SHAM

Foutouh SHAM

Héraclius envoie l’armée à Damas

 

Héraclius lui donna une robe d’honneur, un fourreau et une croix en or incrustés de rubis onéreux et lui dit : « Gardez cela devant toi durant la bataille pour t’aider ». Warden apporta la croix dans un monastère et se répandit de l’eau sacrée pour se bénir. Les moines et les prêtres prièrent pour sa victoire et brûlèrent de l’encens. Il campa alors à l’extérieur de la ville, à la Porte persane, et sélectionna des gens pour l’accompagner. Quand toutes les préparations furent achevées, Héraclius l’accompagna, avec ses fonctionnaires jusqu’au Pont de Fer où il a pris la route de Ma’rat avant d’arriver à Hamah. De là, il envoya un message à l’armée d’Ajnadayn disant : « Toutes les routes et les défilés de montagne doivent être fermés pour empêcher ‘Amr Ibn al-‘As de joindre Khalid ».

Il rassembla tous ses officiers et dit : « Je souhaite attirer les Arabes dans un piège et les capturer tous sans qu’aucun ne puisse s’échapper ».

Tous consentirent. Alors il prit de nuit la route de Salamiyyah et de l’Oued al-Hayyat.

 

Shaddad Ibn Aws a dit :

« Lorsque Khalid exécuta Calius et Uriel, il nous ordonna d’attaquer Damas. Quelques Bédouins s’avancèrent portant des boucliers en cuir. Quand l’ennemi les vit, ils commencèrent à lancer des pierres et des flèches contre nous. Les Yéméni leur répliquèrent avec leurs flèches. Les Romains crièrent, ils furent convaincus qu’ils allaient soit mourir ou finir captifs à cause de la rigueur du siège.

Le vingtième jour du siège, Nadi Ibn Mourrah arriva et nous informa que les Romains avaient rassemblé une force massive à Ajnadayn. Khalid alla trouver Abou ‘Oubaydah à al-Jabiyah pour le consulter et lui dit : « O digne de confiance de la Oummah, je pense que nous devrions envahir Ajnadayn et revenir ici après la victoire ».

Abou ‘Oubaydah lui répondit : « Je ne peux consentir ».

– « Pourquoi pas ? »

– « Parce que nous avons tourmenté les Damascènes avec un siège complet qui les a terrifiés. Si nous partons maintenant, ils auront l’occasion de se rééquiper et de renouveler leur force si bien que la tâche sera plus difficile pour nous quand nous reviendrons. Par conséquent, je ne pense pas qu’il est nécessaire de bouger d’un pouce d’ici. ».

– « J’accepte ce que tu dis ».

Il retourna à la Porte de l’Est et ordonna à tous les officiers d’escadrons d’intensifier les attaques sur Damas tandis qu’il attaqua la Porte de l’Est. Les gens de Damas subirent ce jour des difficultés telles qu’ils n’en souffrirent jamais auparavant. Khalid encourageait les Musulmans en récitant ce poème de guerre :

« Qui informera Abou Bakr que nous combattons les Romains,

Allah a interdit excepté que je brise les mécréants

Et soulage la soif de ma lance avec le sang des chefs romains.

Beaucoup de victimes, je jetterais à terre et beaucoup pleureront un ami manquant ».

 

Les Musulmans augmentèrent l’intensité de l’attaque, mais les Romains protégés par leur forteresse tenaient encore le vingt et unième jour. Leurs conditions se détériorèrent avec la poursuite du siège et ils perdirent tout l’espoir de recevoir des renforts de César. Ils envoyèrent un envoyé pour offrir la paix en échange de mille Ouqiyah d’argent (122.5 kg), cinq cent Ouqiyah d’or (61.2 kg),     cent vêtements de brocart et il dit : « S’il vous plaît venez afin que nous puissions vous donner ces choses ».

Khalid refusa et dit : « Pas de compromis, votre choix reste : l’Islam, la Jizyah ou la bataille ».

L’envoyé revint alors pour les informer ».

 

‘Ourwah Ibn Shaddad a dit :

« Les Damascènes furent plus inclinés envers Abou ‘Oubaydah que Khalid parce que le premier était un vieil homme qui promit la paix tandis que le dernier était un guerrier menaçant. Khalid donna l’ordre de l’attaque quand soudain les Damascènes battirent des mains, dansèrent lancèrent des cris de victoire. Il demanda aux soldats qui avaient atteint le sommet des murs ce qui se passait. Ils firent des gestes dans la direction de la montagne et Bayt Louhya où il vit un le soulèvement d’un massif nuage de poussière qui obscurcit les cieux et monde. Il comprit que les renforcements arrivaient et il ordonna aux Musulmans de se préparer. Les Musulmans montèrent leurs chevaux leurs lames nues dans leurs mains, chaque division sous son propre commandant. Alors les éclaireurs vinrent confirmer l’arrivée imminente d’une massive armée et plus probablement une armée romaine. Khalid s’exclama : « Il n’y a aucun moyen d’éviter un mal ou de faire le bien exceptez par Allah, le Très Haut, le Plus Puissant ».

 

 

Khalid consulte Abou ‘Oubaydah 

 

Khalid talonna son cheval, alla trouver Abou ‘Oubaydah à la Porte d’al-Jabiyah et l’informa des évènements récents.

Khalid lui dit : « Je projette d’emmener tous les Musulmans pour attaquer l’ennemi. Quelle est ton opinion ? »

Abou ‘Oubaydah lui répondit : « Non. Si les Damascènes voient ce territoire inoccupé ils le prendront ».

– « Que devrions-nous faire alors ? »

-« Un grand guerrier courageux devrait choisir de les attaquer. S’il voit que ses chances sont bonnes, il devrait continuer autrement il devrait revenir ».

– « Dans notre armée il y a une telle personne qui ne craint pas mort ; un guerrier expert et courageux dont le père et le frère du père furent tous les deux martyrisé au Jihad ».

– « De qui s’agit-il ? »

Khalid lui répondit : « Dirar Ibn al-Azwar Ibn Sinan Ibn Tariq ».

– « Par Allah ! Tu as choisi exactement l’homme qu’il faut ». Khalid retourna à la Porte de l’Est et appela Dirar. Dirar arriva et dit :

– As-Salamou ‘Aleyka.

Khalid lui dit : « Ibn al-Azwar, je t’envoie contre l’ennemi avec cinq cent cavaliers qui ont vendu leurs vies à Allah en échange du Paradis et qui préfère la Demeure Permanente de l’Au-delà sur ce monde. Si tu vois que vous avez une chance alors attaque, autrement retourne ».

– « Quelle joie, Ibn al-Walid ! Tu m’as rendu plus heureux aujourd’hui que je ne l’ai jamais été. Si tu me le permets, je ferai ce travail seul ».

– « Tu es très courageux, intelligent et énergique néanmoins ce serait du suicide si tu ne prends pas l’aide que je te donne et Allah a défendu cela ».

 

 

L’expédition de Dirar 

 

Dirar s’arma et fut pressé de partir mais Khalid lui dit : « Pour l’amour d’Allah ait pitié de toi et patiente jusqu’à ce que l’escadron soit prêt ».

Dirar répondit : « Par Allah! Je ne peux pas attendre plus longtemps. Quiconque considère le Jihad comme la meilleure vertu peut me rejoindre là-bas ».

Il partit seul jusqu’à ce qu’il arrive à Bayt Louhya où il attendit l’arrivée de ses compagnons. Quand leurs nombres fut complet, ils virent l’armée romaine portant des armures brillantes aussi nombreuse qu’un essaim de criquets qui descendaient de la montagne, comme s’ils l’avaient recouverte. Lees Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) dirent à Dirar : « Par Allah ! Quelle grande armée. Il vaut mieux que nous revenons ».

Dirar leur répondit : « Par Allah! Je combattrai dans la voie d’Allah ceux qui se sont détournés de Lui. Allah ne me trouvera pas tourner mon dos et me sauver, car Il dit :

 « Ô vous qui croyez quand vous rencontrez (l’armée) des mécréants en marche, ne leur tournez point le dos » [8:15].

Après avoir ordonné cela, si je retourne, je Lui désobéirai et serai pécheur ».

 

Rafi’ Ibn ‘Oumayrah dit : « Qu’y a-t-il à craindre de ces mécréants ? Est-ce qu’Allah ne vous a déjà pas accordé victoire dans la plupart des batailles ? Est-ce que nos petites forces n’ont pas repoussé leurs nombres immenses ? La victoire vient seulement avec patience. Suivez le chemin des anciens pieux en pleurant avec humilité devant la cour du Seigneur des Mondes, récitez l’invocation du Roi Saül quand il fit face à Goliath :

« Seigneur ! Déverse sur nous l’endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle » [2:250].

Et récitez aussi du Qur’an :

« Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Allah est avec les endurants » [2:249] ».

Cette parole les enhardis, et ils dirent : « Allah ne nous verra pas fuir de la bataille. Nous combattrons définitivement les mécréants ».

Dirar comprit qu’ils préféraient l’Au-delà à ce monde et leur ordonna donc de cacher en embuscade près de Bayt Louhya. Tandis que Dirar torse-nu prit une longue lance, monta un cheval-arabe et partit à la rencontre des Romains. »

 

Salamah Ibn Khouwaylid a dit :

« J’étais avec l’escadron de Dirar, quand torse-nu, il monta son cheval-arabe recherchant le martyr. Il avança et attaqua les Romains en criant « Allahou Akbar ! »

Les Musulmans répondirent avec les cris de « Allahou Akbar ! » qui terrifia les chrétiens. J’ai vu Dirar se diriger vers l’avant-garde romaine où Warden avait élevé les croix et les drapeaux entouré par un groupe de guerriers. Ils étaient prêts à transpirer et à verser leur sang pour lui. Dirar le reconnu pour être le général-et donc défia les soldats de l’avant-garde : « Y a-t-il l’un d’entre vous pour me défier ? » Puis brusquement, il attaqua le centre. Il transperça le porte-drapeau avec sa lance. Le Romain lâcha le drapeau et s’effondra de son cheval. Dirar tourna alors à droite et tua un autre Romain. Il regarda vers le centre et vit Warden. Près de lui, un Romain était assis sur un cheval-blanc sale portant une croix incrustée de joyaux. Dirar lui transperça le flanc, en atteignant ses intestins. La croix tomba au sol et l’homme se vida et alla en Enfer. Warden vit cela comme un présage de sa propre destruction et descendit de sa monture pour ramasser la croix. Quelques Musulmans se précipitèrent et l’empêchèrent d’atteindre. Dirar cria : « O Musulmans ! Nul d’entre nous n’a le droit à cette croix, alors ne vous précipitez-vous pas pour la ramasser. Je la prendrais lorsque j’aurais fini ce chien romain et son armée ».

Warden comprenait l’arabe et voulu fuir quand il entendit ces mots, mais les officiers dirent : « Où fuyez-vous ô général ? »

Warden répondit : « Je fuis par peur de ce diable. Quelle aspect dégoûtante il a. Avez-vous jamais vu quelque chose de plus laid et de plus affreux que cela ? »

Les narrateurs dirent que lorsque Dirar le vit tourner son dos, il comprit qu’il fuyait. Il avertit les musulmans en criant, redressa sa lance, talonna son cheval et partit à sa poursuite. Il était sur le point d’atteindre Warden, quand les Romains l’attaquèrent si violemment que son cheval s’arrêta tandis qu’il récitait ce poème :

« La mort est une réalité, il n’y a aucune fuite envisageable

Bien mieux que le feu de l’Enfer est le Paradis du Firdaws.

C’est mon martyr alors témoigne

Que tout ce que j’ai fait est pour la satisfaction d’Allah ! »

 

Il dispersa les Romains et se lança à la poursuite du général mais les Romains le poursuivirent jusqu’à ce qu’ils réussissent progressivement à l’encercler. Il attaqua dans toutes les directions et avec sa lance mit fin au souffle de vie de quiconque tenta de s’approcher de lui et ils se couchèrent sur la terre pour l’éternel sommeil. Alors il appela les Musulmans :

« Allah aime ceux qui combattent dans Son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcé » [61:4].

Avant que les Musulman puisse répondre, les Romains se précipitèrent sur lui bruyamment suivit par les Musulmans. Hamran, le fils de Warden, tira une flèche dans son flanc droit, qui fit souffrir Dirar avant de mettre sa main hors fonction. Comme un lion indiscipliné, Dirar bondit et enfonça sa lance dans la poitrine de Hamran, transperçant son cœur. Quand il retira sa lance, la lame se brisa net car elle était coincée dans les vertèbres. En voyant sa lance désormais inoffensive, les Romains l’encerclèrent et réussirent à le dominer.

 

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