SHAM

Foutouh SHAM

Chapitre Un : Damas 

 

Introduction 

Abou Bakr Ibn Ahmad a rapporté de ‘Uthman ‘Ibn Omar ‘Ibn ‘AbderRahmane, de Nawfal Ibn Muhammad, de Muhammad Ibn ‘AbdAllah Ibn Muhammad, de Rabi’ah Ibn ‘Uthman, de Younous Ibn Muhammad, de Ma’in Ibn Yahya Ibn ‘AbdAllah, de Muhammad Ibn ‘Omar ar-Rafiqi, de Mou’ad Ibn Muhammad al-Ansari, de ‘AbderRahmane Ibn ‘Abdel ‘Aziz, de AbdAllah Ibn Majid que :

Le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) décéda et Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) devint le Calife. Abou Bakr élimina les faux prophètes, Moussaylamah et Shouja’ Waloud, tandis que Toulayhah s’enfuit en Syrie. Il conquit Yamahah, anéantit les Banou Hanifah et les Arabes se soumirent à lui. Le Calife se décida à envahir la Syrie et combattre les Romains. Alors, il rassembla les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) et leur dit : « O gens, puisse Allah vous faire miséricorde. Rappelez-vous qu’Allah vous a bénis avec l’Islam, vous a faits de la Communauté (oummah) de Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), a augmenté votre foi et votre conviction et vous a accordé une complète victoire. Il a dit :

« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous » [5:3].

Sachez que Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) projeta de conduire le Jihad en Syrie et voulut que des efforts soient entreprit sur ce point mais Allah Exalté l’a rappelé à Lui. Soyons donc clair sur ce point, je projette d’envoyer en Syrie une armée musulmane avec leurs familles et leur dépendants. Le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) m’a dit avant son décès :

« La Terre m’été montrée et j’ai vu l’est et l’ouest que ma communauté ne tardera pas à conquérir ».

Vous devez donc conclure un accord et m’exprimer vos opinions, puisse Allah vous faire miséricorde ».

Les Compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux) répondirent à l’unanimité : « O Calife du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), nous sommes sous vos ordres. Nous sommes prêts pour ce que tu nous commanderas car Allah Exalté nous a ordonné l’obéissance. Il a dit :

« Ô les croyants! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement » [4:59].

 

 

Abou Bakr convie les Yéméni pour le Jihad  

 

Abou Bakr fut très satisfait de cette réponse et par conséquent écrivit aux rois du Yémen, aux chefs Arabes et aux les gens de La Mecque :

Par le nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

De: ‘AbdAllah al-‘Atiq Ibn Abi Qouhafah.

À: Tous les Musulmans.

As-Salamou ‘Aleykoum (que la paix soit sur vous).

Tous les éloges sont à Allah Seul et saluts sur Son Messager. Sachez que je projette d’envoyer une armée en Syrie pour expulser les mécréants et ceux qui ne marchent pas sur le chemin droit. Quiconque parmi vous projettes de faire le Jihad doit se hâter d’obéir à Allah et faire des préparations car Allah dit :

« Légers ou lourds, lancez-vous au combat, et luttez avec vos biens et vos personnes dans le sentier d’Allah. Cela est meilleur pour vous, si vous saviez » [9:41].

Abou Bakr donna ces lettres à Ibn Anas Malik (qu’Allah soit satisfait de lui) le serviteur du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et attendit leur réponse.

 

Jabir Ibn ‘AbdAllah a dit :

Anas revint peu après avec les bonnes nouvelles que les gens de Yémen arrivaient. Il dit à Abou Bakr : « Tous ceux à qui j’ai lu ta lettre ont immédiatement obéi à Allah et accepté tes ordres. Ces gens vont se présenter avec leurs armes et leurs armures. O Calife du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), je les ai précédés pour t’annoncer ces bonnes nouvelles. En t’obéissant, ils acceptent d’avoir leurs cheveux ébouriffés et leurs corps couvert de poussière. Les chefs du Yémen sont d’excellents cavaliers extrêmement courageux et ils arriveront bientôt avec leurs familles et leur dépendants. Tu dois te préparer à les rencontrer ».

Abou Bakr fut très heureux d’entendre ceci.

Le jour suivant, les signes de l’arrivée des combattants (moujahidin) apparurent et les gens de Médine l’informèrent. Abou Bakr leur ordonna de prendre leur monture et sorti avec eux pour les accueillir.

Bientôt des légions de Moujahidine arrivèrent, les unes après les autres, chaque tribu avec son emblème et son étendard. La première tribu Yéménite qui arriva fut celle de Himyar, équipée de bonnes armures, de sabre ou d’arc arabe, sous le commandement de leur chef, Dzoul Kala al-Himyari coiffé d’un turban. Il s’approcha d’Abou Bakr, le salua, s’identifia ainsi que les membres de sa tribu puis récita le poème suivant :

« Himyar est ma tribu, et ces gens que vous voyez,

Sont les premiers dans la bataille et de haute lignée.

Lions de bravoure, ils sont les chefs de la fermeté,

Avec les lames courbes, ils frappent les grands guerriers armés.

Notre parure est la bataille, ferme restons-nous vainqueurs ou tués.

Dzoul Kala al-Himyari est le commandant de la totalité.

Notre armée est venue et sur l’empire romain est notre vision,

Avec notre puissance, la Syrie deviendra notre maison.

Damas sera pour nous,

Et dans l’abîme, nous les enverrons tous !

 

Entendant cela Abou Bakr sourit et dit à ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) « O Abou al-Hassan, n’as-tu pas entendu le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) dire : « Quand les Himyar viennent avec leurs femmes qui portent leurs enfants alors réjouissez-vous de l’aide d’Allah pour les Musulmans contre tous les polythéistes » ».

‘Ali répondit : « Tu as dit la vérité. J’ai en effet entendu le Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) le dire ».

 

Anas a dit :

Quand les Himyar passèrent avec toutes leurs familles, leurs dépendants, leurs vivres et leur logistique de guerre, la tribu Mathhij vint après eux. Ils montaient de fins chevaux et tenaient des lances tranchantes. Leur chef, Qays Ibn Houbayrah al-Mouradi approcha Abou Bakr, se présenta ainsi que sa tribu puis récita ce poème :

« Notre armée s’est dépêchée pour toi,

De Mourad nous sommes les rois,

Nous sommes venus afin que tu puisses constater,

Comment nous tuons les Romains avec les sabres qui sont à nos côtés ».

 

Abou Bakr fit une invocation (dou’a) pour eux et ils poursuivirent leur chemin. Puis, la tribu de Tayyi arriva sous le commandement de leur chef Habis Ibn Sa’id at-Tayyi, qui voulut descendre pour saluer le Calife mais Abou Bakr par un serment l’empêcha de le faire. Quand Habis approcha, il salua et serra chaleureusement les mains d’Abou Bakr qui le remercia. Ensuite, arriva un immense contingent de la tribu d’Azd sous le commandement de Joundoub Ibn ‘Amr ad-Dawsi. Parmi eux, se trouvait Abou Hourayrah (qu’Allah soit satisfait de lui) portant un arc et un carquois de flèches. A sa vue, Abou Bakr sourit et lui demanda « Pourquoi es-tu venu, connais-tu l’art de la guerre ? »

Abou Hourayrah répondit : « Premièrement, je souhaite participer à la récompense du combat dans la voie d’Allah Exalté, et deuxièmement, si Allah veut, je mangerais des fruits syriens! »

Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) rit beaucoup de sa réponse.

 

Les Banou Abs arrivèrent sous le commandement Mayssarah Ibn Masrouq al-‘Absi suivi par les Kinanah commandés par Fathm Ibn Ashyam al-Kinani. Toutes les tribus du Yémen apportèrent avec eux leurs femmes, leurs enfants, leurs richesses, leurs chevaux et leurs chameaux. Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) fut très heureux par cette parade et remercia Allah.

Les tribus campèrent séparément autour de Médine. Depuis l’arrivée des nombreuses armées, la nourriture et l’espace devinrent insuffisants. Les ressources de la nourriture diminuèrent très sérieusement et il devint difficile de trouver des grains et des pâturages pour les chevaux. Par conséquent, les chefs se consultèrent et décidèrent de demander au Calife de les envoyer en Syrie à cause de la surpopulation. Ils allèrent voir Abou Bakr, le saluèrent et s’assirent. Ils se sont regardés les uns et autres se demandant qui allait parler en premier et finalement Qays Ibn Houbayrah dit : « O Calife du Messager d’Allah (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui). Tu nous as appelés pour une tâche à laquelle nous avons répondu immédiatement par obéissance à Allah et à Son Messager et par impatience pour le Jihad. Par la grâce d’Allah nos armées sont prêtes et bien équipées mais nos troupes connaissent quelques difficultés depuis que la ville ne peut pas accommoder tous les chevaux, les mulets et les chameaux, ni les besoins de tous les hommes. Nous te demandons par conséquent de nous autoriser à combattre ou si tu as changé d’avis de nous autoriser à nous retirer dans notre patrie ».

Et tous les chefs, à tour de rôle, exprimèrent la même idée. Après les avoir tous écoutés, Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) répondit : « Par Allah ! Je n’avais aucune intention de vous causer des difficultés. J’ai seulement voulut que tous les contingents soient présents afin que le nombre de l’armée soit complété ».

Ils dirent : « Toutes les tribus sont désormais présentes, par conséquent, place ta confiance en Allah et envoie-nous ».

 

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