SHAM

Foutouh SHAM

Les fruits de la traîtrise 

 

Lorsqu’un quart de la nuit passa, ils quittèrent le camp les épées tirées, saluant les Musulmans qui leur firent des Dou’a. Dirar prit les devants et récita ce poème :

« Dans l’obscurité, même les Djinns ont peur de moi

Dans ce travail, il n’y a rien de nouveau pour moi.

Ils regretteront de vouloir nous tromper dans une embuscade ou ils attendent

Alors que nous sommes les maitres des plans et des intrigues.

Quand il vient à satisfaire Son Maître

Un homme courageux n’a pas peur ni n’hésite. »

 

Quand ils approchèrent de la dune, Dirar leur ordonna de s’arrêter et dit : « Attendez ici jusqu’à ce que je rapporte des informations sur les Romains ». Il se déshabilla et il avança silencieusement sous le couvert de la montagne et des dunes son sabre en main. Quand il atteignit les Romains, tous dormaient, épuisés par la bataille, ne s’attendant pas è être attaqué. Il voulut rendre leur sommeil permanent et se dit : « Ils risquent de se réveiller pendant le chaos ».

Il revenu donc à ses hommes et leur dit : « Bonnes nouvelles ! Ce que vous avez espéré est ici et ce que vous craigniez n’est pas. Dégainez vos épées et quand vous les atteindrez tuez-les de la façon qu’il vous plaira. Chacun choisira un romain et vous devez tous tuer votre victime simultanément. Aussi, soyez le plus silencieux possible ».

Ils répondirent : « Très bien », enlevèrent leur armure, dégainèrent leurs sabres et suivirent Dirar.

Quand ils atteignirent l’ennemi, chacun se positionna près de sa victime et la tua. Après avoir nettoyé la place et prit leurs armes, Dirar leur dit : « Félicitations! C’est la première victoire et si Allah veut, d’autres suivront ».

Les dix passèrent le reste de la nuit à louer et remercier Allah jusqu’à ce que l’aube se dessine sur l’horizon. Ils s’habillèrent alors des vêtements des Romains et couvrirent leurs visages pour éviter d’être découvert, et attendirent les armes à la main.

 

 

Le dialogue entre Khalid et Warden 

 

Après avoir exécuté Salatoul Fajr, Khalid (qu’Allah soit satisfait de lui) organisa l’armée pour la bataille. Il s’habilla en rouge et mit un turban jaune. Les Romains se rangèrent aussi en formation de bataille et élevèrent leurs croix. Un cavalier émergea de leur centre et cria : « O Arabes, qu’en est-il de l’accord que nous avons consenti hier ? L’avez-vous enfreint ? »

Khalid avança et dit : « Nous ne sommes pas des traîtres ».

Le Romain dit : « Warden souhaite s’entretenir avec toi afin de trouver un accord ».

Khalid lui répondit : « Va le voir et dit lui que j’arrive immédiatement sans délai et sans peur ».

Le messager revint informer l’ennemi d’Allah qui endossa son armure particulièrement décorée, son garde gorge, son casque et sa couronne puis se mit en route. Quand Khalid le vit dans toute sa splendeur, il dit : « Si Allah veut, alors tout ce sera butin pour les Musulmans ».

Il dit alors à Abou ‘Oubaydah : « Dirar a probablement atteint l’ennemi. Quand tu me verras attaquer, alors ordonne à l’armée d’attaquer ».

Il salua les Musulmans et partit en récitant ce poème :

« O Allah, je te confie mon affaire

Si la mort est proche alors pardonne-moi.

Guide-moi afin que je fasse des bonnes actions

Si je suis incapable alors pardonne-moi.

Je trancherai le polythéisme avec mon sabre

Jusqu’à sa complète destruction avec mon affection.

O Seigneur des mondes! Je n’ai aucune personne

Excepté Toi, à appeler dans la détresse ».

 

Naqid Ibn ‘Alqamah ar-Rayni a dit :

« J’étais dans le centre de l’armée avec ‘Ayyad Ibn Ghanam quand j’entendis Khalid qui récitait cette poésie. Quand l’ennemi d’Allah, Warden, le vit ainsi vêtu, il fut surpris et pensa qu’il venait vers lui. Pensant ainsi, il alla près de la grande dune et descendit de son mulet quand il fut prêt de Khalid qui descendit aussi de son cheval et ils s’assirent près de la dune. Warden tenait son épée de peur de Khalid mais celui-ci s’assit devant lui.

Khalid lui dit : « Dit ce que tu veux, mais dit la vérité. Comprends bien que tu es en face d’un homme qui ne s’ennuie avec les complots et les traîtrises des autres car il est lui-même un expert dans le domaine. Parle donc ».

Warden lui répondit : « O Khalid, l’affaire est entre nous. Dit moi ce que tu veux maintenant et retiens-toi de verser le sang. Souviens-toi que tu es responsable devant Dieu de toutes tes actions et de toute cette effusion insensée de sang. Si c’est le monde que tu désires et sa richesse, je suis généreusement préparé à te donner la charité et ne serais pas avare du fait je vous considère comme la plus faible des nations, souffrant de sécheresse et affamés. Maintenant dit moi ce qui est acceptable pour toi et satisfais-toi avec de la petitesse que nous t’accorderons ».

– « O chien, Allah nous a faits indépendant de votre charité et nous a autorisé la capture de vos richesses. Nous partagerons vos richesses parmi et asservirons vos femmes et vos enfants. Bien sûr si tu attestes qu’ « il n’y a aucune divinité excepté Allah et Muhammad est le Messager d’Allah » tu deviendras notre frère. Si tu refuses alors tout devras payer la Jizyah (tribut) humilié. Et se cela ne te conviens pas, alors l’épée est le meilleur facteur décisif entre nous. Allah accordera la victoire à celui qu’Il aura choisi. Tu as entendu mon offre et si tu la refuse, alors nous pouvons combattre, et par Allah, nous aimons vraiment combattre. Concernant le fait que tu nous voies plus faible que vous, par Allah, nous vous voyons comme l’égal des chiens. Mille d’entre vous sont faibles et ne suffisent pas contre l’un de nous. Les termes de reddition que tu as mentionnée ne sont pas ceux que nous t’avons précédemment offerts. Si tu me considères comme une cible molle et grasse, que tu as de faux espoirs en me considérant loin de mes gens alors fait ce que tu veux. Si Allah veut je serai suffisant pour toi. »

 

 

La Mort de Warden 

 

Warden qui comptait sur ses hommes en embuscade, sauta en arrière sans tirer son épée et attrapa Khalid qui lutta contre lui et le frappa sur le côté.

Dans la bagarre qui s’ensuivie, Warden appela ses hommes : « Accourrez, grâce aux bénédictions de la croix, j’ai capturé le commandant arabe ».

Il finit à peine ses mots que les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) qui se cachaient derrière la dune émergèrent leurs épées tirées, comme des aigles en piqué, tout en se débarrassant des vêtements romains qu’ils portaient. Le premier était le champion de l’Islam, Dirar qui rugit comme un lion. Il était nu à l’exception de son pagne et de son épée en main.

Warden les vit venir pensant que c’était ses hommes jusqu’à ce qu’il vit Dirar bondir comme un loup vers lui en agitant son épée. Ses bras tremblèrent soudainement et se paralysèrent d’effroi. Il dit à Khalid : « Je t’implore au nom de ton Dieu, tue moi et ne laisse pas ce diable que je déteste me tuer ».

« Et ils [les autres] se mirent à comploter. Allah a fait échouer leur complot. Et c’est Allah qui sait le mieux leur machination ! » [3:54].

 

Khalid lui dit : « Voici ton tueur ».

Dirar arriva rugissant comme un lion, agitant son épée et récitant ce poème :

« Je vais très bientôt, Warden et son garçon, réunir

Les adorateurs d’idoles je vais détruire.

Pour contenter mon Maître, cette action je fais

Et à travers sa vertu, verra mon péché pardonné ».

 

Dirar s’approcha et lui dit : « O ennemi d’Allah! Qu’est-il arrivé à ton plan contre le Compagnon du Messager d’Allah ? » Il pointa alors son épée vers lui, mais Khalid lui dit : « O Dirar, attends un peu, jusqu’à ce que je te l’ordonne ».

Par ce temps, les autres Compagnons arrivèrent et chacun agita son épée et voulut le tuer, mais Khalid ordonna : « Restez à vos places. Laissez-le jusqu’à ordre contraire ».

Voyant ce terrifiant spectacle, Warden fut si accablé ainsi qu’il tomba à genoux pour et demanda pitié pour sa vie. »

Khalid dit : « La sécurité n’est accordée seulement à une personne qui le mérite, tandis que tu as violé la trêve et conçut une traitrise ».

Entendant cela, Dirar pensa qu’assez de répit lui avait été donné, enleva sa couronne et lui dit « Celui qui se dépêche pour quelque chose en a plus droit que les autres ».

Ils le hachèrent alors aux morceaux ensanglantant leurs épées et inclurent ses robes dans le butin.

Khalid dit : « Je crains que depuis que les Romains attendent leur chef ils peuvent survenir à tout moment et vous attaquer soudainement. Vaut mieux le décapité immédiatement puis remettez les vêtements Romains et marchez vers l’ennemi. Quand vous serez près d’eux, criez « Allahou Akbar ! ». Quand les Musulmans vous entendront, ils viendront et attaqueront.

Ils allèrent au-devant de l’ennemi avec Khalid et Dirar. Khalid portait la tête de Warden à la pointe de son épée. Quand ils devinrent visibles après avoir été occultés par les dunes, les Romains pensèrent qu’ils étaient des leurs qui portaient la tête de Khalid. Ils acclamèrent, applaudirent et levèrent leurs croix de joie remplissant les cieux de leur bruit.

Cette scène confondit les Musulmans qui pensèrent qu’un désastre était arrivé à Khalid. Quelques-uns firent alors des invocations, quelques-uns furent terrifiés, quelques-uns pleurèrent et d’autres crièrent. Quand Khalid approcha des rangs de l’ennemi, il tint la tête de Warden élevée et cria : « O ennemis d’Allah, c’est la tête de votre général et je suis Khalid Ibn al-Walid, un Compagnon du Messager d’Allah ! »

Alors, il lança la tête et cria « Allahou Akbar » à l’attaque ! Alors Dirar et les autres suivirent et crièrent à leur tour « Allahou Akbar ! »

Quand Abou ‘Oubaydah entendit l’appel, il ordonna aux troupes : « O défenseurs de la Religion à l’attaque ! »

Puis, il chargea, suivi par l’armée. Quand les Romains virent ce qui était arrivé à leur chef, ils fuirent, mais les Musulmans les encerclèrent et les tuèrent. Il n’y avait aucun rocher ou aucune pierre qui les cacha ; partout où ils allèrent, ils goûtèrent le fer. De la mi-journée, les épées ne trouvèrent aucun reste. Les Romains se dispersèrent comme des chameaux furieux.

 

‘Amir Ibn At-Toufayl ad-Dawsi a dit :

« J’étais dans l’armée d’Abou ‘Oubaydah monté sur un cheval de Damas. Nous poursuivîmes les chrétien jusqu’à atteindre une route rugueuse où nous vîmes au loin un nuage de poussière qui arrivait. Nous pensâmes que c’était des renforts envoyés par Héraclius donc nous restâmes en alerte, mais quand ils arrivèrent, nous découvrîmes que c’était une armée envoyée par Abou Bakr pour nous aider. Comme les Romains fuyaient dans la même direction de l’armée musulmane qui arrivait, ils les tuèrent et leurs richesses furent inclues dans le butin.

 

Ath-Thaqafi a rapporté que Younous Ibn ‘Abd al-A’la lui a dit dans al-Masjid al-Haram[1] :

« ‘Amr Ibn al-‘As Ibn Wahil as-Sahmi était le commandant de l’armée qui vint renforcer les Musulmans à Ajnadayn quand les chrétien furent écrasés. Ils n’arrivèrent pas avant que Rome fut battue ». 

Il fut rapporté : Plus de cinquante mille sur les quatre-vingt-dix milles romains furent tués à Ajnadayn, et qu’aucun nombre inférieur n’est possible. Dans la confusion de la bataille, certains d’entre eux s’entretuèrent tandis que les survivants s’enfuirent à Césarée et Damas. Les Musulmans réunirent un considérable butin sans précédent. Les croix d’argent et l’or seuls étaient indénombrables. Khalid rassembla tout le butin y compris la couronne de Warden et dit : « Je ne partagerais rien avant la conquête de Damas si Allah veut ».

 

La bataille d’Ajnadayn eu lieu le samedi 6 Joumadah Awwal-de l’année 13 de l’Hégire.

 

Views: 0