SHAM

Foutouh SHAM

La Guerre en Palestine 

 

Les animaux de ‘Amr étaient maigres et faibles quand il arriva en Palestine par l’itinéraire d’Aylah. Il campa dans un endroit très luxuriant afin que les chevaux et les chameaux paissent et ils se remirent très rapidement. Un jour les Mouhajirin et Ansar se rassemblèrent pour se consulter sur la bataille quand soudain ‘Amir Ibn ‘Adi, vit un musulman pieux arriver. Il connaissait bien les villes de Syrie et les parce que la plupart de sa famille et amis y vivaient et il leur rendait souvent visite. Il revenait d’une de ses visites quand les Musulmans le virent et l’amenèrent à ‘Amr. ‘Amr observa un changement dans son visage et s’exclama : « O ‘Amir, quel est le problème ? Pourquoi parais-tu si effrayé ? » Il répondit :

– «  Il y a derrière moi une armée romaine montée sur les chevaux brisant tout sur leur passage ».

– « Tu as mis la peur des mécréants dans le cœur des Musulmans. Nous cherchons l’aide d’Allah contre eux. Dis-moi, à combien tu les estime ? »

– « O Commandant, j’ai grimpé une haute montagne pour estimer leurs nombres. Wadi al-Ahmar, une grande vallée en Palestine, était complètement bondé avec leurs bannières, leurs lances et leurs croix. Je pense qu’ils ne sont pas moins de cent mille. C’est tout ce que j’ai pu trouver. Je m’excuse d’avoir effrayer les Musulmans ».

– « Nous cherchons l’aide d’Allah, car tout le pouvoir et la force n’appartiennent qu’à Lui Seul. O gens, nous sommes vous et moi égaux en matière de Jihad. Cherchez l’aide d’Allah Exalté et battez-vous corps et âme pour la défense de votre Religion. Quiconque sera tué d’entre nous sera un martyr et quiconque restera en vie sera heureux. Maintenant faites-moi part de vos opinions ».

Les bédouins dirent : « O Commandant, emmène-nous dans un bois afin que nous puissions camper dans le centre. Ils n’auront pas l’audace de nous y attaquer là et ils ne pourront pas laisser indéfiniment leurs forts et leurs villes. Quand ils apprendront que nous campons dans le centre de la forêt, leur unité se brisera et ils deviendront négligents. Nous attaquerons alors et si Allah veut, nous serons victorieux ».

Souhayl Ibn ‘Amr dit : « C’est une opinion de lâche ».

Les Mouhajirin et les Ansar dirent : « Nous avons combattu avec le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et avec des petits nombres nous avons battu de grandes armées. Allah vous a promis la victoire et vous ordonnés la patience. Le bien n’est promis qu’aux patients. Le Qur’an dit :

« Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous ; et qu’ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu’Allah est avec les pieux » [9:123].

Et vous savez que nous sommes déjà dans le territoire de l’ennemi et qu’ils sont assoiffés de notre sang ».

‘AbdAllah Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait d’eux) dit : « Par Allah! Je n’abandonnerai pas le combat. Je tuerai les mécréants et ne remettrait pas mon sabre dans son fourreau. Quiconque souhaite revenir qu’il le fasse, mais souvenez-vous que quiconque fuit de cette grande tâche ne pourra jamais fuir d’Allah ».

‘Amr fut satisfait des Mecquois et d’Ibn ‘Omar et s’exclama : « O fils d’al-Farouq (‘Omar al-Farouq) vous avez remplis mes vœux et ta langue a exprimé ce qui est dans mon cœur. Je souhaite envoyer une avant-garde de mille jeunes combattants sous ton commandement pour constater leur position et définir leur condition afin que tu puisses nous dire comment combattre l’ennemi ».

– « Fait, car ma vie ne m’est pas si précieuse pour m’abstenir de la sacrifier dans la voie d’Allah ».

‘Amr lui confia un drapeau et l’envoya avec mille cavaliers des Banou Kilab, de Taif et de Thafiq. Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) voyagea le reste du jour et la nuit entière. Au matin, il vit un nuage de poussière qui augmentait au loin. Il dit : « Cette poussière annonce une armé en marche. Je pense que c’est l’avant-garde romaine ». Il ordonna à l’armée de s’arrêter. Un groupe de bédouins lui dit : « Autorise-nous à aller enquêter sur ce nuage de poussière ».

Ibn ‘Omar lui répondit : « Je ne le considère pas utile de diviser nos forces tant que nous sommes incertains de ce que c’est ».

Le nuage approcha puis se dispersa pour révéler l’avant-garde romaine de dix mille cavaliers envoyés par Rubius pour enquêter sur les Musulmans. Ibn ‘Omar dit « Ne leur donnez aucun répit et attaquez-les. C’est après tout, la raison pour laquelle vous êtes venus ici. Allah vous aidera contre eux. Souvenez-vous que le Paradis est sous l’ombre des sabres ».

Les Musulmans crièrent alors « Allahou Akbar! La ilaha illallah ! Muhammad Rassoul Allah ! » Les arbres, les pierres et les bêtes répondirent à leur cri. Alors, ils s’élancèrent immédiatement à l’attaque et le premier fut ‘Ikrimah suivit par Souhayl, et ad-Dahhak.

Les Mouhajirin et les Ansar attaquèrent alors et les deux armées se heurtèrent, épée et lances entrèrent en action.

 

Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit :

« Pendant la bataille, je vis un volumineux cavalier romain tantôt dans l’aile droite et tantôt dans l’aile gauche. Il me parut être le commandant, bien que les signes d’effroi de la bataille et de lâcheté soient visibles sur son visage. Sa grosse apparence lui donnait l’apparence d’un, chameau ivre et fâché. Je tendis ma lance et son cheval recula. Puis je ramenais ma lance en arrière si bien qu’il pensa que je fuyais et l’encouragea à m’attaquer. Je mis ma lance de côté, tirait mon sabre et tranchait sa lance. La pointe de la lance tomba et il se retrouva un bâton nu à la main alors je lui donnais un deuxième coup. Par Allah ! J’ai pensé avoir frappé une pierre. Une sonorité me fit croire que j’avais brisé mon sabre. Cependant, il n’était pas ainsi et il était intact. La sévérité du coup tua l’ennemi d’Allah. Je le frappais de nouveau à la base du coup jusqu’à ce qu’il tombe alors j’enlevais son armure. Quand les mécréants virent leur chef tomber mort, ils s’effrayèrent et les Musulmans les tuèrent énergiquement. Félicitations à ad-Dahhak Ibn Soufyan et Harith Ibn Hisham qui combattirent pour la satisfaction d’Allah. Durant la bataille, je fus pris au piège dans une situation difficile, mais bientôt Allah accorda la victoire aux Musulmans. Beaucoup de mécréants furent tués ou capturés.

Les Musulmans rassemblèrent tout le butin, et ils dirent : « Nous ne savons pas ce qui est arrivé à ‘AbdAllah Ibn ‘Omar ». Quelques-uns dirent : « Il a été tué ». D’autres : « Non, il a été capturé ». Puis d’autres ont dit : « Quoiqu’Allah a décrété pour lui ce sera bien du fait de son ascétisme et son adoration ». Quelques autres ont dit : « Si Ibn ‘Omar a été perdu alors cette victoire ne vaut pas une poignée de cheveux ».

Je me trouvais derrière une petite colline et j’entendis tout ce qu’ils dirent alors j’ai crié « La ilaha illallah, Muhammad Rassoul Allah » avant d’émergé portant mon drapeau. Ils se sont tourné vers moi et dirent : « O commandant, où étiez-vous ? »

Je dis : « Je combattais le commandant de l’ennemi ». Tout le monde fit des invocations pour moi et dirent : « Allah nous a accordé cette victoire grâce à ta bénédiction ».

Je leur répondis : « Non, c’est plutôt grâce à votre réussite ».

Les Musulmans rassemblèrent le butin soit des chevaux, des armes, de l’argent et six cent captifs. Sept Musulmans trouvèrent le martyr : Souraqah Ibn ‘Adi, Nawfal-Ibn ‘Amir, Sa’id Ibn Qays, Salim, l’esclave libre de ‘Alim Ibn Badr al-Yambarlou’i, ‘AbdAllah Ibn Khouwaylid al-Mazim, Jabir Ibn Rashid al-Hadrami et ‘Aws Ibn Salamah al-Hawazini.

Ibn ‘Omar conduisit la prière funéraire (salat al-janazah) et ils furent enterrés.

L’armée joyeuse revint à ‘Amr Ibn al-‘As et lui fit son rapport. Il fut très satisfait et remercia Allah. Alors il appela les prisonniers et demanda : « Qui d’entre vous connais l’arabe ? »

Trois Syriens parmi eux connaissaient l’arabe alors, il les questionna au sujet de leur armée et de leur commandant. Ils répondirent : « O Arabes, Héraclius a envoyé Rubius contre vous avec une armée de cent mille hommes et lui a ordonné de vous empêcher d’entrer à Aylah. L’armée de Rubius est en hâte et espère atteindre son but ce soir. Il n’y a pas dans l’empire romain quelqu’un qui lui est égal-dans l’art de la guerre. Il est très capable de vous battre et de tous vous détruire ».

‘Amr lui dit : «  J’espère qu’Allah le tuera comme ses compagnons ont été tués ».

Il leur présentés alors l’Islam mais aucun n’accepta. Il se tourna donc vers les Musulmans et leur dit : « L’armée romaine arrivera bientôt en Syrie pour se venger. Si nous libérons ces captifs, ils rejoindront l’armée romaine. Par conséquent, ils seront tous tués. Préparez-vous car il est très vraisemblable que l’ennemi arrive contre nous. S’ils nous combattent, nous leur rendrons la vie difficile. S’ils ne nous font pas face, leur pouvoir diminuera et si nous avançons contre eux j’ai la certitude qu’Allah Exalté nous accordera la victoire de même qu’Il la fait précédemment. Nous devons toujours gardé la foi en Lui ».

 

Abou ad-Darda a dit :

« Nous campâmes cette nuit à notre place au matin nous marchâmes une courte distance quand nous vîmes l’ennemi transportant neuf croix avec dix mille cavaliers sous chaque croix. Quand les deux armées se sont fait face, nous vîmes Rubius, qui ressemblait à un étalon, qui organisait son armée. ‘Amr organisa aussi son armée. Il donna le commandement de l’aile droite à ad-Dahhak Ibn Soufyan, l’aile gauche à Sa’id Ibn Khalid, l’arrière-garde à Abou ad-Darda, tandis qu’il prit le commandement du centre avec les Mouhajirin et les Ansars. Il demanda à chaque Musulman de réciter le Qur’an et dit : « Allah vous teste dans cette action vertueuse. Patientez devant la difficulté et espérez la récompense et le Paradis ».

Alors il aligna les rangs en formation de bataille. A distance Rubius observait l’armée musulmane. Il vit leur formation rênes contre rênes, étriers contre étriers comme une forteresse et que chaque soldat récitait le Qur’an. Alors il vit une lumière briller sur les fronts de leurs chevaux qu’il prit comme un présage de sa future défaite et d’une victoire pour les musulmans et la terreur pénétra leurs cœurs. Il attendit de voir ce que les Musulmans feraient et son honneur fut ébranlé ».

 

Abou Ad-Darda (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit :

« Le premier parmi les musulmans à partir en avant fut Sa’id Ibn Khalid qui partageait la même mère que ‘Amr Ibn al-‘As (qu’Allah soit satisfait de lui). Il sortit des rangs et provoqua les romains en duel : « Y a-t-il un prétendant ? » cria-t-il aux romains ? Puis il les attaqua à droite et à gauche tuant plusieurs d’entre eux battant leurs champions. Alors il chargea une deuxième fois, pénétra leurs rangs et causa des dégâts. Finalement ils l’encerclèrent et il trouva le martyr. Les Musulmans, et surtout ‘Amr furent accablé de douleur. Il dit : « O non! O non ! Par Allah! O Sa’id, tu nous as montré comment sacrifier sa vie dans la voie d’Allah. O braves Musulmans qui parmi vous sont assez courageux pour m’épaulez dans une attaque afin que je puisse trouver mon destin et rencontrer Sa’id ? » Ad-Dahhak Ibn Soufyan, Dzoul Kala al-Himyari, ‘Ikrimah Ibn Abi Jahl, Harith Ibn Hisham, Mou’ad Ibn Jabal, Abou ad-Darda, ‘AbdAllah Ibn ‘Omar, Wassid Ibn Warim, Nawfal, Sayf Ibn ‘Abbad al-Hadrami, Salim Ibn ‘Oubayd, les Mouhajirin et les vétérans de Badr répondirent instantanément : « Nous sommes présents ».

 

Ibn ‘Omar (qu’Allah soit satisfait d’eux) a dit :

« Nous étions soixante-dix jeunes qui chargèrent si vigoureusement que nous approchâmes l’ennemi. Cependant, ils étaient comme une montagne de fer et ils ne se sont pas inquiétés de nous. Quand nous vîmes leur fermeté, nous nous sommes dits : « Abattez leurs montures car nous ne voyons aucune autre façon de les détruire ». Nous harponnâmes les ventres de leurs chevaux qui tombèrent et ils nous attaquèrent. L’armée musulmane dans son intégralité répondit à leur attaque. Notre force comparée à la leur était comme une marque blanche sur un chameau noir. Notre slogan était « il n’y a nulle divinité excepté Allah. O Seigneur aide la Communauté de Muhammad, saluts et bénédictions d’Allah sur lui ».

 

Abou Ad-Darda a dit :

« Nous étions si occupé à combattre que nous n’avons pas même pas récité des poèmes de guerre. La bataille était si serrée qu’en frappant, nous n’étions pas sûrs si un Musulman ou un mécréant avait été touché. Bien que peu en nombre, nous sommes restés fermes, en plaçant notre confiance en Allah. Chaque Musulman frappa avec son sabre, disant fermement de tout son cœur : « O Allah, assiste la communauté de Muhammad, saluts et bénédictions d’Allah sur lui et sa famille, contre ceux qui T’ont associé un partenaire » ».

 

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