CROISADES

Du siège de Karak par Salah ad-Din

 

Cette année, Salah ad-Din écrivit dans toutes ses terres et convoqua les hommes pour le Jihad fi Sabilillah. Il écrivit à Mossoul, les régions mésopotamiennes, Irbil et d’autres endroits à l’Est, en Egypte et toute la Syrie, en leur demandant de joindre le Jihad et de faire toutes les préparations possibles puis, il quitta Damas à la fin du mois de Mouharram avec sa propre troupe et se rendit à Ra’s al-Ma’ où les contingents syriens le rejoignirent. Quand ils se rassemblèrent, il en donna la charge à son fils al-Afdal ‘Ali pour que ceux qui arriveraient puissent se réunir autour de lui tandis qu’il partit lui-même pour Bosra sans caravane de bagages.

Il marcha vers cette destination parce qu’il avait été informé que Renaud, le seigneur de Karak, projetait d’attaquer les pèlerins et les intercepter sur leur route comme il l’avait clairement fait comprendre quand il s’était occupé des pèlerins, puis revenir vers la route de l’armée égyptienne et les empêcher de rejoindre Salah ad-Din. Il alla donc à Bosra pour empêcher Renaud de poursuivre les pèlerins et pour le forcer à rester anxieux dans sa ville. Parmi les pèlerins se trouvaient plusieurs parents de Salah ad-Din dont Muhammad Ibn Lajin un de ses neveux parmi d’autres.

Quand Renaud fut informé de l’approche Salah ad-Din vers ses terres, il remit son départ à plus tard ainsi que son plan si bien que les pèlerins arrivèrent sains et saufs en toute tranquillité. Lorsqu’ils furent arrivés, les soucis à leur sujet réglés, Salah ad-Din disposa pour Karak et l’assiégea durement, en attendant l’arrivée de l’armée égyptienne. Quand ils l’eurent rejoint à Karak, il dépêcha ses escadrons contre la seigneurie de Karak, de Shawbak et ailleurs pour piller, détruire et brûler pendant que le maudit était assiégé, incapable de défendre son territoire et le reste des croisés confinés dans leurs propres terres de peur de l’armée qui était avec son fils al-Afdal. Ainsi, il eut l’opportunité de bloquer, piller, brûler et détruire, ce que Salah ad-Din fit à large échelle.

 

Du raid sur la région d’Acre

 

Salah ad-Din envoya un message à son fils al-Afdal lui ordonnant de lui d’envoyer un large détachement de son armée dans la région d’Acre pour piller et détruire. Il dépêcha donc Mouzaffar ad-Din Koukbouri Ibn Zayn ad-Din le seigneur de Harran et d’Edesse secondé par Qaymaz an-Najmi et Dildirim al-Yarouqi, tous les deux des émirs aînés ainsi que d’autres. Ils partirent la nuit et atteignirent Saffouriyah dans la matinée vers la fin du mois de Safar. Les croisés sortirent pour les affronter avec un corps de Templiers, d’Hospitaliers et d’autres et il s’ensuivit une bataille à faire tourner les cheveux noirs en gris.

Allah Tout Puissant descendit Son aide sur les Musulmans et les croisés furent mis en déroute, plusieurs d’entre eux furent tués et le reste prisonniers. Parmi les tués se trouvaient le maître du Hospitaliers qui était un des chevaliers célèbres des croisés et la cause de grands et nombreux tourments envers les Musulmans.

Ces derniers ravagèrent les terres voisines en pillant et prenant les captifs puis revinrent ensuite en toute tranquillité par Tibériade où se trouvait le comte qui n’objecta pas. Ce fut un grand triomphe car les Templiers et les Hospitaliers étaient les boutefeux des croisés, qu’Allah Exalté les maudisse tous. Des communiqués victorieux furent envoyés dans les pour annoncer ces nouvelles.

 

Du retour Salah ad-Din vers son armée et son incursion contre les croisés

 

Quand Salah ad-Din reçut les bonnes nouvelles de la défaite des Hospitaliers et des Templiers, le compte de ceux des tués et des prisonniers, il se retira de Karak pour rejoindre la force qui était avec son fils al-Afdal. Tout le reste des renforts et des contingents s’était réunis et unifiés. Ils défilèrent tous et l’armée fut passée en revue. Ils comptèrent 12 000 cavaliers, détenteurs de fief ou hommes salariés en dehors des volontaires.

Salah ad-Din organisa son armée avec un centre et deux ailes, gauche et droite, une avant-garde et une arrière garde. Chaque homme connaissait sa position et sa place et il leur fut ordonné de les maintenir. Il marcha alors en ordre de bataille et campa à Ouqhouwanah près de Tibériade. Le comte qui s’était allié en personne avec Salah ad-Din, comme nous avons rapporté, envoyaient des messages qui arrivaient constamment les uns après les autres avec la promesse de soutien et d’offrir de l’aide mais le démon promet seulement pour tromper.

Quand les croisés virent la concentration des forces islamiques et leur ferme détermination d’envahir leurs terres, ils envoyèrent le patriarche, les prêtres et les moines et beaucoup de chevaliers au comte et le critiquèrent pour son alliance avec Salah ad-Din, en disant : « Il n’y a aucun doute que tu es devenus un Musulman, autrement tu n’aurais pas pu supporter ce que qu’ils ont fait aux Templiers et aux Hospitaliers en les conduisant sous tes yeux sans que tu ne trouves d’objection et ni ne les arrêtèrent. » Ses propres hommes, les soldats de Tibériade et de Tripoli les approuvèrent et le patriarche menaça de l’excommunié, de déclarer invalide de mariage de sa femme et fit d’autres menaces. Quand le comte vit l’instabilité de sa position, il devint effrayé, fit des excuses, renonça à ses intentions et se repenti. Ils acceptèrent ses excuses et lui pardonnèrent ses fautes et lui demandèrent de se lever contre les Musulmans et de les aider à défendre leurs terres. Il répondit qu’il ferait la paix et rejoindrait leurs rangs. Sur ce, il partit avec eux trouver le roi des croisés et leur union fut restituée après la séparation cependant rien de cela ne leur fut d’une quelconque utilité auprès d’Allah. Ils rassemblèrent leur cavalerie et leurs fantassins, quittèrent Acre pour Saffouriyah en faisant un pas en avant puis un autre en arrière, leurs cœurs remplis de terreur.

 

De la conquête de Tibériade par Salah ad-Din

 

Lorsque les croisés se réunifièrent et marchèrent à Saffouriyah, Salah ad-Din réunit ses émirs et ses vizirs pour une consultation. La plupart d’entre eux lui conseillèrent d’éviter un affrontement majeur mais plutôt d’affaiblir les croisés par des raids et d’anéantir leurs états successivement. Un des émirs lui dit :

– « A mon avis, le meilleur plan consiste à envahir leur territoire, à piller, détruire, brûler et prendre des captifs. Si une quelconque force croisée se met en travers de notre route nous les affronterons. Les gens à l’est nous maudiront et diront : « Il a renoncé à lutter contre les mécréants et a tourné son attention pour lutter contre les Musulmans. » La meilleure chose que nous puissions faire est d’agir d’une manière qui nous disculpera et arrêtera les langues des gens. » Salah ad-Din répondit :

– « Mon point de vue est que nous devrions rencontrer avec l’ensemble de nos forces l’ensemble de la force des mécréants. Les affaires ne se déroulent pas par la décision d’hommes et nous ne savons pas combien il reste de nos vies. Il (Salah ad-Din) est simplement fait pour disperser cette armée après qu’il ait fait tout son possible dans le Jihad. »

Il quitta alors Ouqhouwanah le cinquième jour après y avoir campé, un jeudi sept jours avant la fin de Rabi’ Thani et marcha jusqu’à ce qu’il ait laissé Tibériade derrière son dos puis grimpa sa montagne en avançant jusqu’à ce arrive près des croisés mais ne vit aucun d’eux puisqu’ils n’avaient pas quitté leurs tentes. Il campa et ordonna à l’armée de faire de même. Quand la nuit tomba, il se plaça à l’opposé des croisés pour prévenir toute action déterminée et descendit sans sa caravane de bagages à Tibériade qu’il attaqua. Il mina une des tours et prit la ville par la force des armes en une seule nuit. Les défenseurs cherchèrent refuge dans sa citadelle et résistèrent là où se trouvaient la châtelaine et ses enfants. Salah ad-Din ravagea et brûla la ville.

Quand les croisés furent informés de la descente de Salah ad-Din sur Tibériade, sa capture, le sac de la ville qu’il avait mis le feu à tout ce qui ne pouvait pas être emporté, ils se réunirent pour consultation. Certains d’entre eux conseillèrent d’avancer sur les Musulmans, de les engager dans la bataille et de les repousser de Tibériade. Cependant, le comte dit : « Tibériade est à moi et ma femme. Salah ad-Din a déjà fait à la ville ce qu’il a fait mais il reste la citadelle et ma femme est dedans. J’aurais été heureux s’il avait pris la citadelle, ma femme, nos biens et s’était retiré. Par Dieu, j’ai vu les armées de l’Islam tant dans le passé que récemment mais je n’ai jamais vu une armée aussi nombreuse et si vigoureuse comme celle de Salah ad-Din. S’il prend Tibériade, il ne pourra y rester et quand il partira et se retirera, nous la récupérerons. S’il reste vraiment là, il sera capable de faire ainsi seulement avec toutes ses forces et ils seront incapables d’endurer une longue période loin de leurs maisons et de leurs familles, donc il sera contraint de partir et nous rançonnerons nos gens qui ont été fait prisonnier. »

 

Renaud, le seigneur de Karak, lui dit : « Cela nous rend assez effrayés des Musulmans ! Il n’y a aucun doute que tu es de leur côté et les préfère, autrement tu n’aurais pas parlé ainsi. Quant à ce que tu dis, ils sont effectivement nombreux mais le feu ne fait de mal que par l’abondance de bois à brûler. » Le comte répondis : « Je suis un d’entre vous. Si vous avancez, j’avancerai et si vous vous retirez, je me retirerai. Vous verrez ce qui arrivera. »

Ils décidèrent d’avancer contre les Musulmans pour les amener à combattre et sortirent de leur camp auquel ils s’étaient accrochés puis s’approchèrent des forces de l’Islam. Quand Salah ad-Din fut informé, il revint de Tibériade et rejoignit son armée qui était à côté. Le but qui l’avait poussé à assiéger Tibériade était seulement pour faire sortir les croisés de leur position pour qu’il puisse les engager. Les Musulmans campèrent près d’une source parce que c’était le plein été et qu’il faisait extrêmement chaud. Les croisés assoiffés furent incapables de s’approcher de cette source parce que les Musulmans avaient détruit toutes les autres sources dans la région de même que l’ennemi étaient incapables de se retirer à cause de sa frayeur des Musulmans. Ils restèrent donc où ils étaient jusqu’au jour suivant, un samedi torturés par la soif.

Les Musulmans étaient impatients de les attaquer alors qu’auparavant ils étaient effrayés par eux. Ils passèrent la nuit en s’encourageant les uns les autres ayant pris une bouffée de triomphe et de victoire. Plus ils voyaient l’état des croisés, contrairement à leur état habituel à cause de la consternation qui les accablaient, plus impatients et audacieux ils devenaient. Pendant cette nuit, ils récitèrent fréquemment « Allahou Akbar » et « La Ilaha Illallah » et durant cette nuit aussi, le sultan organisa l’avant-garde et leur distribua des flèches.

 

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