SHAM

Foutouh SHAM

Les Romains renforcent Damas 

 

Khalid envoya les deux lettres et marcha sur Damas. Quand il atteignit un défilé, il campa et déploya le Drapeau de l’Aigle et par conséquence, l’endroit fut appelé Thaniyatoul ‘Ouqab (Le Défilé de l’Aigle). Puis, il marché vers Ghawtah où il campa de nouveau près d’un monastère qui prit dès lors le nom de Dayr Khalid (le Monastère de Khalid). Là, il attendit Abou ‘Oubaydah. Damas était pleine des populations avoisinantes qui s’étaient réfugiées dans la ville et dont le nombre total n’a pas pu être estimé, excepté douze mille personnes montées. Les murs de ville étaient décorés avec des drapeaux, des croix et des lances.

Quand Héraclius fut informé de la capture d’Arakah, de Palmyre, de Hawran, de Sakhnah, de Bosra et la marche de Khalid sur Damas, il rassembla ses fonctionnaires et dit : « Je vous avais prévenus mais aucun d’entre vous n’as écouté. Les Arabes ont capturé Arakah, Palmyre, Hawran, Sakhnah et Bosra et se rendent actuellement vers Damas. Si la ville tombe, ce sera un désastre absolu parce que c’est la seule ville digne d’être appelé le « Paradis de Syrie ». Une armée, le double de l’armée des Arabes, va être envoyé à Damas mais je dois demander qui parmi vous leur fera face et les vaincras ? Tous les territoires qu’il libèrera de l’occupation arabe sera pour lui et exempte d’impôt ». Le Seigneur Calius, fils de Hanah, un champion célèbre et courageux de Syrie qui démontra sa bravoure durant l’invasion persane de Syrie, dit : « Je suis suffisant pour les arrêter. Je les battrai et les expulserai ».

Héraclius lui donné une croix en or et lui dit : « Garde la devant toi pour t’assurer la victoire » et il lui confia cinq mille hommes.

Calius prit la croix et partit le jour même pour Antioche. Lorsqu’il arriva à Homs, il l’a trouva pleine d’hommes et d’armes. Les gens sortirent pour l’accueillir. Les prêtres et moines se tenaient debout devant des encensoirs brûlant de l’ambre gris et du bois d’aloès. Ils portaient des bibles sur leurs poitrines et quand Calius et son armée approchèrent, l’armée récita la Messe sur eux, ils répandirent de l’eau sacrée sur le général et prièrent pour son succès. Ils restèrent un jour et nuit à Homs avant de partir pour Jawsiyah dont les habitants sortirent de la même façon pour les accueillir. Alors ils atteignirent Baalbek. Les femmes frappaient leurs visages en deuil. Calius se renseigna pour quelle raison elles se lamentaient et ils répondirent : « Le ‘Arabes ont conquis Arakah, Palmyre, Hawran et Busra et se dirigent maintenant vers Damas ».

Calius dit : « J’ai reçu l’information que les Arabes sont actuellement à al-Jabiyah. Je suis étonné comme ils ont réussi à conquérir ces villes et forts ».

Ba’labakkis répondit : « Effectivement, il y a un force arabe à al-Jabiyah. Cependant, ces places ont été conquises par une armée différente qui vient d’Irak sous le commandement d’un homme du nom de Khalid Ibn al-Walid ».

– « De quelle taille est son armée ? »

– « De mille cinq hommes à peu près ». Calius dit : « Je fais le serment sur ma religion que je trancherai sa tête et l’accrocherai à ma lance ». Puis, il partit alors pour Damas.

Le gouverneur de Damas, Uriel, était grandement révéré par les Romains. Il avait sous son commandement une cavalerie et une infanterie de trois mille hommes. Quand Calius atteignit Damas, les doyens (aînés) de la ville sortirent pour l’accueillir. Il lut sa lettre de nomination pour combattre les Musulmans et dit : « Je combattrai avec vous contre eux et conduirai vos ennemis hors de votre ville à condition qu’Uriel en soit expulsé afin que je reste seul commandant ». Les gens dirent : « Notre Seigneur, comment pouvons-nous faire cela quand l’ennemi est presque ici ? Au lieu d’expulser un chef à un tel temps crucial, nous accueillerions plutôt dix chefs qui pourraient nous aider contre eux ».

Le gouverneur dit : « Quand les Arabes arriveront, nous sortirons à tour de rôle pour les combattre. Quiconque les vaincra administrera la ville ».

Les doyens approuvèrent cette suggestion et la décision fut donc prise. Les deux chefs entrèrent chacun dans leur quartier animés d’une haine mutuelle les uns envers les autres et l’inimitié dans leurs cœurs.

Les Romains partaient quotidiennement de la Porte d’al-Jabiyah pour une distance d’un Farsakh (5.5km) pour intercepter l’armée d’Abou ‘Oubaydah. Mais, c’est Khalid qui fut rencontré le premier dans la direction de la Porte de Thaniyah.

 

Rifa’ah Ibn Mouslim rapporte de son grand-père :

« J’étais dans l’armée de Khalid Ibn al-Walid campée près du monastère quand soudain les Romains tel un essaim de criquets furent aperçu au loin. Il endossa l’armure de Moussaylamah le menteur, attacha son turban autour de sa taille en laissant un côté pendre et appela : « O gens, puisse Allah Exalté vous faire miséricorde. Ceci est un jour qui ne sera jamais répété. La cavalerie de l’ennemi et son infanterie sont arrivées, n’épargnez pas un seul d’entre eux. Faites ce qu’Allah vous a ordonné et Il vous aidera si vous êtes patient. Incluez-vous parmi ceux dont les vies ont été rachetées par Allah. Il dit :

« Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui-même dans la Thorah, l’évangile et le Coran. Et qui est plus fidèle qu’Allah à son engagement ? Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait : Et c’est là le très grand succès » [9:111].

Souvenez-vous que l’armée de votre frère, Abou ‘Oubaydah, est en route pour vous rejoindre ».

Les Musulmans montèrent sur leurs chevaux et les Romains, qui avaient projeté d’attaquer, hésitèrent. Khalid organisa l’armée comme suit : Rafi’ Ibn ‘Oumayrah sur l’aile droite, Moussayab Ibn Najiyah al-Fazari l’aile gauche, Shourahbil sur le front avant droit, ‘AbderRahmane Ibn Abi Bakr sur le front avant gauche, Salim Ibn Nawfal à l’arrière-garde tandis qu’il prit la charge du centre. Après avoir nommé les généraux, il dit à Dirar Ibn al-Azwar : « Conduit le Jihad comme ton père et ta tribu. Aidez la Religion d’Allah et Il vous aidera. Soit le premier à te présenter pour le combat. Combat-les avec une telle bravoure que leurs cœurs seront terrifiés ».

Dirar se vêtit de vêtements sales, se couvrit d’un vieux turban et monta sur une pouliche rapide et mince. Il attaqua si furieusement que les rangs de l’ennemi se disloquèrent dans le tumulte. Il tua leurs quatre cavaliers de front avant de se tourner vers l’infanterie ou il tua six d’entre eux. Si les Romains ne l’avaient pas couvert de flèches et de pierres, il ne serait pas revenu. Khalid et les Musulmans le remercièrent.

‘AbderRahmane endossa alors son armure et avança pour une épreuve de force. Khalid lui dit : « O fils d’Abi Bakr, terrifie l’ennemi avec ton attaque. Arrête-toi seulement lorsque tu auras séparés leurs rangs. Allah bénira ta force ».

Il attaqua de la même façon que Dirar et tua un certain nombre d’ennemis avant de revenir. Khalid attaqua alors à son tour et fit de telles prouesses avec sa lance qu’il sidéra les Romains. Calius réalisa qu’il était le commandant de l’armée islamique. Il vit que Khalid avait remarqué tous les signes de son commandement, la croix au-dessus de sa tête et qu’il se dirigeait vers lui et recula donc. Khalid essaya de l’atteindre, mais quelques Romains le bloquèrent. Ils le menacèrent et lui lancèrent des flèches, mais il resta implacable dans son avance. Il conduisait son cheval, qui était telle une lumière brillante, dans toutes les directions. Il continua ainsi jusqu’à ce qu’il ait tué dix Romains puis cria : « Y a-t-il un prétendant pour un duel ? » mais personne ne répondit.

Il cria de nouveau : « Alors venez à deux contre moi ! » mais personne ne vint. Il en défia quatre et augmenta son droit du défi jusqu’à dix, mais personne ne lui a répondit. Il dit alors : « Soyez détruit ! Je suis qu’un seul homme sur un cheval. Chaque soldat de mon armée est guerrier égal à moi ».

 

 

Le débat des généraux romains  

 

Certaines personnes comprirent le défi, mais pas les autres. Uriel alla trouver Calius et lui dit : « César t’a nommé commandant de l’armée pour combattre les Arabes. La protection des citoyens et de la ville sont sous ta responsabilité. » Calius lui répondit :

– « Ta responsabilité est plus importante que la mienne parce que tu étais le gouverneur avant moi. Et détrompe toi, je peux me retirer sans l’ordre de César. Pourquoi ne vas-tu pas combattre les Arabes ? »

– « Nous avons un accord qui est, un jour vous combattez et moi le lendemain. Aujourd’hui c’est ton tour ».

– «  J’ai déjà dit que tu es venu ici en premier donc tu vas en premier et j’irai demain ».

La discussion devint personnelle et très longue et les gens souhaitèrent tirer au sort pour décider lequel des deux devrait sortir pour combattre les Arabes mais Calius dit : « Non, nous devons conduire une attaque commune pour qu’ils nous craignent. Nous ne devrions pas être divisés. » Uriel répondit : « Je ne m’en soucie guère fait comme tu veux. » Calius pensa alors que si Héraclius venait à être informé de cela, il pourrait être expulsé de la cour et même exécuté. Il changea de nouveau d’avis et insista sur le tirage au sort. Son nom fut tiré et Uriel dit : « Déployez la même bravoure que les chefs Arabes sur le champ de bataille. Quand ce sera mon tour, ils verront lequel de nous est le plus courageux ».

Calius endossa son armure, monta son cheval-et dit à ses hommes : « Concentrez toute votre attention et votre force sur moi. Si je suis battu alors venez immédiatement à mon aide et sauvez-moi ».

Ils répondirent : « La lâcheté s’écoule de tes mots. Peut-être reviendras-tu sans risque ».

Calius dit : « J’affronte un bédouin qui parle une langue différente. Je souhaite lui parler parce que la précaution est une puissante armure. Qui parmi vous peux traduire pour moi ? »

Un chrétien intelligent et éloquent du nom de Sergius alla avec lui.

 

 

 

[1] Large coquillage de mer.

[2] Sourates 1 et 112.

 

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