SHAM

Foutouh SHAM

La bataille d’Ajnadayn 

 

Khalid divisa l’armée en cinq : l’avant-garde, l’aile droite, le centre l’aile gauche et l’arrière garde. Le commandement de l’aile gauche fut donné à Sa’id Ibn ‘Amir, l’avant-garde à Nou’man Ibn Mouqrin, l’arrière garde à Shourahbil et l’aile droite à Mou’ad Ibn Jabal. Quatre mille cavaliers furent attribués à Yazid Ibn Abi Soufyan pour protéger les femmes et les enfants en arrière.tandis qu’il prit lui-même le commandement du centre.

Ensuite, il alla s’adresser aux femmes parmi elles, celles qui faisaient le sujet de conversation des Arabes, ‘Afirah Bint ‘Affar al-Himyariyyah, Oumm Aban Bint ‘Outbah Ibn Rabi’ah qui s’était juste marié et dont les mains étaient encore teinte de myrte et la tête parfumée, Khawlah Bint al-Azwar, Mazrou’ah Bint ‘Amlouq, Salamah Bint Zari Ibn ‘Ourwah, Laynah Bint Souwar, Salamah Bint Nou’man et d’autres.

Khalid leur dit : « O Filles de Toubba’, ‘Amaliqah et des chefs des rois persans, vous avez accompli des exploits qui ont satisfait Allah et tous les Musulmans. Je suis sûr que si les Romains viennent ici, vous les tuerez et si un musulman déserte, vous aurez vos piquets prêtes pour le chasser en arrière. Vous lui montrerez ses enfants et lui direz : « Comment peux-tu les abandonner ? Votre travail sera d’encourager les hommes à poursuivre le combat ».

‘Afirah dit : « O Commandant, par Allah nous serions plus satisfaites si tu nous plaçais au front pour combattre les Romains et fracasser leurs visages. Nous les tuerons jusqu’à ce que nous soyons toutes martyrisées ».

Khawlah dit : « O Commandant, nous ne sommes pas concernées les attaques de quiconque ».

Khalid lui répondit : « Puisse Allah Exalté vous récompensez en bien ».

 

Il revint alors aux hommes, en talonnant son cheval-pour les inspecter et les encouragea dans le chemin de Jihad : « O Musulmans, aidez la Religion d’Allah et Il vous aidera. Restez ferme dans la bataille, défendez vos femmes, vos enfants et votre Religion. Battez-vous corps et âme car il n’y a aucun refuge, aucun fort vers lequel vous pourriez fuir et ni même de tranchée pour vous cacher. Restez épaule contre épaule, dégainez vos épées mais n’attaquez pas avant que je vous le dise. Observez cette règle du tir à l’arc, quand vous tirerez ce doit être tous ensemble vers une cible prédéfinie sinon d’autres seront touchés ».

« Ô les croyants! Soyez endurants. Incitez-vous à l’endurance. Luttez constamment (contre l’ennemi) et craignez Allah, afin que vous réussissiez ! » [3:200].

 

Les Musulmans furent satisfait par son discours. Ils préparèrent leurs arcs, empilèrent leurs flèches, dégainèrent leurs épées et firent leurs ultimes préparations pour la bataille. Khalid (qu’Allah soit satisfait de lui) alla au centre de l’armée où il resta un certain temps avec ‘Amr Ibn al-‘As, ‘AbderRahmane Ibn Abi Bakr, Qays Ibn Houbayrah, Rafi’ Ibn ‘Oumayrah, Moussayab Ibn Najiyah, Dzoul Kala, Rabi’ah Ibn ‘Amir et d’autres. Alors, il conduisit lentement l’armée vers l’ennemi.

Warden avanca avec ses forces quand il vit les Musulmans venir. Les Romains remplirent l’espace dans toutes les directions, déployèrent des drapeaux, des croix et dire des mots d’incrédulité. Quand les deux armées se firent face, un soldat chrétien âgé, vêtu d’une armure noire, accompagné d’autres chrétiens sortit des rangs, approcha des Musulmans et dit en arabe : « Qui est-ce que votre chef ? Je souhaite lui parler ».

Khalid se présenta en avant et cet homme, un prêtre lui demanda :

– « Es-tu le chef ? »

– « Ces gens m’accepteront comme leur chef aussi longtemps que j’obéirais à Allah et maintiendrait la Sounnah (tradition) de Son Messager. Si je devrais m’égarer ne serait-ce qu’un instant, je ne serais plus obéis ni chef ».

– « C’est pourquoi vous nous conquérez. Si vous vous égarez ne serait-ce qu’un peu, alors vous faillirez à nous conquérir. Vous êtes venus envahir une terre qu’aucun roi n’a eu l’audace d’approcher avant-vous. Les Persans ont essayé, mais faillit. Le Jaramiqah fit de grands sacrifices mais resta infructueux dans leurs tentatives d’invasions. Maintenant vous êtes venus. Vous avez pu réalisez quelques conquêtes, mais les conquêtes sont une matière temporaire. Notre général Warden, par sa grande compassion pour vous, m’a envoyé avec ce message : « Si tu te retires, je donnerai à chacun de tes soldats un turban, un vêtement et un dinar. Cent dinars et dix vêtements pour toi et mille dinar et cent vêtement pour Abou Bakr ».

Le nombre de notre armée est comparable au nombre d’une armée de fourmis. Ne vous leurrez pas en pensant être capable de nous battre comme les armées précédentes car Héraclius nous a envoyé un grand général courageux et un prêtre expérimenté. »

Khalid lui dit : « Par Allah ! Nous ne pouvons pas revenir à moins que vous acceptiez l’un de ces trois choix : premièrement, entrez dans notre religion, croyez comme nous croyons et dites ce que nous disons. Si vous refusez, votre deuxième choix est de nous payer la Jizyah (tribut) et votre dernier choix est de nous combattre. Concernant la prétention que votre armée est comme celle de fourmis, je dis qu’Allah nous a promis la victoire à travers la parole de Son Messager Véridique Muhammad et a aussi déclaré cette promesse dans Son Livre Sacré. Pour vos turbans, vos vêtements et dinars, vous verrez bientôt que votre empire sera bientôt entre nos mains ».

– « Très bien, je vais en informer le général ».

Il revint et informa Warden qui dit : « Est-ce qu’il pense que le même destin des précédentes armées tombera aussi sur nous ? Avec chacun de nos délais leurs ambitions sur notre empire augmentent. César a envoyé contre eux des grands patriciens et maintenant le seul délai est la bataille. Alors nous les abandonnerons tremblant dans le sang et la boue ». Il ordonna alors des manœuvres militaires, arma l’infanterie de courtes lances et d’arcs et les plaça devant la cavalerie.

 

Mou’ad Ibn Jabal-les vit et dit : « O Musulmans, le Paradis est prêt et les portes de l’Enfer fermées. Les Demoiselles embellies vous attendent. Recevez les nouvelles de la vie éternelle ». « Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui-même dans la Thora, l’évangile et le Qur’an. Et qui est plus fidèle qu’Allah à son engagement ? Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait : Et c’est là le très grand succès » [9:111]. « Puisse Allah bénir votre attaque ».

Khalid dit alors : « O Mou’ad, patiente jusqu’à ce que je donne les directives. O Musulmans, tenez-vous épaules contre épaules et rappelez-vous que l’ennemi est le double de nous. Prolongez le combat jusqu’à l’arrivée de Salatoul ‘Asr (la prière de l’après-midi) car c’est durant ce temps notre Prophète Muhammad (saluts et bénédictions d’Allah sur lui) obtint la victoire sur ses ennemis. Méfiez-vous de la désertion car Allah vous observe sans cesse. Quand vous attaquerez, votre attaque sera avec la bénédiction d’Allah ».

 

 

La bravoure de Dirar 

 

Quand les deux armées se firent face, les Arméniens tirèrent des flèches qui tuèrent et blessèrent plusieurs Musulmans sans qu’ils ne puissent se venger à cause des directives de Khalid. Dirar lui demanda : « Qu’attendons-nous ? Allah nous regarde et nous comble de Sa Lumière. Ne Laisse pas penser l’ennemi que nous sommes effrayés, lâches ou nonchalant. Ordonne l’assaut ou envoie quelque jeunes les engager jusqu’à ce que tu ordonnes l’assaut ».

Khalid lui répondit : « Dirar, tu es aussi l’homme pour ce travail » Et Dirar lui dit :

– « Par Allah! Je n’aimerais rien de plus que cela ».

Il endossa l’armure de Paulus et ferma le garde-visage. Il couvrit aussi son cheval avec la cuirasse du cheval de Peter et le déguisa en Romain avant d’aller dans leur direction. Il réussit à pénétrer droit dans leurs rangs avant de les attaquer avec sa petite lance. Les Romains lui tirèrent des flèches et lui jetèrent des pierres, mais aucun de toucha le serviteur d’Allah qui disloqua leurs rangs jusqu’à ce qu’il eût tué vingt fantassins et vingt cavaliers.

 

‘Inan Ibn ‘Awfa dit :

« Je comptais chaque fantassins et cavalier que Dirar tuait jusqu’à ce que le total en ait atteint trente. »

 

Zharif Ibn Tariq al-Yarbou’i a dit :

« Il causa des dégâts absolus. Sa bravoure et son courage les étourdirent vraiment. Il enleva alors son casque, le lança au loin et dit : « O Romains, je suis Dirar Ibn al-Azwar. Hier j’étais doux avec vous, aujourd’hui je suis votre ennemi. Je suis celui qui tua Hamran, le fils de Warden. Quiconque dénie Allah me trouvera être pour lui comme une maladie incurable, je le détruirai n’importe quand, ou qu’il soit ».

Les soldats le reconnurent et fuirent précipitamment tandis qu’il les poursuivit. Alors quand les Romains se retournèrent contre lui, il tourna en arrière. Warden demanda : « Qui est ce bédouin ? » Ils dirent : « C’est le même Bédouin qui combat torse-nu, quelquefois avec une lance, quelquefois sans ». Un frisson glacé le secoua et il dit : « Il est celui qui a réduisit ma famille et tua mon fils. Je dis vraiment du fond du cœur que quiconque le vengera obtiendra tout qu’il désire ». Un guerrier d’Arahiyah se porta volontaire.

Le narrateur a dit : « C’était le gouverneur de Tibériade ». »

 

 

Le duel entre Dirar et Steven 

 

Hilal Ibn Mourrah a dit :

J’étais dans l’aile droite, avec Romanus, le gouverneur de Bosra, sur ma gauche. Il me dit : « Je ne sais connais pas son nom, mais je peux te dire qu’il est de taille pour Dirar ». Cet homme dit alors à Warden : « Je te ferais vengeance » puis monté, il avança. Les deux adversaires se combattirent durant plus de trois heures et affichèrent réciproquement un grand courage. Dirar réussi finalement à transpercer son armure avec sa lance et le tuer et il tomba face contre terre. Le Warden dit alors : « Il a failli aussi et même s’il me l’avait apporté, je nierais ma propre vue car certainement aucun être humain n’a le pouvoir de combattre un diable. Non, il n’y a personne excepté moi pour combattre cette chose laide ». Sur ce, il descendit de son cheval turc, mit son armure puis une seconde incrustée de perle pardessus la première et se couvrit d’une couronne pour effrayer Dirar Il monta un cheval-arabe et allait partir quand Steven, le gouverneur de ‘Amman vint, embrassa son étrier et dit : « Je suis prêt à te faire vengeance contre ce misérable ». Me donneras-tu la main de ta fille en mariage si je tue ou le capture ? »

Warden lui dit : « Certainement, je prends à témoins les chefs de Syrie et les fonctionnaires impériaux. Tu n’as probablement, pas besoin de témoins plus fiables ? »

Steven partit comme un feu dévorant attaquer Dirar, disant : « O misérable ! Prends ce que tu ne peux résister ».

Dirar ne comprit pas un mot de sa langue grecque mais se prépara à l’attaquer. Steven portait une croix d’or attachée à une chaîne argent. Quand Dirar le vit l’embrasser, il sut qu’il recherchait de l’aide d’elle et lui dit donc : « Si tu cherches de l’aide de cette croix contre moi, alors je cherche de l’aide auprès de Celui qui répond aux Dou’a (invocations) et qui est proche de celui qui L’invoque », puis il attaqua. Les deux démontrèrent de telles aptitudes au combat qu’ils stupéfièrent tout le monde jusqu’à ce que Khalid hurla : « O Ibn al-Azwar ! Qu’est-ce que cette lenteur mollesse et cette nonchalance ? Pourquoi retardes-tu quand l’enfer attend ton adversaire et qu’Allah Exalté vous regarde ? Évite la couardise et attaque comme un homme ».

Dirar secoua avec enthousiasme sa selle et renouvela son attaque.

Les Romains encourageaient Steven tandis que les deux combattants furent absorbés par le duel jusqu’à ce que le soleil atteigne le zénith projetant ses rayons ardents. Les hommes comme leurs chevaux commencèrent à transpirer. Steven fit alors des signes qu’ils devraient descendre et combattre à pied. Dirar allait se conformer quand il vit l’esclave de Steven qui apportait à son maître un cheval frais non serti. Il dit à son cheval : « Reste fort sous moi pour un peu plus longtemps sinon je me plaindrais de toi ».

Ces mots firent hennir le cheval et il trépigna la terre avec sa patte avant.

Dirar se dirigea vers l’esclave et le tua avec sa lance. Il monta le nouveau cheval et renvoya le sien aux Musulmans avant de revenir à Steven. Cette scène convaincu le Romain que sa mort était imminente. Dirar perçu ses pensées à cause de son expression et allait attaquer quand il vit un escadron de cavaliers approcher. Quand Warden vit ce qui était arrivé, il dit à ses hommes : « Ce diable m’irrite vraiment. Si je ne le tue pas aujourd’hui, je soumettrais à ma propre destruction. Maintenant je vais aller le combattre même si les autres chefs le considèrent comme une disgrâce, mais je ne me soucie pas ».

Dix hommes totalement cuirassés armés de masses en acier le suivirent. Steven combattait sans espoir, mais quand il vit Warden en armures couvert d’une couronne arriver, son espoir remonta et il cria : « Prépare-toi pour le combat ! »

Dirar ignora ses mots et pas effrayé par les nouveaux arrivants, il se prépara à les combattre.

Quand Khalid vit la couronne il dit : « les rois portent des couronnes. Aucun doute qu’il est leur chef et il vise notre homme, allons-y et aiderons notre homme. Dix d’entre vous sont exigés pour les égaler ».

Il sélectionna dix hommes et partit vers champ de bataille.

Entre-temps, les Romains atteignirent Dirar qui réussit courageusement à les repousser jusqu’à ce que Khalid et ses hommes soient arrivés et dirent : « O Dirar, heureuses nouvelles de l’aide d’Allah. Ne craint pas les mécréants ».

Dirar dit : « L’aide d’Allah n’est-elle pas toujours proche ? »

Les Musulmans encerclèrent les Romains puis chaque Musulman visa un chrétien tandis que Khalid cria à Warden : « Y a-t-il un prétendant pour un duel singulier ? »

 

Dirar poursuivit son duel avec Steven qui était blessé. Son flanc était paralysé et sa main secouée de tremblements. La vue de Khalid l’accabla et son intense joie se transforma en profonde peine. Il regarda tout autour de lui pour essayer de s’enfuit mais son cheval était totalement immobile. Dirar comprit sa situation et lança une autre attaque. Steven sauta de son cheval pour s’échapper des griffes de la mort et courut. Dirar fit de même et courut après lui. Quand il fut assez proche, il jeta sa lance et l’attrapa. Les deux s’attrapèrent la tête et bien que Steven fut bâti comme un roc et que Dirar était mince et fragile, Allah fortifia Son serviteur et il le saisit par sa ceinture, le souleva et le jeta au sol. Steven hurla, appela Warden à l’aide et dit en grec : « O commandant ! Aide-moi à m’extirper de ce piège ».

Warden cria à son tour : « O malheureux ! Et qui va me sauver de ces bêtes ? »

Ces cris encouragèrent Khalid contre Warden et Dirar contre Steven. Les deux armées les regardaient. Les Romains criaient et se lamentaient tandis que les Musulmans criaient : « Allahou Akbar ! Allahou Akbar ! » Dirar réussi à battre Steven et s’asseoir sur sa poitrine. Le Romain terrassé blatérait comme un chameau.

Les deux Romains étaient incapables de s’aider les uns les autres. Dirar enfonça alors son épée dans le ventre de Steven et le fendit vers le haut. Steven hurla si fort de terreur que ses cris atteignirent les cieux et les deux armées. Les Romains se précipitèrent pour le secourir. Voyant cela, Dirar pensa que s’il restait, il finirait écrasé inutilement par les chevaux romains. Il cria « Allahou Akbar »  et trancha la tête de Steven. Le sang qui jaillit le recouvrit complètement et il cria de nouveau « Allahou Akbar ! » Alors, les Musulmans chargèrent en criant à leur tour « Allahou Akbar! »

Mou’ad Ibn Jabal-attaqua l’aile droite et Sa’id Ibn ‘Amir la gauche. Les Arméniens et les chrétiens arabes tirèrent une telle quantité de flèches qu’ils obscurcirent le soleil. Sa’id Ibn Zayd Ibn ‘Amir Ibn Noufayl appela : « O gens, pensez à votre mort. Ne rendez pas l’enfer obligatoire pour vous en fuyant devant Allah. O Défenseurs de cette Religion, ô Lecteurs du Qur’an, persévérez ! »

Ces mots les remplirent de résolution et les encouragèrent.

Les deux armées combattirent jusqu’à l’entrée du temps de Salatoul ‘Asr puis se séparèrent avec des grosses pertes de chaque côté, mais avec une perte plus importante pour les Romains. Les martyrs musulmans du premier jour furent : Salamah Ibn Hisham al-Makhzoumi, Nou’man al-‘Adawi, Hisham Ibn al-‘As at-Taymi, Habban Ibn Soufyan, ‘AbdAllah Ibn ‘Amr ad-Dawsi, Thar Ibn ‘Awfan an-Namiri, Ra’b Ibn Rahin al-Khazraji, Qadim Ibn Miqdam az-Zouhri, Dzoul Yassar Ibn Khazrajah at-Tamimi, Hizam Ibn Salim al-Ghanawi, Sa’id Ibn al-‘As Abi Layla al-Kilabi, Hadim Ibn Bashir as-Saksaki, Oumayyah Ibn Habib Ibn Yassar Ibn Ahad Ibn ‘AbdAllah Ibn ‘Abdidar, Mourhif Ibn Wathiq al-Barbouji, Mahalli Ibn Hanzalah ath-Thaqafi, ‘Adi Ibn Yassar al-Assadi, Malik Ibn Nou’man at-Tayyi, Salim Ibn Talhah al-Ghiffari et douze autres musulmans dont je (al-Waqidi) ne connais pas les noms.

Les Romains perdirent approximativement 3000 hommes dont dix gouverneurs : Steven, gouverneur de la province d’Amman; Marqash, fils de Labna, gouverneur de Damin, de Dayr Al-Harb et de Nawa; Damdar, fils de Qala, gouverneur de Jawlan, région ou se trouve la Caverne des Sept Dormeurs; Levi, fils de Hana, gouverneur des Montagnes Noires et de ‘Amilah; Mithar’oun, fils de Rémus, gouverneur de Gaza; Naja, fils de ‘Abdel Massih, gouverneur de Halhoul; Jarqiyas, fils de Jarwan, prince de Yanawarmalah; Maryunus, gouverneur de Balqa; Kourak, vice-roi de Nablous et un prince inconnu d’al-‘Awassim.

Quand Warden retourna dans camp, terrifié par les Musulmans, il appela ses officiers pour consultation.

Warden dit : « O Défenseurs de la foi du Christ, comment estimez-vous les Arabes ? Je les vois comme une nation conquérante, invincible. Leurs épées sont tranchantes et incisives tandis que les vôtres sont émoussés. Leurs chevaux sont énergiques et persévérants alors que les vôtre sont essoufflés.

Leurs bras sont durs et les vôtres engourdis. En plus, ils sont plus obéissants à leur Seigneur que vous l’êtes et avez la foi plus véritable. À travers votre oppression, vos péchés et vos conspirations nous sommes devenus méprisables. Je suis totalement convaincu que si vous restez ainsi, toutes ces richesses et le pouvoir vous seront retirés. Par conséquent, vous devriez laver la rouille de vos cœurs, confessez vos péchés sincèrement et vous repentir à Dieu. Si vous le faites, alors la victoire sera à vos pieds sinon vous serez détruits. Dieu nous a punis par une nation que jusqu’à maintenant n’avait aucune importance, par qui nous n’avons jamais été ennuyé ou même pensé à eux parce qu’ils sont des esclaves nus affamés et des bergers. Ils ont fui la sécheresse et la souffrance du Hijaz et sont venus à vous. Ici, ils apprécient maintenant le luxe et les fruits de vos villes. Au lieu d’orge et de seigle, ils mangent maintenant du pain blanc. Au lieu de vinaigre, de dattes et d’eau ils ont maintenant du miel, de l’huile, du beurre frais, des figues, du raisin et des choses exotiques rares qui sont tombés dans leurs mains. Pour couronner le tout, ils ont pris vos femmes, vos mères et vos familles. Je ne comprends pas comment vous tolérez cette disgrâce et désastre ? »

Pas un seul Romain ne resta sans pleurer à haute voix et plein de regret. Puis, la colère les submergea et ils dirent : « Nous combattrons jusqu’au dernier soupir et resterons ferme jusqu’au dernier homme. Les Arabes ne peuvent jamais être si courageux. Nous les tuerons avec nos épées, les transpercerons avec nos lances et les hacherons en menus morceaux avec nos flèches. Ce que tu as mentionné n’arrivera pas ».

 

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