CROISADES

De la défaite mémorable des croisés à Hattin

 

Dans la matinée du samedi, cinq jours avant la fin de Rabi’ Thani, Salah ad-Din et les Musulmans enfourchèrent leurs montures et avancèrent contre les croisés qui montèrent aussi leurs chevaux et s’approchèrent les uns des autres. Cependant, les croisés intensément assoiffés avaient le moral bas. La bataille fut engagée, et devint féroce mais les deux côtés tinrent leurs positions.

L’avant-garde musulmane tira alors ses flèches semblable à un essaim de sauterelles et tuèrent beaucoup de croisés. Cet engagement survint après que les croisés se regroupèrent avec leur infanterie et que tout en luttant, ils se dirigeaient vers Tibériade dans l’espoir qu’ils pourraient atteindre l’eau.

Quand Salah ad-Din réalisa leur intention, il les en empêcha et se tint avec son armée face à avec eux et passa dans chaque rang musulman pour les encourager, en leur ordonnant ce qui serait le meilleur pour eux et interdisant ce qui leur serait préjudiciable. Les hommes obéirent à ses instructions et observèrent ses prohibitions.

Un de ses jeunes Mamelouk fit une charge extraordinaire contre la ligne croisé et lutta d’une manière qui sidéra nos hommes mais les croisés le submergèrent et le tuèrent. Quand il fut tué, les Musulmans firent une charge formidable. Ils affaiblirent les mécréants et tuèrent un grand nombre d’entre eux. En voyant le sérieux de la situation, le comte se rendit compte qu’ils n’étaient pas assez forts pour s’opposer aux Musulmans. Lui et ses partisans consentirent de charger les plus proches eux. Le commandant des musulmans dans ce secteur était Taqi ad-Din ‘Omar, le neveu de Salah ad-Din. Quand il vit les croisés charger d’une manière si désespérée, il sut qu’il ne pourrait pas tenir ferme pour leur faire face et ordonna donc à ses hommes de leur ouvrir un passage par lesquels ils pourraient quitter le champ de bataille ce qu’ils firent et le comte et ses hommes chevauchèrent au loin tandis que les rangs se refermèrent sur leur passage.

Certains des combattants volontaires musulmans mirent mis le feu là ou l’herbe sèche était riche et il se propagea tandis que le vent était contre les croisés et leur apporta la chaleur et la fumée du feu. La soif, la température élevée, la chaleur du feu, la fumée et la chaleur de la bataille se combinèrent contre eux. Quand le comte s’enfuit, leur moral s’effondra et ils furent alors que le point de capituler mais ils pensèrent qu’ils seraient seulement sauvés de la mort en y faisant face hardiment. Ils réalisèrent donc des charges successives qui reconduisirent presque les Musulmans de leurs positions en dépit de leurs nombres, n’était-ce la grâce d’Allah sur eux. Cependant, les croisés affaiblis stoppèrent leurs charges et se retirèrent. Les Musulmans les encerclèrent comme un cercle entoure son point central. Les croisés survivants grimpèrent sur une colline dans le district de Hattin dans l’intention d’ériger leurs tentes et de se protéger. Ils furent violemment attaqués de tous les côtés et empêché de faire ce qu’ils avaient planifiés excepté de monter la tente de leur roi. Les Musulmans capturèrent leur grande croix qu’ils appellent la « vraie croix, » prétendant qu’elle contient une partie de la structure de bois sur laquelle le Messie (paix sur lui) fut crucifié comme ils l’affirment. Sa saisie fut l’un de leur plus grand malheur après lequel ils furent convaincus qu’ils étaient condamnés à la mort et à la destruction. Pendant ce temps, la mort et la capture s’abattirent sur leurs cavaliers et leur infanterie. Le roi resta sur la colline avec environ 150 de ses cavaliers renommés et ses fameux guerriers.

 

Al-Afdal, le fils de Salah ad-Din m’a dit la chose suivante :

« J’étais au côté de mon père pendant cette bataille, la première dont je fus témoin. Alors que le roi des croisés était sur la colline avec ce groupe, ils firent une charge formidable contre les Musulmans qui leur faisaient face et les repoussèrent jusqu’à mon père. J’ai regardé vers lui et il était si chagriné que son teint était pâle. Il saisit sa barbe et avança en criant « faite mentir le diable. » Les Musulmans se rallièrent, revinrent à la lutte et grimpèrent la colline. Quand j’ai vu que les croisés s’étaient retirés poursuivis par les Musulmans, j’ai crié de la joie, « Nous les avons battus ! » Mais les croisés se rallièrent et chargèrent de nouveau comme la première fois et repoussèrent les Musulmans jusqu’à mon père. Il agit comme précédemment et les Musulmans retournèrent sur les croisés et les repoussés sure la colline. J’ai crié de nouveau « Nous les avons battus ! » mais mon père se tourna vers moi et me dit : « Soit tranquille ! Nous ne les avons pas battus tant que cette tente ne tombera pas. » Et pendant qu’il me parlait, la tente tomba. Le sultan démonta alors, se prosterna, rendit grâce à Allah Tout Puissant et pleura de joie.

La raison de sa chute est due au fait que les croisés lorsqu’ils firent ces charges, ils devinrent plus assoiffé car ils avaient espéré par l’une de ces charges s’échapper de la situation dans laquelle ils étaient mais quand ils ne trouvèrent aucune voie de fuite, ils démontèrent et s’assirent par terre. Les Musulmans grimpèrent jusqu’à eux et jetèrent à bas la tente du roi puis ils prirent tous les hommes prisonniers dont le roi, son frère, Renaud le seigneur de Karak, le plus hostile des croisés envers les Musulmans. Ils capturèrent aussi le seigneur de Joubayi, le fils d’Onfroy, le maître des Templiers qui était un des croisés les plus importants, un certain nombre de Templiers et un certain nombre d’Hospitaliers. Beaucoup de croisés furent tués ou prit prisonniers. En voyant le nombre de tués, nul n’aurait cru que quelqu’un ait été pris vivant et en voyant les captifs, nul n’aurait cru que quelqu’un ai été tué et depuis l’apparition des croisés sur la côte en l’an 491 de l’Hégire (1098), ils n’avaient pas subi un tel revers.

 

Quand les musulmans eurent finit avec eux, Salah ad-Din s’assit dans sa tente et fit venir le roi croisé et le seigneur de Karak. Il donna un siège à côté de lui au roi qui était presque mort de soif et lui offrit de l’eau glacée qu’il but et donna le reste au seigneur de Karak. Salah ad-Din dit : « Cet homme maudit a bu sans ma permission pour gagner un sauf-conduit. » Alors il s’adressa à lui et le réprimanda pour ses viles actions et ses trahisons répétées. Il se leva alors, lui fit face et trancha sa tête puis il dit : « Par deux fois j’ai fait le serment de le tuer s’il tombait en mon pouvoir ; une fois quand il voulut marcher sur La Mecque et Médine et de nouveau quand il saisit traîtreusement la caravane. » Lorsqu’il fut tué et trainé au loin, le roi trembla de peur mais Salah ad-Din calma ses terreurs et lui donna une garantie de sécurité.

 

Quant au seigneur de Tripoli, quand il s’enfuit de la bataille, comme nous l’avons rapporté, il se rendit à Tyr avant de repartir pour Tripoli ou il mourut seulement quelques jours après à cause du chagrin et de l’amère défaite qui était arrivé aux croisés en particulier et au Christianisme en général.

 

Du retour Salah ad-Din à Tibériade et de sa prise de la citadelle avec la ville

 

Lorsque les croisés furent défaits, Salah ad-Din resta où il était pour le reste du jour et le dimanche matin, il revint à Tibériade et campa près de la ville. La châtelaine demanda des conditions pour elle, ses enfants, ses partisans et ses possessions. Il lui accorda cela et elle partit avec tout. Il tint ses promesses et elle partit en sécurité. Alors il donna des ordres pour que le roi et toute la compagnie de prisonniers soient envoyés à Damas. Il ordonna aussi que les Templiers et les Hospitaliers qui avaient été pris soient rassemblés pour être exécuté. Il apprit que ceux qui détenaient un de ces prisonniers ne voulait pas le laisser partir en raison de la rançon qu’ils espéraient. Donc pour chaque prisonnier dans ces deux catégories, Salah ad-Din offrit cinquante dinars égyptiens et immédiatement 200 prisonniers lui furent apportés et il ordonna de leur trancher la tête. Il ordonna de les exécuter parce qu’ils étaient les plus féroces combattants de tous les croisés et voulut ainsi débarrasser les Musulmans de leurs cruautés. Puis, il écrivit à son lieutenant à Damas, en lui donnant l’ordre de tuer tous ceux d’entre eux qui étaient entrés dans la ville, qu’ils aient été les siens (les prisonniers qu’il avait envoyé) ou d’autres et cela fut exécuté.

 

Environ deux ans plus tard, je suis passé par le site de la bataille et vit la terre couverte de leurs os visibles de loin, certains entassé et d’autres dispersés çà et là sans parler de ceux qui avaient été emportés par le torrent ou par les bêtes sauvages dans les bosquets ou ceux qui s’étaient glissés dans les anfractuosités.

 

De la conquête de la ville d’Acre

 

Lorsque Salah ad-Din eut fini avec Tibériade, il quitta la ville le mardi et arriva à l’Acre le mercredi ou les défenseurs étaient montés sur la muraille affichant leur intention de tenir ferme et de résister. Salah ad-Din et ses hommes furent stupéfiés par cela car ils savaient que leurs troupes et leurs infanteries avaient été détruites ou prit en captivité et que seulement quelques-uns avaient survécu. Cependant, il fit son camp ce jour-là et le jeudi monta dans le but d’attaquer et d’engager la ville. Alors qu’il réfléchissait ou lancer son attaque, un grand nombre d’habitants sortirent pour se soumettre et demander des conditions qui leur furent accordées. Leurs vies et leurs propriétés furent garanties et il leur donna l’option de rester ou de partir. Ils choisirent de partir de peur des Musulmans et quittèrent la ville en désordre, emportant ce qu’ils purent de leurs bien et abandonnèrent le reste.

Les musulmans firent leur entrée le jeudi 1 du mois de Joumadah Awwal et célébrèrent la prière du vendredi dans la mosquée qui avait été autrefois musulmane. Les croisés l’avaient transformé en église mais Salah ad-Din la restitua en mosquée. Ce fut la première prière de vendredi célébrée sur le littoral syrien depuis la conquête croisée.

 

Salah ad-Din donna la ville à son fils al-Afdal et tous les revenus de fief, les villages et autres choses similaires qui avaient appartenues aux Templiers furent donnés au juriste ‘Issa. Ce que les croisés ne purent emporter fut emporté par les Musulmans et il y avait une si grande quantité qu’il fut impossible de compter. Il y avait beaucoup d’or, des bijoux, des     tissus fins, des armes et toutes sortes d’autres marchandises du fait que la ville était un terminal pour les croisés, les Grecs et d’autres marchands des terres lointaines ou proches. Une grande partie de tout cela avait été stockés dans des entrepôts par les négociants qui étaient partis à cause des prix bas et du manque de personnel pour les transporter.

Salah ad-Din et son fils al-Afdal distribuèrent tout cela à leurs partisans mais cela a surtout été fait par al-Afdal parce qu’il resta dans la ville et que sa générosité était célèbre. Salah ad-Din resta dans Acre quelques jours pour mettre ses affaires en ordre et établir son gouvernement.

 

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