SHAM

Foutouh SHAM

La Bataille de Tabouk 

 

Alors Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) se leva et se rendit dans le camp des Moujahidine à l’extérieur de la ville de Médine. ‘Omar, ‘Uthman, ‘Ali, Sa’id Ibn Zayd ‘Ibn Amr Ibn Noufayl (qu’Allah soit satisfait d’eux), les tribus d’Aws, de Khazraj et d’autres l’accompagnèrent. En le voyant arriver, les Moujahidine se réjouirent l’accueillirent avec des « Allahou Akbar » (Allah est le Plus Grand) ! Leurs clameurs remplirent le ciel tant, ils étaient bruyant et nombreux si bien que les montagnes environnantes, répondirent « Allahou Akbar » aux cris des Moujahidine. Le Calife grimpa sur une élévation d’où il regarda les vagues de rangs qui couvraient chaque pouce du terrain. Son visage brilla de bonheur et il pria : « O Allah, accorde-leur la patience, aide-les et ne les fait tomber prisonniers dans les griffes des mécréants ».

Après son invocation, il appela Yazid Ibn Abi Soufyan, lui confia un drapeau et lui donna le commandement d’un bataillon de plus de mille cavaliers. Puis, il donna un drapeau au cavalier renommé du Hijaz, Rabi’ah Ibn ‘Amir de la tribu des Banou ‘Amir et aussi le commandement de mille cavaliers. Alors il dit à Yazid : « Rabi’ah Ibn ‘Amir est un noble de grand statut. Fait connaissance avec sa bravoure et ses tactiques d’attaques. Je le place sous ton commandement et tu devras le mettre à la tête de chaque avant garde. Consulte-le, suit ses conseils et ne t’oppose pas à son opinion ».

Yazid répondit : « Je ferais tel que tu me l’ordonnes ».

Yazid et Rabi’ah à cheval, vinrent à la tête des deux armées et prirent congé d’Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait d’eux) qui alla à pied avec eux. Yazid dit : « O Calife du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), je crains Allah et me sent honteux devant Lui que tu marches alors que nous montons. Montes ou laisse nous marcher ». Il répondit : « Je ne monterai pas plus que vous descendrez. J’espère la récompense d’Allah pour l’intention de cette marche[1] ».

Il marcha jusqu’à Thaniyatoul Wada’ où il s’arrêta. Yazid vint et lui dit : « O Calife du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), conseille-nous ! »

Abou Bakr dit : « Quand quittez une place ne causez pas de difficulté pour ceux qui marche. Ne punissez pas vos hommes rudement. Consultez-les dans chaque matière. N’abandonnez pas la justice et restez loin de l’injustice et de la tyrannie parce qu’aucune nation de tyran n’a jamais obtenu le succès ni la victoire sur une autre nation. Suivez ce que vous ordonne le Qur’an :

« Ô vous qui croyez, quand vous rencontrez (l’armée) des mécréants en marche, ne leur tournez point le dos. Quiconque, ce jour-là, leur tourne le dos, – à moins que ce soit par tactique de combat, ou pour rallier un autre groupe, – celui-là encourt la colère d’Allah et son refuge sera l’Enfer. Et quelle mauvaise destination! » [8:15-16]

C’est-à-dire, quand vous rencontrez l’armée des mécréants ne fuyez pas car quiconque fuit, perd la bataille. Quand vous obtenez la victoire ne tuez pas les enfants, les gens âgés et les femmes. N’approchez pas les récoltes des arbres. Les récoltes ne doivent pas être brûlées ni les arbres fruitiers coupés. Ne tuez aucun animal qui n’est pas permissible. Ne rompez pas les accords que vous faites avec l’ennemi et après la paix ne déchirez pas vos traités. Vous rencontrerez certainement des ascètes dans leurs monastères, pensant que ce qu’ils font est pour Allah. N’interférez pas avec eux pour aussi long qu’ils choisissent cet isolation – ne détruisez pas leurs monastères et ne les tuez pas.

Vous rencontrerez aussi des gens sataniques, combattez-les jusqu’à ce qu’ils acceptent l’Islam ou paye le tribut (jizyah) disgracié. Maintenant je vous laisse entre les mains d’Allah, puisse-t-Il vous protégez ».

Il serra la main de Yazid et l’embrassa puis après avoir fait la même chose à Rabi’ah, il lui dit : « O Rabi’ah Ibn ‘Amir, montre ta bravoure et ton intelligence dans le combat contre les Romains. Puisse Allah réaliser tous vos souhaits et nous pardonner à tous ».

 

L’armée Islamique marcha alors vers sa destination tandis qu’Abou Bakr et ses compagnons revinrent à Médine. Après avoir atteint une courte distance, Yazid et Rabi’ah prirent la route secondaire de Wadi al-Qoura qui conduit à Damas par Tabouk et al-Jabiyah.

 

Les Chrétien arabes qui vivaient à Médine informèrent l’Empereur romain, Héraclius du départ de l’armée musulmane vers leur pays. Il rassembla les fonctionnaires impériaux et dit : « O Romains, sachez que votre empire, vos richesse et vos vies font face à une menace. Durant tout le temps ou vous avez maintenu les lois de l’Injil, vous avez battu n’importe quel roi qui vous a attaqué ou votre souveraineté en Syrie. Rappelez-vous lorsque Kisra (Khosrô ou Chosroes) vous attaqua avec l’armée perse mais qu’il dut s’enfuir dans la défaite. Les Turcs vous attaquèrent aussi mais furent battus de la même façon. Les Jaramiqah vous envahirent mais vous les avez reconduits. Maintenant, vous avez apporté des changements et des innovations dans votre religion et choisis le chemin de la tyrannie. Vous êtes donc devenus des criminels aux Yeux de Dieu et sous le couvert de Son châtiment. Il envoie donc de tels gens contre vous qui n’ont ni grade ou rang. Nul nation n’a été considérée plus faible qu’eux afin qu’il ne nous vienne jamais à l’esprit qu’ils puissent nous attaquer dans nos propres territoires. Actuellement ce n’est rien d’autre excepté la famine et la faim qui les conduisent vers nous et le successeur de leur Prophète les a envoyés saisir nos terres et nous en expulser ».

Héraclius leur rapporta alors ce que les espions lui avait dit et les fonctionnaires impériaux répondirent à l’unanimité : « Envoie nous contre eux et ils ne réaliseront jamais leurs désirs. Nous les reconduirons en arrière dans la ville de leur Prophète, démoliront leur Ka’bah, déracineront ses fondations et n’épargneront pas un seul d’entre eux ».

Héraclius observa leurs visages passionnés, pesa leurs plans avec prudence et résolution et les trouva prêts, il choisit une cavalerie de huit mille hommes audacieux et courageux. Il nomma sur eux quatre grands commandants expérimentés :

– Batlic,

– Sergius son frère,

– Luke fils de Samuel, le chef de Police et,

– Le gouverneur de Gaza, d’Ascalon et de Salya. Ces quatre hommes représentaient l’apogée de la bravoure et de l’intelligence. Ils vêtirent leurs armures, préparèrent leurs équipements et déployèrent leurs parures. Le prêtre principal-pria alors pour leur victoire et leur assistance : « O Dieu! Aidez le parti qui suit la Vérité ».

L’encens brûla dans les églises et l’eau sacrée répandues sur eux. César en personne vint leur faire ses adieux et ils partirent en suivant les guides arabes chrétiens.

 

Yassir Ibn Houssayn a dit :

Yazid Ibn Abi Soufyan arriva à Tabouk trois jours avant les Romains. Le quatrième jour, les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) projetèrent d’avancer mais virent un nuage de poussière s’élever au loin. Allah Exalté, leur inspira alors une brillante stratégie. Yazid Ibn Abi Soufyan demanda à Rabi’ah Ibn ‘Amir de se cacher en embuscade avec ses mille hommes tandis qu’il mena les siens face à l’ennemi. Alors, il les aligna en rangs, leur donna des conseils et mentionna les faveurs d’Allah. Il dit : « Souvenez-vous qu’Allah vous a promis la victoire dans la plupart des lieux. Il a envoyé des anges à votre aide et dit dans le Qur’an :

« Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Allah est avec les endurants » [2:249].

Notre Maître, le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), a dit que le Paradis est sous l’ombre des sabres. O mes frères, vous êtes la première armée à conduire le Jihad contre les Romains. Peu importe l’armée musulmane qui nous rejoindra pour nous aider, vous restez la force originale. Il est donc exigé de vous de montrer ce que les Musulmans attendent de vous. L’ennemi vous affronte, par conséquent soyez prudent qu’il n’ait pas l’espoir de vous tuer. Aidez la religion d’Allah et Il vous aidera ».

 

Pendant que Yazid les conseillait, l’avant-garde romaine, suivie par le corps principal-arriva. Voyant la petite force arabe, ils pensèrent que c’était la totalité de l’armée. Ils crièrent et se dirent l’un à l’autre : « Encerclez ceux qui sont venus projetant de saisir votre empire, vous déshonorez et tuerez leurs rois. Tirez de l’aide de la croix afin qu’elle vous assiste ». Puis, ils attaquèrent alors.

Les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) répondirent avec grand courage et la bataille s’engagea et dura quelque temps. Les Romains eurent la main supérieure grâce à leur plus grand nombre et pensèrent capturer les Musulmans, quand soudainement Rabi’ah et ses hommes émergèrent montant leurs chevaux arabes. Ils saluèrent à haute voix le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et crièrent « Allahou Akbar! » comme s’ils étaient des nuages foudroyants. Rabi’ah attaqua violemment et la bannière du Tawhid (de l’Islam) fut élevée. Dès que les Romains virent l’embuscade, ils perdirent leur courage et Allah plaça une telle terreur dans leurs cœurs qu’ils quittèrent leurs rangs et s’enfuirent. Batlic encouragea ses hommes à continuer le combat quand Rabi’ah le vit et déduit qu’il était le commandant de l’armée. Avec grande audace, il transperça le Romain avec une telle force que la lance le pénétra et sortit dans son dos. Quand les Romains le virent tomber inconscient, ils fuirent impulsivement et abandonnèrent le champ de bataille aux Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux).

 

‘AbdAllah Ibn Hilm a dit :

Allah détruit deux mille deux cent Romains dans cette bataille et cent vingt Musulmans trouvèrent le martyr, principalement de la tribu Yéménite de Sakassik.

 

Sergius s’adressa aux Romains battus : « Comment puis-je me présenter devant César Héraclius quand l’audace d’une petite force musulmane détruisit nos grands champions. Notre sang tache la terre et nos cadavres jonchent le sol. Je ne peux pas revenir jusqu’à ce que j’ai vengé mon frère ou l’ai rejoint dans la mort ». Après ses propos, les Romains se réprimandèrent les uns les autres et retournèrent pour sauver laver leur affront. Ils levèrent leurs tentes, arrangèrent leur matériel et se préparèrent pour une violente bataille. Quand tout le matériel fut rangé et le camp fermement retranché, un chrétien arabe, Qadh Ibn Wathilah fut demandé et il lui fut dit : « Va dans le camp musulman et dit-leur de nous envoyer un homme sage, intelligent et expérimenté afin que nous puissions lui demander ce qu’ils veulent. »

Lorsque Qadh arriva, certains membres d’une tribu des Aws le virent, un étranger parmi eux, et lui demandèrent : « Que fais-tu ici? » Il répondit : « Le commandant de notre armée demande un de vos hommes sages et expérimentés afin de l’interroger sur les raisons pour lesquelles vous avez perturbé les affaires Impériales ».

Rabi’ah dit : « Je vais y aller ».

Yazid lui répondit : « Il vaut mieux que tu n’ailles pas du fait que tu as tué un de leurs grands chefs dans la bataille d’hier ».

Rabi’ah lui rétorqua : « Allah dit dans le Qur’an :

«  Dis : « Rien ne nous atteindra, en dehors de ce qu’Allah a prescrit pour nous. Il est notre Protecteur. C’est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance » [9:51].

Je vous conseille toi et les Musulmans de m’observer attentivement. Si j’attaque les Romains parce qu’ils me trahissent, alors combattez-les aussi ».

Il monta son cheval, salua les Musulmans et partit pour le camp de l’ennemi. Quand il arriva près de leurs tentes, Qadh dit : « Descend pour honorer l’armée impériale ».

Rabi’ah répondit : « Je ne suis pas quelqu’un qui abandonne l’honneur pour la disgrâce. Et il n’est pas question que je confis mon cheval à qui que ce soit. Je ne descendrai nulle part sauf à l’entrée de la tente. Si ce n’est pas alors acceptable pour vous, je vous combattrai parce que vous êtes ceux qui nous ont appelés et nous vous avons envoyé aucun message ».

Qadh informa les Romains. Ils se consultèrent les uns les autres et dirent : « Les Arabes sont fermes et vrais dans leurs paroles. Laissez-le venir comme il veut ». Donc il arriva monté jusqu’aux tentes où il descendit. Et, la bride de son cheval dans sa main, il s’assit les jambes croisées.

Sergius lui dit : « Mon cher frère arabe, nous vous avons toujours considérés comme faibles et il ne nous est jamais venu à l’esprit que nous nous combattrions et que vous nous attaquerez. Que voulez-vous donc ?

Rabi’ah lui répondit : « Nous voulons que vous acceptez notre religion et que vous récitez la même déclaration que nous. Si vous refusez, vous devrez alors payiez le tribut. Si vous avez aussi un problème avec cela, alors le sabre partagera entre nous ».

– « Pourquoi n’attaquez-vous pas les Perses à la place ? Nous devrions faire la paix et se traiter en amis ».

– « La Perse est plus loin éloignée pour nous que vous et Allah nous a commandés :

« Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous ; et qu’ils trouvent de la dureté en vous » [9:123] ».

– « Comment ! Un livre vous a été révélé ? »

– « Juste comme l’Injil qui a été donné à votre Prophète ».

– « Peut-être pourrions-nous faire la paix sur ces termes : nous donnerons à chacun de vos hommes un dinar et un chameau chargé de grain et pour votre commandant cent dinars et cent chameaux chargés de grain. Nous signerons un traité de paix stipulant que vous ne nous combattrez pas et nous de même ».

– « Cela ne peut être. Je t’ai déjà dit que votre premier choix est l’Islam, le deuxième la Jizyah et le troisième le sabre ».

– « Nous ne pourrons jamais abandonner notre religion et devenir des Musulmans car notre religion est la meilleure et mourir est meilleur que de vous payer la Jizyah. Vous ne savez pas combattre mieux que nous car dans notre armée, il y a des fils de généraux romains et Amalakites, des vétérans tous experts tant en épée qu’en lance ».

Sergius demanda à un prêtre nommé Sicilia de venir et de discuter avec « ce bédouin ».

 

 

 

[1] Abi ‘Abbas ‘AbderRahmane Ibn Jabir (qu’Allah soit satisfait de lui) a rapporté que l’Envoyé d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « L’enfer ne saurait toucher un homme dont ses pieds se sont couverts de poussière en combattant dans la voie d’Allah.» Sahih Boukhari.

La vertu de la poussière dans le chemin du Jihad a été mentionnée dans ce Hadith comme si c’est à travers la poussière bénie du Jihad qu’il est donné au Haq la supériorité sur le Batil.

C’est pourquoi chaque chose concernant cette cause et chaque exercice du Moujahid est aimée d’Allah. Le but étant que, s’assoir, se tenir, marcher, attaquer et monter son cheval tout est en vue pour la suprématie du verbe d’Allah et pour atteindre Sa Satisfaction. Par conséquent, le Moujahid est gratifié de nombreuses grandes générosités car ce Hadith indique, que même la poussière sur les pieds du Moujahid (combattant islamique) qui marche dans la cause du Jihad le sauvera du châtiment redoutable de l’enfer. Pour cette raison, les Sahabas et les figures éminentes de cette Oummah ont fait tout leur possible pour atteindre cette poussière.

Abou al-Misbah Makray (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : « Nous étions dans un groupe voyageant vers Rome. Le chef de ce groupe était Malik Ibn Kathan. Malik Ibn ‘AbdAllah passa près de Jabir Ibn ‘AbdAllah qui marchait tenant la corde de son âne. Malik lui dit : « O Abou ‘AbdAllah! Monte sur cet âne qu’Allah t’a gratifié ! »

Jabir répondit : « Je laisse mon âne se reposer et je suis un individu suffisamment pourvu de pour me passer des personnes. J’ai entendu le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) dire : « qu’une personne dont les pieds se sont couvert de poussière dans la voie d’Allah, son corps est interdit (Haram) à l’enfer (il n’entrera jamais en enfer). » En entendant cela, les gens ont sauté de leurs montures. Le narrateur a dit : « Je n’ai jamais vu des personnes marcher autant que ce jour. »

Ibn Hajar a dit que si la vertu de la poussière dans la voie du Jihad est si grande, alors que sera le rang de celui qui dépense tous ses efforts dans cette cause… il est même difficile d’imaginer ce statut.

Abou Darda (qu’Allah l’agrée) a relaté que le Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) a dit : « Quiconque dont les pieds ont été couverts de poussière dans la voie du Jihad, Allah éloigne de mille ans l’enfer de cette personne ». Rapporté par Tabarani. Fathoul Bari (p.111).

(Extrait du livre « Les vertus du Jihad » du Sheikh Muhammad Mas’oud Azhar)

 

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