SHAM

Foutouh SHAM

La lettre d’Héraclius à Warden 

 

Quand Héraclius entendit parler de la défaite romaine et le grand nombre de morts, il devint certain que son empire arrivait à sa fin, alors, il écrivit la lettre suivante à Warden :

« J’ai été informé qu’un groupe d’Arabes nus et affamés t’on battu et tué ton fils. Jésus n’a montré aucune pitié ni pour toi et ni pour ton fils. Si je ne savais pas que tu étais un cavalier hors pair, un lancier et un bretteur, je t’aurais exécuté. Toutefois, ce qui est arrivé est arrivé. J’ai envoyé une armée de quatre-vingt-dix mille soldats à Ajnadayn. Rends toi-s’y et prend le commandement de l’armée et allez au secours des gens de Damas. Envoie un détachement combattre les Arabes en Palestine et tiens les éloignés des Arabes de Damas. Défend ton peuple et ta religion ».

Warden cria de joie et se prépara pour le voyage. Quand il atteignit Ajnadayn, il trouva les Romains en grande pompe, exposant leurs croix. Ils sortirent pour l’accueillir et lui offrirent des condoléances pour son fils. Quand il atteignit les tentes, il lit l’ordre d’Héraclius auquel ils se soumirent et se préparèrent pour la guerre.

 

 

Les Musulmans reçoivent des informations sur Ajnadayn 

 

Après la victoire, Khalid (qu’Allah soit satisfait de lui) retourna à la Porte de l’Est où il rencontra ‘Abbad Ibn Sa’id. Shourahbil (qu’Allah soit satisfait de lui) l’avait envoyé de Bosra pour l’informer de l’arrivée de quatre-vingt-dix mille Romains à Ajnadayn. Khalid alla voir Abou ‘Oubaydah et lui dit : « O digne de confiance de l’Oummah, voici ‘Abbad Ibn Sa’id al-Hadrami. Shourahbil l’a envoyé pour m’informer qu’Héraclius a envoyé quatre-vingt-six mille hommes à Ajnadayn sous l’ordre de Warden. Quelle est ton opinion ? »

Abou ‘Oubaydah (qu’Allah soit satisfait de lui) dit : « O Abou Souleyman, Tous nos généraux sont dispersés : Shourahbil est à Bosra, Mou’ad Ibn Jabal-est à Hawran, Yazid Ibn Abi Soufyan est à Balqah, Nou’man Ibn Moughirah est à Palmyre ‘Amr Ibn ol-‘As est en Palestine. Écrit leur et demande leur de nous rejoindre afin que nous puissions monter une attaque commune. Et alors, la sûreté et l’aide sont entre les Mains d’Allah ».

 

Khalid écrivit alors la lettre suivante à ‘Amr :

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

As-Salamou ‘Aleykoum.

Vos frères musulmans projettent d’aller à Ajnadayn ou se trouvent quatre-vingt-dix mille mécréants qui désirent éteindre la Lumière d’Allah, mais Allah parachèvera Sa Lumière en dépit de l’aversion des mécréants. Par conséquent, réunis tes forces et rejoins nous à Ajnadayn où nous rencontrerons si Allah le veut. Transmettez mon salam à tous les Musulmans.

Wa Salamou ‘Aleyka.

Puis, il écrivit des directives semblables à tous les généraux susmentionnés.

 

 

Paulus et sa femme 

 

Khalid donna l’ordre de marche. Les tentes furent chargées sur des chameaux tandis que les moutons et le butin furent mis de côté. Khalid dit à Abou ‘Oubaydah : « J’ai l’intention de rester dans l’arrière-garde avec les mouton, les femmes et le butin. Prends les Compagnons et l’avant-garde ».

Avant de partir, Abou ‘Oubaydah s’adressa aux Musulmans comme suit : « O gens ! Vous allez à l’encontre d’une massive force, soyez courageux, aimez la mort de l’amour et accomplissez ce qu’Allah a décrété. Il a promis la victoire et dit dans le Qur’an :

« Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse! Et Allah est avec les endurants » [2:249].

 

L’armée se mit en marche et laissa Abou ‘Oubaydah stationné à Damas avec mille cavaliers. Les gens de Damas furent transportés de joie, en pensant que les Musulmans fuyaient par crainte de l’armée d’Ajnadayn. Certains dirent que s’ils prendraient la route de Baalbek, c’est qu’ils projetaient d’attaquer Baalbek et Homs et s’ils prendraient alors la route de Marjash-Shahoura et de Rahit, c’est qu’ils rentreraient au Hijaz abandonnant ce qu’ils avaient conquis.

 

Paulus, fils de Balka, un grand général et un inégalable archer, était à Damas. Les chrétien le vénéraient tellement qu’Héraclius l’appelait pour négocier avec les ambassadeurs difficiles.

Paulus n’avait pris part à aucun combat contre les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) depuis leur invasion de Syrie. Quand ils se retirèrent, les habitants allèrent le voir.

Paulus leur demanda : « Pourquoi êtes-vous donc venus ? »

Les Damascènes dirent : « Le retrait des Arabes est une occasion en or pour toi d’établir en permanence ton prestige avec Héraclius et les Syriens. Accompagne-nous pour capturer tous les retardataires que nous pourrons trouver, ou si tu te sens capable, nous pouvons les attaquer.

– « La seule chose qui m’a empêché de les combattre est votre lâcheté aussi je ne vois aucune raison de les combattre ».

– « Nous jurons au nom du Christ et de la bible que nous resterons avec toi jusqu’à notre dernier souffle. Personne ne désertera. Si quiconque le fait, alors sent-toi libre de le tuer ».

À cause de leur serment, Paulus entra dans sa maison et mis son armure pour les joindre. Le voyant faire, sa femme demanda : « Ou vas-tu ? ».

– « Les gens de Damas m’ont nommé à leur tête. Je les mène contre les Arabes ».

-« Ne le fait pas ! Reste à la maison et ne vas pas en pure perte contre ce que tu es impuissant. Hier soir, j’ai rêvé que tu tenais un arc dans ta main. Tu tiras sur moineaux dans le ciel. Quelques-uns sont tombèrent blessés mais recommencèrent à voler. Je fus étonnée de les voir voler quand soudainement un groupe d’aigles s’abattit sur toi et tes compagnons et lacérèrent vos visages avec leurs serres. Toi et tes hommes fuirent tandis que ceux qui avaient été lacérés tombèrent inconscients. Cette vue m’effraya et je me suis éveillée, craignant le pire pour toi ».

– « Est-ce que j’étais parmi les inconscients dans ton rêve ? »

– « Je jure par Dieu que j’ai vu un aigle qui te becquetais violemment tandis que tu étais inconscients ». Sur ce Paulus l’a gifla violemment et lui dit :

– « Tu ne prédis aucun bien. Est-ce que la crainte des Arabes et si profondément incrustée dans ton cœur que tu rêves d’eux maintenant ? N’aie pas peur. Je ferai de leur commandant ton serviteur et ses compagnons des bergers et des porchers ».

– « Fais-ce que tu veux, je t’ai fait part de mes conseils ».

Paulus l’ignora et partit accompagné par six mille cavaliers et dix mille fantassins expérimentés de Damas. Khalid avait retiré l’armée et Paulus visait Abou ‘Oubaydah.

 

 

La bataille de Shakhourah 

 

Abou ‘Oubaydah et ses hommes montaient des chameaux lorsque l’un d’entre eux, vit au loin un nuage de poussière se rapprocher rapidement, il l’informa et dit : « Tout ce que je peux dire est qu’il s’agit de la poussière de l’ennemi ».

Abou ‘Oubaydah répondit : « C’est certainement les Damascènes qui nous ont vu peu nombreux qui viennent pour nous attaquer ». Il attendit que les litières des femmes et tous les moutons fussent tous arrivés. En même temps, la poussière augmentait et soulèvement des voix. Abou ‘Oubaydah appela : « O Musulmans, soyez vigilants. L’ennemi est arrivé ». A peine avait-il dit cela que l’ennemi descendit sur eux comme des ténèbres. Paulus commandait la forte cavalerie. Quand il vit Abou ‘Oubaydah, il chargea contre lui. Simultanément, son frère, Peter, mena l’infanterie contre les femmes dont il captura quelques-unes avant de revenir vers Damas. Quand il atteignit la Rivière Istiryaq, il n’eut plus de nouvelles de Paulus.

Paulus avanca avec des marques et des croix pendues sur sa tête. Pendant ce temps, les femmes musulmanes furent très inquiètes tandis que les enfants hurlaient. Bien que mille hommes fussent présents, ils étaient partis pour engager les Romains. L’ennemi d’Allah, Paulus, attaqua Abou ‘Oubaydah qui se défendit. La bataille entre les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) et les Romains s’endurcit, la poussière augmenta, les épées brillèrent si férocement que Shakhourah devint un lit de têtes tombées comme des tulipes ensanglantées. Abou ‘Oubaydah était dans une situation difficile, mais il resta ferme.

 

Souhayl Ibn Jabbah a dit :

« Je chevauchais un cheval yéméni avec des marques blanches sur le front et les jambes. J’ai tiré les rênes et il fila comme un éclair si bien je fus bientôt près de Khalid Ibn al-Walid (qu’Allah soit satisfait de lui). J’ai crié dans sa direction, il tourna son cheval dans ma direction et me dit : « Que ce passe-t-il Ibn Sabbah ? »

Je lui dis : « O commandant, Abou ‘Oubaydah a besoin de ton aide. L’armée de Damas les a attaqués et capturée quelques femmes et des enfants. Abou ‘Oubaydah est dans une situation très difficile et il ne peut pas tenir beaucoup plus longtemps ». Il s’exclama : « Vraiment nous appartenons à Allah et à Lui nous revenons. »

Il chargea alors Rafi’ Ibn ‘Oumayrah de prendre immédiatement mille cavaliers pour protéger les femmes et ordonna à ‘AbderRahmane Ibn Abi Bakr de conduire mille cavaliers contre l’ennemi. Puis, il envoya en hâte Dirar et Qays Ibn Houbayrah al-Mouradi avec mille pour le soutenir.

Abou ‘Oubaydah (qu’Allah soit satisfait de lui) combattait Paulus quand les Musulmans arrivèrent. Ils attaquèrent si férocement les ennemis d’Allah que leurs croix tombèrent et ils devinrent convaincus qu’ils allaient être battus. Quand Paulus vit Dirar se précipiter vers lui, il perdit courage et frissonna car il avait vu, du sommet des murs de ville, ce qui était arrivé aux grands guerriers Calius et Uriel et aussi ce qui arriva à Bayt Louhya. Il reconnut Dirar et dit à Abou ‘Oubaydah : « O arabe, je te demande pour l’amour de ta religion de garder ce diable loin de moi ». Dirar dit : « Si je n’essaie pas de t’attraper, alors je serai un diable ».

Paulus, en le voyant tendre brusquement sa lance dans sa direction, il sauté de son cheval et couru vers son armée. Dirar descendit aussi pour le chasser et lui cria : « Où peux-tu fuir quand le diable est à tes trousses ». 

Paulus dit : « O bédouin, épargne-moi, en faisant ainsi, tu sauveras vos femmes et vos enfants ». Donc Dirar l’épargna mais le captura à la place tandis que les Musulmans perpétrèrent une telle attaque qu’elle fit taire les Romains. »

 

Majid Ibn Rouwaym al-‘Ayni a dit :

« J’étais dans l’armée de ‘AbderRahmane Ibn Abi Bakr lors de la bataille de Shakhourah. Nous encerclâmes et massacrèrent six mille romains. »

 

Rifa’ah Ibn Qays a dit :

« Autant que je sache, seulement cent d’entre eux survécurent. Il fut rapporté que Dirar fut très bouleversé d’entendre que sa sœur a été capturée et il alla en informer Khalid qui lui dit : « Ne t’inquiète pas, nous avons capturé leurs chefs. Nous irons à Damas et libérer nos femmes en échange des prisonniers ».

Alors il dit à Abou ‘Oubaydah : « Avance lentement avec les femmes tandis que je vais libérer les captives ». Il sélectionna eux mille cavaliers pour aller avec lui et laissa le reste avec Abou ‘Oubaydah de peur d’une rencontre avec Warden.

Rafi Ibn ‘Oumayrah, Mayssarah Ibn al-Masrouq al-‘Absi, Dirar et d’autres chefs partirent en avant de Khalid et bientôt parvinrent à destination.

Dirar récitait ce poème tandis qu’il chevauchait :

« Allègent notre souffrance, O Seigneur,

Ne m’accorde pas la mort avant que je puisse voir ma sœur.

C’est mon souhait et ce que j’espère aussi,

Venez mes amis, avec moi contre l’ennemi. »

 

Ils continuèrent jusqu’à ce qu’ils approchent de la rivière d’Istiryaq où ils virent des drapeaux et des éclats d’épées dans un nuage de poussière.

Khalid dit : « C’est une étrange vue ».

Qays lui répondit : « Peut-être est-ce le reste de la cavalerie de Damas ».

Khalid dit alors : « Préparez tous vos lances jusqu’à ce que nous sachions ce qui se passe ».

Ils ont obéi et sont allés devant.

 

 

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