SHAM

Foutouh SHAM

Chapitre Deux

Homs

 

Le nouveau Calife

Les historiens ont rapporté les événements de la conquête de la Syrie de narrateurs fiables, mentionnés au début de ce livre, dont Muhammad Ibn Ishaq, Yousouf Ibn ‘Amr et Abou ‘Abdillah Muhammad Ibn ‘Omar al-Waqidi qui l’ont collectés de narrateurs fiables.

Après le décès d’Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui),     ‘Omar Ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui) devint le nouveau Calife alors qu’il était âgé de 52 ans. Tous les gens sans exception, les jeunes et les vieux, lui portèrent allégeance sans désaccord dans la Mosquée du Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui). Durant son règne, la désunion et l’hypocrisie furent déracinés, le mensonge radié, la vérité établie, le pouvoir de l’état renforcé, les complots du Démon affaiblis et la Religion d’Allah victorieuse, bien que cela ne plût pas aux mécréants.

Parmi ses nobles caractéristiques, ‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) s’asseyait avec les pauvres, était doux avec les gens et les musulmans en particulier, il était charitables envers les jeunes, respectait les personnes âgées, montraient de la compassion à l’orphelin, rendaient justice aux opprimés jusqu’à ce que tous leurs droits leurs soit rendus et il ignorait simplement ceux qui le critiquait.

Pendant son règne, il patrouillait les marchés de Médine, s’habillait de vêtements usagés et le port de son fouet le fit craindre plus que les épées des rois.

Sa nourriture était du pain d’orge et sa sauce du sel écrasé qu’il délaissait parfois pour l’abstinence. Il avait de la compassion et était particulièrement préoccupé des musulmans et ne désirait rien d’autre que la récompense d’Allah. Rien ne pourrait l’empêcher de remplir ses devoirs vers Allah ou la Sounnah du Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui)

‘Ayshah a dit :

Par Allah ! Aussitôt que ‘Omar devint le Calife, il se mit au travail et déploya les grands efforts sans arrogance. Ses dents ne mordraient dans rien d’autre que du pain d’orge et du sel et parfois de l’huile d’olive et des dates séchées. Quelquefois il prenait du beurre et disait : « Je déteste l’huile d’olive et le pain d’orge, mais la faim aujourd’hui est plus légère que (demain) le feu d’Enfer. Quiconque tombe dedans ne mourra jamais ni ne trouvera de soulagement. Son séjour durera, sa punition sera sévère, sa boisson sera le pus et aucune permission ne leur sera donnée pour offrir des excuses ».

Durant son règne, il aménagea l’organisation militaire, expédia les armées, conquit beaucoup de terres et construisit des villes. Puisse Allah Exalté être satisfait de lui.

 

L’assassin

 

Al-Waqidi a dit : Quand Héraclius fut informé de la succession de ‘Omar à Abou Bakr, il réunit tous les patriciens, les princes du royaume et les ministres. Il se leva er s’adressa alors à eux, sur une chaire érigée pour lui dans une église : « O Romains, je vous ai mis en garde contre cela mais vous n’écoutiez pas. Avec l’ascension de cet homme marron, la situation se détériorera encore plus. Le temps approche pour la venue d’un conquérant qui ressemblera à Noah. Je jure par Dieu qu’il gouvernera certainement y compris sur cette chaire sur laquelle je me tiens debout. Prenez garde ! Prenez garde avant que cela ne se produise et qu’il arrive un grand mal, les palais seront détruits, les prêtres seront massacrés et les cloches d’église brisées. C’est un homme de guerre qui chagrinera Rome et la Perse. Il s’abstient du monde et est sévère contre ceux qui ne suivent pas sa religion et suivent ce qu’ils aiment. J’ai l’espoir que vous triompherez si vous ordonnez le bien et défendez le blâmable, si vous abandonnez l’injustice, suivez le Christ dans tout qui est obligatoire pour vous, que vous vous absteniez de l’adultère et de la fornication et de toutes sortes de pécher. Si vous refusez et restez fidèles à la corruption, au péché, à la cruauté et aux passions mondaines, Dieu donnera pouvoir à votre ennemi sur vous et vous infligera avec ce que vous n’avez aucun pouvoir contre. Je sais que la religion de ces gens triomphera sur chaque autre religion aussi longtemps qu’ils ne changeront pas, donc soumettez-vous à leur religion ou payez la Jizyah ».

Aussitôt qu’ils entendirent ces paroles, ils se jetèrent sur lui, en ayant l’intention de le tuer mais il réussit à les apaiser et dit : « J’ai simplement voulu voir combien si vous êtes fidèles à votre religion et si la peur des Arabes est fermement fixée ou non dans vos cœurs ».

Alors il appela un Arabe chrétien du nom de Tali’ah Ibn Maran, lui promit de grande richesse et lui dit : « Va immédiatement à Yathrib (Médine) et regarde si tu peux tuer ‘Omar Ibn al-Khattab ».

Tali’ah lui répondit positivement, fit ses préparatifs et après avoir atteint Médine se cacha dans la périphérie pour tendre une embuscade ‘à Omar (qu’Allah soit satisfait de lui). ‘Omar vint pour inspecter les ressources des orphelins et leurs jardins. Le chrétien grimpa dans les branches d’un arbre feuillu et s’y cacha. ‘Omar alla sous ce même arbre et s’endormi sur son dos utilisant une pierre comme un oreiller. Le chrétien était sur le point de descendre pour le tuer, quand subitement une créature sortit du désert, tourna autour ‘d’Omar et lécha ses pieds. Une voix invisible dit : « O ‘Omar, tu as rendu justice, donc tu es en sécurité ». Quand ‘Omar se réveilla, la bête le quitta et le chrétien descendit. Il se jeta lança sur ‘Omar, embrassa ses mains et dit : « Puisse mon père et mère être la rançon d’une telle création que les bêtes gardent, que les anges désignent et que les Djinns connaissent ».

Alors il lui raconta l’histoire entière et embrassa l’Islam par son intermédiaire.

 

La nomination d’Abou ‘Oubaydah

 

‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) écrivit la lettre suivante à Abou ‘Oubaydah (qu’Allah soit satisfait de lui) :

Je t’ai nommé sur la Syrie et sur le commandement des musulmans en remplacement de Khalid. Et Salam.

Il expédia la lettre avec ‘AbdAllah Ibn Qourt et resta préoccupé des affaires des musulmans, particulièrement ceux de Syrie.

 

‘AbdAllah Ibn Salim rapporte de ses enseignants fiables :

‘AbderRahmane Ibn ‘Awf az-Zouhri raconta à ‘Omar le rêve suivant qu’il vit la même nuit du décès d’Abou Bakr : « J’ai vu Damas et les musulmans l’encerclant. Leurs cris d’ « Allahou Akbar » atteignirent mes oreilles. Avec leurs cris et leurs attaques, un fort s’enfonça dans la terre si bien qu’il disparut complètement. J’ai vu Khalid entrer dans la ville à la force de l’épée comme s’il y avait quelque chose comme un feu devant lui dans lequel il tomba et qui s’éteignit.

‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) qui était présent dit : « Heureuses nouvelles ! Si Allah veut, cela signifie qu’ils prendront Damas aujourd’hui ».

 

Quelques jours plus tard ‘Ouqbah Ibn ‘Amir al-Jouhani (qu’Allah soit satisfait de lui) le Compagnon du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) apporta la lettre décrivant la victoire. ‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) lui demanda :

– « O Ibn ‘Amir, quand es-tu parti ? »

– « ‘Ouqbah lui répondit : « Vendredi ».

– « Quelles nouvelles as-tu apporté ?

– « Des bonnes nouvelles à annoncer à Abou Bakr ».

– « Allah l’a pris en bonne condition. Il est parti vers Son Généreux Seigneur. ‘Omar porte maintenant le fardeau. S’il est juste il sera sauvé, s’il abandonne la justice ou confond les affaires alors il sera détruit ».

Je pleurais et invoquais la clémence d’Allah sur Abou Bakr as-Siddiq, qu’Allah soit satisfait de lui. Je remis la lettre à ‘Omar qui l’a lu, mais n’annonça pas son contenu avant la prière du vendredi (salatoul joumou’ah). Après le sermon (khoutbah) et la prière (salat), il monta sur la chaire (minbar). Les gens se rassemblèrent autour de lui et il lut la lettre à haute voix. Les musulmans furent absolument ravis et crièrent « La Ilaha Illallah ! Allahou Akbar! ».

Il descendit alors et écrivit à Abou ‘Oubaydah (qu’Allah soit satisfait de lui) le nommant commandant général des forces musulmanes armées en Syrie à la place de Khalid (qu’Allah soit satisfait de lui). Puis Il me donna la lettre et m’ordonna de la ramener à qui de droit.

 

J’arrivais à Damas alors que Khalid était partit à la poursuite de Thomas et d’Herbius. Je donnais la lettre à Abou ‘Oubaydah qui n’annonça pas la mort d’Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) et garda secret sa nomination et le désistement de Khalid. Khalid (qu’Allah soit satisfait de lui) revint alors de son expédition et écrivit une lettre décrivant la conquête de Damas, leur victoire contre l’ennemi, le butin de la Plaine de Brocart et la libération de la fille d’Héraclius.

Il donna alors la lettre à ‘AbdAllah Ibn Qourt qui l’a donna à ‘Omar Quand il lut le début : « De Khalid Ibn al-Walid à Abou Bakr as-Siddiq », il dit : « O Ibn Qourt, les gens ne savent-ils pas qu’Abou Bakr est mort et qu’Abou ‘Oubaydah a été nommé commandant général des forces armées ? »

Ibn Qourt répondit : « Non ».

‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) devint furieux, réunit les gens, monta sur le minbar et dit : « O gens, j’ai nommé Abou ‘Oubaydah, l’homme de confiance parce que je l’ai trouvé digne et l’ai licencié Khalid ».

Un Makhzoumi dit : « As-tu démis de ses fonctions un tel homme par qui Allah a dégainé une épée tranchante et a accordé la victoire ? Ni Allah, ni les musulmans ne t’excuserons si tu rengaines cette épée et que tu licencies qui est ordonné par Allah. Tu romprais ainsi les liens de famille ».

‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) le regarda et constata qu’il était assez jeune et dit : « Un jeune, furieux pour son cousin », et il descendit du minbar. Il s’allongea et mis la lettre sous sa tête et laissa en suspens le licenciement de Khalid jusqu’au jour suivant.

 

Après avoir conduit Salatoul Fajr, il monta sur le minbar, loua Allah, salua le Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) invoqua la clémence sur Abou Bakr et dit : « O gens, je suis accablé avec la grande confiance. Je suis un berger et chaque berger est responsable en ce qui concerne son troupeau. Je suis venu pour diriger vos affaires et superviser vos vies pour vous rapprocher ainsi que les habitants de la ville de votre Seigneur. C’est parce que j’ai entendu le Messager d’Allah (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) dire : « Quiconque patiente sur les difficultés et les maux de Médine me verra intercéder pour lui le Jour du Jugement ». Vous n’avez aucune agriculture ou laiterie excepté ce qu’un chameau rapporte d’une distance d’un mois de voyage. Allah nous a promis beaucoup de butin et j’ai l’intention qu’il bénéficie tant à l’élite qu’aux gens communs. Je remplirais la confiance et l’honneur des musulmans. Je n’ai aucune objection à ce que Khalid soit gouverneur, sauf qu’il est trop généreux dans la dépense, il donne au poète qui le loue et donne aux Moujahidine et aux cavalier plus qu’ils n’ont le droit. Ainsi rien ne reste pour les musulmans pauvres et faibles. Je le remplace donc avec Abou ‘Oubaydah. Allah sait mieux que je le nomme en raison de sa fiabilité, donc personne ne devrait dire : « Tu as destitué un homme fort et installé un homme doux » car Allah est avec lui et l’aide ».

 

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