SHAM

Foutouh SHAM

Ibn ‘Omar a dit :

« La bataille se poursuivit jusqu’à midi. Je récitais une invocation du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et quand j’ai regardé vers le ciel, j’ai vu des portes d’où sortirent des cavaliers habillés tout en blanc portant des bannières vertes avec des points brillants. Quelqu’un annonça : « O Oummah de Muhammad, Allah vous a envoyé de l’aide ».

Je dis que cette victoire était due à la bénédiction de l’invocation du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui)

Par le Seigneur de la Ka’bah ! Rapidement, je vis les Romains s’enfuirent dans la confusion poursuivit par les Musulmans. Un héraut proclama la victoire. Parce que nos chevaux étaient plus rapides, nous réussîmes à tuer plus de dix mille hommes. Nous les avons poursuivis jusqu’à la tombée de la nuit. ‘Amr fut ravi par cette victoire et son cœur resta avec nous durant la poursuite en Palestine ».

 

‘Amr Ibn ‘Itab a dit :

À ce moment, je vis ‘Amr Ibn al-‘As portant le drapeau dans sa main et sa lance pendait de son épaule. Il serrait ses mains disant : « Puisse Allah rendre ce qui a été perdu à la personne qui me ramènera mes gens ». Quand les Arabes revinrent il dit : « Quiconque fait des efforts et subit des difficultés pour la satisfaction d’Allah, lui a plu. Est-ce que cette victoire qu’Allah vous a accordée n’était pas suffisante pour qu’en plus vous partiez les chasser ? » Les Musulmans répondirent : « Nous ne les avons pas chassés pour le butin, mais pour le Jihad ».

Ils revinrent insouciants mais quand ils se regardèrent ils découvrirent cent trente absents dont Sayf Ibn ‘Abbad al-Hadrami, Nawfal-Ibn Darim, Salim Ibn Rouwaym, Ashab Ibn Shaddad, quelques Yéménis et des Bédouins de Médine. Cela attrista ‘Amr mais il se dit : « O ‘Amr, Allah veut du bien pour eux mais tu n’arrives pas à t’y faire ».

Alors après l’Adhan[1] et l’Iqamah[2], toutes les prières manquées à cause de la bataille furent rattrapées ».

 

Ibn ‘Omar a dit :

« Par Allah ! A cause de la fatigue, très peu de personne firent la prière derrière ‘Amr et les gens prièrent à leurs places respectives. Le butin fut maigre et nous dormîmes dans nos tentes. Au matin, ‘Amr Ibn al-‘As fit le Adhan et, après la Salat, il ordonna de rassembler le butin et les corps des martyrs. Les gens cherchèrent rassemblèrent cent trente martyrs sans trouver le corps de Sa’id Ibn Khalid[3]. ‘Amr le chercha et alors le trouva dans une place où les chevaux avaient piétiné le cadavre fracassant ses os en petits morceaux. En voyant son corps, il pleura abondamment et dit : « O Sa’id, Puisse Allah le Très Miséricordieux t’avoir en pitié et te faire miséricorde ». Il le mit avec les autres martyrs et ordonna de les enterrer, puis tous les Musulmans exécutèrent Salatoul Janazah sur eux. ‘Amr ordonna alors que le butin lui soit apporté et écrivit à Abou ‘Oubaydah Ibn al-Jarrah (qu’Allah soit satisfait de lui).

 

 

La lettre de ‘Amr Ibn al-‘As à Abou ‘Oubaydah Ibn al-Jarrah  

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

De : ‘Amr Ibn al-‘As.

À : Le digne de confiance de la Oummah, Abou ‘Oubaydah.

Je loue Allah en dehors de qui, il n’y a aucune divinité et salutations sur Son Prophète. Je suis arrivé en Palestine et combattu une armée romaine de cent mille hommes sous le commandement de Rubius. Allah nous accorda une telle victoire que onze mille Romains furent tués. Le martyre fut accordé à cent trente Musulmans qui furent enterrés dans cette partie de Palestine conquise par mes mains. Si tu le désires, je peux te rejoindre. Transmets mes salutations à tous les Musulmans. Wa Salamou ‘Aleykoum wa Rahmatoullahi wa Barakatouhou (Et que la paix, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous).

 

‘Amr envoya cette lettre avec Abou ‘Amir ad-Dawsi. Pendant ce temps, Abou ‘Oubaydah était à la frontière et n’était pas encore entré en Syrie mais il avait divisé l’armée suivant les directives d’Abou Bakr. Quand Abou ‘Amir arriva, il pensa que c’était le messager d’Abou Bakr et lui demandé donc : « Abou ‘Amir, dans quel état est-ce que vous avez laissé le pays ? »

Abou ‘Amir lui dit : « Tout va bien et il y a des bonnes nouvelles supplémentaires – cette lettre est de ‘Amr Ibn al-‘As décrivant la victoire qu’Allah Exalté lui a accordé ».

Abou ‘Oubaydah lu la lettre et immédiatement tomba en prosternation de remerciement.

Abou ‘Amir dit : « Par Allah! Les gens bons et pieux ont été martyrisés et parmi eux, il y a Sa’id Ibn Khalid Ibn Sa’id ».

Le père de Sa’id présent devient abasourdi et pleura. Il fut si chagriné que tous les Musulmans pleurèrent. Il prépara son cheval et le monta pour aller voir la tombe de son fils en Palestine. Abou ‘Oubaydah lui demanda : « Où vas-tu Khalid? Tu êtes un des piliers des Musulmans ».

– « Je projette d’aller voir la tombe de Sa’id et le rejoindre aussi ». Abou ‘Oubaydah resta silencieux puis écrivit la lettre suivante à ‘Amr :

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Abou Bakr t’a donné des ordres. S’il t’a ordonné de me joindre, alors viens. S’il t’a ordonné de rester alors reste ou tu es. Salue tous les Musulmans pour moi.

Wa Salamou ‘Aleykoum wa Rahmatoullahi wa Barakatouhou.

Il donna alors la lettre à Khalid Ibn Sa’id qui partit avec Abou ‘Amr ad-Dawsi rejoindre l’armée de ‘Amr.

 

 

La Bataille des Banou Salif 

Khalid salua ‘Amr et lui donna la lettre en pleurant. ‘Amr se précipita vers lui, lui serra les mains l’assit avec honneur. Puis, il le consola et lui demanda de patienter.

Khalid lui demanda : « Avez-vous la lance et le sabre de Sa’id couverte du sang des mécréants ? »

– « Oui, il combattit courageusement et fit réellement le Jihad. Il ne fut en aucun cas déficient.

Il se renseigna sur l’emplacement de sa tombe, y alla et dit : « O mon fils, puisse Allah m’accordez la patience en ce qui te concerne. Sûrement nous appartenons à Allah et à Lui nous revenons. Par Allah ! S’il m’accorde la force nécessaire et le courage, je te vengerai définitivement. J’ai confiance en Allah qu’Il te récompensera largement ».

Alors il dit à ‘Amr : « Je souhaite partir à la recherche et conduire une attaque de nuit contre les mécréants. Peut-être du butin sera récupéré ou l’ennemi que nous rencontrerons sera tué en revanche ». 

– « Que ma mère soit sacrifiée pour toi, mon frère. Le combat commencera très bientôt. Quand il débutera alors tu pourras combattre corps et âme et n’épargner aucun ennemi seul ».

– « Je fais le serment que quiconque me rejoigne ou pas j’irai certainement ».

Il prépara alors son équipement projetant d’y aller seul mais trois cents jeunes cavaliers de la tribu des Himyar allèrent voir ‘Amr et lui dirent : « Autorise-nous à aller avec Khalid ». Il leur donna l’autorisation et ils partirent ce même jour. Quand ils arrivèrent dans une prairie, ils décidèrent d’y camper afin que les chevaux puissent paître pour reprendre leur voyage durant la nuit. Soudain Khalid vit des hommes vieux dans la fissure d’une haute montagne et dit à ses hommes : « Je soupçonne qu’ils sont des espions de l’ennemi et l’ennemi ne doit pas tomber sur nous ».

Ils répondirent : « Ils sont en haut sur la montagne tandis que nous sommes ici à découvert. Comment pouvons-nous les atteindre ? »

Khalid dit : « Bien, restez ici jusqu’à ce que je revienne ».

Il descendit alors de sa monture, serra son turban, passa son sabre autour de ses épaules et dit : « Nous devons supposer qu’ils ne nous ont pas encore vus, parce que s’ils nous avaient vus, ils ne seraient pas restés. Quiconque souhaite sacrifier sa vie dans la voie d’Allah doit faire comme moi ». Dix hommes allèrent avec lui dans la montagne. Quand ils atteignirent les mécréants, ils étaient encore à leur place. Khalid s’exclama d’une voix bruyante : « Attrapez-les ! Puisse Allah bénir votre courage ». Les Musulmans bondirent sur eux, en tuèrent deux et capturèrent quatre autres. Khalid les questionna et ils répondirent : « Nous sommes des habitants de Dayroul Faqi’, Jami’ah et al-Kafr al-‘Azizah. Depuis que les Arabes ont envahi notre terre, nous avons éprouvé de grandes difficultés et ainsi la plupart des gens ont fui et trouver refuge occupé dans les forts. Nous sommes venus nous réfugiez car nous avons considéré cette montagne sauve. Nous grimpâmes au sommet pour constater les conditions quand vous êtes survenus et nous avez attrapés ».

– «  Où est l’armée romaine ? »

-« Ils ont atteint Ajnadayn et ont été placés sous le commandement du gouverneur de Palestine pour protéger Jérusalem. L’armée et les réfugiés se sont rassemblés à Ajnadayn et quelques soldats sont venus à nous pour collecter des ressources pour l’armée. Ils ont pris du bétail et des mulets comme bêtes de transport de peur que les Arabes les attaquent. Nous ne connaissons rien de plus excepté qu’il n’y a aucun doute qu’ils sont sortis aujourd’hui pour rassembler des ressources ».

– « Par le Seigneur de la Ka’bah (wa rabb al-ka’bah) ! C’est du butin. O Seigneur des mondes, aidez-nous contre ces gens. Quelle route ont-ils prit ? »

– « La même route sur laquelle vous êtes parce que c’est une large route et ils ont rassemblés leurs ressources près d’une dune de sable appelé la Dune des Bani Salif.

– « Que dites-vous au sujet de l’Islam et quelles sont vos croyances ? »

– « Nous connaissons que le christianisme. Nous sommes de simples fermiers et nous tuer ne vous bénéficiera en aucune façon ».

Khalid dit : « Nous devrions les libérés ».

Les Musulmans lui dirent : « Ils devraient être libérés à condition qu’ils nous emmènent aux ressources ».

Ils consentirent et marchèrent devant. Quand ils atteignirent la route, Khalid envoya quelqu’un chercher les hommes qui furent laissés dans le champ. Quand ils furent rassemblés, ils avancèrent rapidement avec les quatre chrétiens pour guides. Quand ils approchèrent de la dune, ils virent les Romains charger les ressources sur les bêtes tandis que six cent cavaliers étaient postés autour de la dune. Khalid appela les Musulmans : « Souvenez-vous qu’Allah vous a promis de l’aide contre l’ennemi, et aussi que le Jihad est une obligation pour vous. L’ennemi est devant vous. Espérez la récompense et ne ménagez pas vos efforts. Écoutez avec soin ce qu’Allah dit :

« Allah aime ceux qui combattent dans Son chemin en rang serré pareils à un édifice renforcé » [61:4].

Je vais les attaquer. Attaquez les aussi, mais personne ne doit doubler son compagnon ».

 

Sa’id Ibn Houdayfah a dit :

« Quand les Romains nous firent face pour le combat, les fermiers et les esclaves qui étaient avec le bétail fuirent. La bataille eut lieu durant un certain temps. Dzoul Kala al-Himyari s’adressa à sa tribu : « O gens de Himyar, les portes de Ciel sont ouvertes. Le paradis est orné pour vous et les Demoiselles du Paradis (hour ‘ayn) vous attendent ».

Un Romain encourageait ses troupes. Khalid le reconnu être le commandant à cause de sa splendide armure et sa monture. Il alla vers lui et lui cria des menaces tellement fort que l’ennemi fut effrayé. Khalid dit : « Je venge Sa’id » et il lança sa lance tellement fort que le Romain s’écroula comme un mur de fer. Il n’y eut aucun soldat de Khalid qui ne tua pas un cavalier romain.

Nous tuâmes trois cent vingt cavaliers tandis que le reste fuit dans la défaite, laissant derrière eux argent, matériel, mulets, chevaux turcs et ressources que nous avons saisis conformément à l’ordre d’Allah. Khalid accompli sa promesse et libéra les fermiers qui étaient restés. Il prit le butin et retourna à ‘amr Ibn al-‘as qui se réjouit de son retour de celui des Musulmans avec le butin. Il écrivit un rapport sur la bataille et sur les romains à Abou ‘Oubaydah et aussi à Abou Bakr et l’envoya avec Abou ‘Amir ad-Dawsi.

Quand Abou ‘Amir donna la lettre à Abou Bakr, il l’a lu à haute voix. Les Musulmans furent transportés de joie et crièrent « La ilaha illallah wa Allahou Akbar ! »

Abou Bakr se renseigna alors sur Abou ‘Oubaydah et Abou ‘Amir lui dit : « Il est encore à la frontière et n’est pas encore entré en Syrie. Il a entendu que César Héraclius a rassemblé une vaste armée à Ajnadayn et les Musulmans attendent des renforts ». De cela, Abou Bakr comprit consulta les Musulmans au sujet de lui envoyer Khalid Ibn al-Walid. Quand ils répondirent : « C’est plus approprié en effet ». Alors, il écrivit la lettre suivante à Khalid :

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

De: ‘AbdAllah Ibn al-‘Atiq Abi Qouhafah.

À: Khalid Ibn al-Walid.

As-Salamou ‘Aleykoum

Je loue Allah en dehors de qui, il n’y a nulle divinité et salut Son Prophète. Je te nomme commandant des armées musulmanes et t’ordonne d’allez combattre les Romains.

Hâtez-vous de rechercher la satisfaction d’Allah, tuez les ennemis et inclus-toi parmi ceux qui combattent dans le Chemin d’Allah.

« Ô vous qui avez cru! Vous indiquerai-je un commerce qui vous sauvera d’un châtiment douloureux ? » [61:10].

Tu es en charge d’Abou ‘Oubaydah et de son armée. Et Salamou ‘Aleyka.

 

 

 

[1] Premier appel pour la prière.

[2] Second appel pour la prière.

[3] Sa’id était âgé entre 16 et 18 ans.

 

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