Jaffa qui avaient un enfant d’environ un an qui tomba de ses bras et s’érafla le visage. Elle pleura beaucoup pour lui. Je l’ai calmée et lui ai dit qu’il n’y avait rien de vraiment grave pour le garçon qui nécessitait une telle quantité de pleur. Elle répondit : « Ce n’est pas pour lui que je pleure mais pour ce qui nous est arrivé. J’avais six frères qui ont tous péri et un mari et deux sœurs dont j’ignore tout ce qui leur est arrivé. » Si cela fut le cas pour une simple femme que dire alors de ce qui est arrivé au reste

 

Dans Alep, je vis aussi une femme croisé qui était venue à une porte avec son maître. Il frappa à la porte et le propriétaire de la maison sortit et parla avec eux puis, il fit sortir une autre femme croisé. Quand la première aperçu l’autre, elles ont toutes les deux poussé des cris et se sont embrassés en criant et en pleurant avant de s’assoir sur le sol et se mirent à parler entre elles. Il s’avéra que c’était deux sœurs – ils avaient un certain nombre de membres de famille sans rien connaitre à propos d’aucun d’entre eux.

 

La conquête de Tibnin, Sidon, Joubayl et Beyrouth

 

Quant à Tibnin, nous avons rapporté que Salah ad-Din y dépêcha son neveu Taqi ad-Din qui l’assiégea aussitôt qu’il arriva dans la place. Il vit que son siège réussirait seulement avec l’arrivée de son oncle, Salah ad-Din. Il lui envoya donc un messager pour l’informer de la situation et lui conseilla de venir.

Le 8 du mois de Joumadah Awwal, Salah ad-Din se mit en route et arriva le 11. Il mit la ville sous un siège étroit et donna des assauts répétés bien que le fort soit sur une colline. Quand la situation des défenseurs devint sérieuse et que le siège s’intensifia, ils libérèrent les captifs musulmans qu’ils retenaient et qui étaient plus d’une centaine. Quand ils arrivèrent dans le camp, Salah ad-Din les rassembla, leur fournit des vêtements et de l’argent et leur envoya à leurs familles. Les croisés restèrent ainsi durant cinq jours puis demandèrent des conditions. Salah ad-Din leur garantit leurs vies et ils lui abandonnèrent donc le château. Il tint sa parole et les envoya dans un endroit sûr.

 

Puis Sidon fut la nouvelle destination de Salah ad-Din après qu’il s’occupa de Tibnin. Sur sa route, il passa par Sarafand qu’il prit facilement sans lutte avant de continuer à Sidon, une ville célèbre sur la côte. Quand son souverain fut informé de son approche, il quitta la ville et la laissa vide de tout défenseur. Quand Salah ad-Din arriva, il la prit à son arrivée le 21 Joumadah Awwal de cette année.

 

La prise de Beyrouth

Beyrouth était l’une des plus puissantes, des plus plaisantes et salubre villes sur la côte.

Après sa prise de Sidon, Salah ad-Din disposa immédiatement vers Beyrouth et y arrivé le jour suivant. Il vit que les habitants avaient complété la muraille et donné un spectacle de force, de fermeté et de préparation. Ils luttèrent violemment sur les murs durant plusieurs jours, induits en erreur par la force de la ville et en imaginant qu’ils étaient capables de la tenir. Les Musulmans donnèrent maints assauts et pendant que les croisés résistaient sur le mur, ils entendirent subitement un grand tumulte et une puissante agitation. Des hommes vinrent les informer que les Musulmans avaient forcé une entrée d’une autre direction. Ils enquêtèrent sur le rapport et n’y trouvèrent aucune vérité. Ils voulurent alors résister mais ils furent incapables de le faire à cause de la grande multitude qui s’était rassemblée et quand ils craignirent pour leurs propres vies à cause de la désunion qui avait éclaté, ils demandèrent des conditions. Salah ad-Din leur garantit leurs vies et leur propriété et reprit la ville le 29 Joumadah Awwal après un siège de huit jours.

 

Quant à Joubayl, son seigneur était un des captifs qui avaient été envoyés à Damas avec leur roi. Il parla avec le député de Salah ad-Din à Damas et lui proposa d’abandonner Joubayl à condition qu’il soit libéré. Lorsque Salah ad-Din fut informé de cela, il le fit amener enchainé et sous une stricte surveillance. L’armée était alors à Beyrouth. Quand sa forteresse fut rendue et les prisonniers musulmans qui s’y trouvaient libérés, Salah ad-Din le libéra puisqu’il s’était engagé à le faire. Ce seigneur de Joubayl était un des chefs croisés, un homme de politique, rusé et vil, proverbialement connut ainsi parmi eux. Il était un ennemi diabolique des Musulmans et sa libération fut une cause de faiblesse pour les Musulmans, comme cela deviendra clair.

 

De la venue du Marquis à Tyr

 

Après sa fuite de Hattin, le seigneur de Tripoli vint à Tyr pendant quelque temps. C’était la plus imprenable des villes côtières et la plus puissante pour s’opposer aux attaquants. Quand il vit que le sultan avait pris Tibnin, Sidon et Beyrouth, il craignit que Salah ad-Din attaque Tyr pendant qu’elle était dépourvue d’hommes pour lutter, la garder, la protéger et qu’il ne serait pas assez fort pour tenir la ville. Il partit donc à Tripoli et Tyr resta vide avec personne pour la défendre et la tenir contre les Musulmans. Aurait-il entreprit cela avant Tibnin et ailleurs, Salah ad-Din l’aurait pris sans difficulté mais il exagéra sa force et voulu écarter ses soucis de ses districts voisins pour que la ville soit plus facile à prendre. Ce fut la raison pour laquelle il a été décidé car pour le but d’Allah est un destin prédestiné

 

Il arriva qu’un croisé par-delà les mers nommé le marquis arriva en bateau avec beaucoup de richesse pour faire le pèlerinage et faire du commerce. Sans être conscient de ce qui était arrivé aux croisés, il s’ancra à Acre. Il devint méfiant quand il vit que l’habitude de la douane des croisés à l’arrivée de navires de croisé, de sonner les cloches et d’autres choses furent négligée et aussi quand il vit les vêtements des gens dans la ville. Il resta donc au large, ne sachant pas quelles étaient les nouvelles et aussi parce que le vent était tombé. Al-Afdal lui envoya un de ses hommes dans un bateau pour voir qui il était et ce qu’il voulait. Cet envoyé vint chez le marquis qui lui demanda quelles étaient les nouvelles doutant de lui. Il l’informa alors de la défaite des croisés, qu’Acre avait été prise et que les croisés tenaient Tyr, Ascalon et d’autres endroits. Il l’informa de la situation telle qu’elle était. Le marquis incapable de partir à cause de l’absence de vent renvoya l’envoyé avec des conditions pour lui permettre d’entrer dans le port avec ses marchandises et ses richesses ce qui lui fut accordé mais il le renvoya plusieurs fois en demandant quelque chose de supplémentaire qu’il n’avait pas demandée la fois précédente simplement en attendant que la brise souffle pour lui permettre de naviguer au loin et alors qu’il tergiversait, le vent se leva et il mit les voiles pour Tyr.

Al-Afdal envoya des galères pour le poursuivre mais ils ne rattrapèrent pas. Il débarqua à Tyr où une grande foule de croisés s’était déjà rassemblée, puisque Salah ad-Din, chaque fois qu’il conquerrait une ville comme Acre ou Beyrouth parmi d’autres, comme nous l’avons rapporté, garantissaient la vie des Chrétiens qui se rendirent tous à Tyr, si bien qu’un immense nombre d’entre eux se rassembla là, bien qu’ils n’aient aucun chef pour les unir et aucun commandant pour les mener à la bataille. Ils n’étaient pas des soldats et avaient l’intention de se mettre en contact avec Salah ad-Din, demander des conditions et abandonner la ville. Alors qu’ils étaient résolus à cela, le marquis arriva chez eux. Ils changèrent alors d’avis après qu’il leur eut remonté leur moral et s’engagea à tenir la ville pour eux et dépenser les richesses qu’il avait avec lui. Il stipula que la ville et sa banlieue devraient être sienne et à personne d’autre ce qu’ils acceptèrent. Il prit leurs serments, resta avec eux et organisa leurs affaires. Il était un démon parmi les hommes, un bon organisateur et défenseur et un homme de grande bravoure. Il commença à fortifier la ville, approfondir ses douves et répara ses murs ce qui augmenta beaucoup sa force. Les hommes acceptèrent de résister et de lutter pour la ville.

 

 

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