SOUDAN

AFRIQUE CENTRALE

Zanzibar et l’île de Kilwah

 

L’Arabie ou la Péninsule Arabe est séparée de l’Afrique de l’est par la Mer Rouge. Les régions côtières d’Afrique de l’est et les îles voisines furent visitées par les commerçants musulmans et ce sont ces derniers qui apportèrent l’Islam en Afrique de l’est.

A l’époque du Prophète (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui), certains Musulmans, opprimés par les Qouraysh de la Mecque, cherchèrent refuge en Afrique de l’est dans la cour du roi d’Abyssinie et la côte de l’Afrique de l’est devint un sanctuaire fréquent pour les Musulmans opprimés et parmi eux, les partisans de Zayd, l’arrière-petit-fils de ‘Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah soit satisfait de lui).

Au cours de l’histoire des Musulmans du Shiraz, de l’Oman et d’ailleurs émigrèrent en Afrique de l’est et dans les iles voisines. Les réfugiés musulmans d’al-Ahsah fondèrent la ville de Mogadishu.

Bien avant le milieu du sixième siècle de l’Hégire (douzième siècle), la plupart des gens de Zanzibar et des îles proches étaient convertis à l’Islam et les Musulmans y établirent un certains nombres de colonies. La plus importantes d’entre elles fut celle de l’île de Kilwah qui, sous les Musulmans, devint un important centre commercial et Ibn Batouta visita Kilwah en l’an 732 de l’Hégire (1331) dont le souverain était à l’époque al-Hassan Ibn Souleyman qui était surnommé Abou al-Mawahib, le donateur de cadeaux, à cause de sa grande générosité.

Al-Hassan accomplit le pèlerinage et resta dans les villes al-Haramayn du Hijaz durant deux années pour étudier l’Islam. A cette époque, une importante principauté de Zanj[1] païens apparurent en Afrique de l’est et les souverains de Kilwah menèrent des campagnes contre eux et conquirent une partie de leurs terres.

Durant les septième et huitième siècle de l’Hégire (treizième et quatorzième siècle), Kilwah atteignit une grande importance et selon les récits qui nous sont parvenus, il semble que pendant les jours de sa prospérité, Kilwah était une grande ville qui comptait trois-cents mosquées.

 

 

Les invasions européennes

 

En l’an 911 de l’Hégire (1505), Kilwah, Zanzibar et les régions voisines furent envahies par les Portugais et leur période d’occupation, fut la période la plus sombre dans l’histoire de la région. Les mécréants portugais massacrèrent les Musulmans en masse et essayèrent de convertir les gens de force au Christianisme mais échouèrent dans leur effort.

 

Le règne des envahisseurs portugais dura environ deux-cents ans et en l’an 1143 de l’Hégire (1730), Zanzibar et les îles avoisinantes devinrent une partie du royaume de l‘Oman.

 

En l’an 1248 de l’Hégire (1832), le roi du ‘Oman de l’époque Sayyid Sa’id déplaça sa capitale à Zanzibar et sous son règne, Zanzibar devint un grand centre commercial et culturel.

Sayyid Sa’id mourut en l’an 1273 de l’Hégire (1856) et son royaume fut divisé entre ses deux fils. Majid reçut Zanzibar et les autres possessions d’Afrique. Il régna durant quatorze ans et fut succédé en l’an 1287 de l’Hégire (1870), par son plus jeune frère Bargash.

A cette époque, son royaume comprenait les îles de Zanzibar, Pemba et Mafia et la région côtière de l’Afrique de l’est du Cap Delgade jusqu’au nord. Durant le gouvernement de Bargash, les pouvoirs impériaux de la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie s’approprièrent des parties du royaume de Zanzibar. L’Italie acquit la partie nord, les Britanniques la partie côtière de l’Afrique de l’est et l’Allemagne la partie sud qui vint à être plus tard connue comme Tanganyika et annexa aussi l’île de Mafia.

 

Bargash mourut en l’an 1306 de l’Hégire (1888) et son successeur Sayyid Khalifah gouverna sur un fragment de l’ancien empire de Zanzibar. Les pouvoirs impériaux ne permirent pas au Sultan de Zanzibar de régner indépendamment malgré le peu de terre qu’ils lui laissèrent.

 

En l’an 1308 de l’Hégire (1890). Zanzibar fut proclamé un protectorat britannique et toute l’autorité exécutive fut exercé et conféré aux résidents britanniques. L’état subit de plus des pertes dans ses possessions territoriales.

 

Sous la pression internationale, Helgoland fut cédé à l’Allemagne et tous les droits de Madagascar furent abandonnés à la France. Sayyid Khalifah décéda en l’an 1310 de l’Hégire (1892) et fut succédé par Sayyid Hamid qui mourut en 1314 de l’Hégire (1896) et son cousin Sayyid Khalid se proclama Sultan. Les Britanniques bombardèrent son palais et Sayyid Khalid se réfugia dans le consulat allemand, où lui fut enlevé son royaume de l’Afrique de l’est au profit des allemands.

Par la suite, les Britanniques installèrent leur laquais Sayyid Hamid II comme sultan, à l’exemple des Zarl et des Zardani, des Kharzaï et des Moukharaf, un sultan insignifiant qui n’avait seulement que le titre tandis que toute la politique et l’autorité était exercée par les Britanniques qui agissaient aussi comme le Premier ministre.

 

 

La Mauritanie

 

Concernant l’histoire de la Mauritanie (actuelle), elle fut tout d’abord partie intégrante du Maghreb al-Aqsa et fut le territoire de tribus Berbères dont celle des Lamtounah, les hommes voilés, ou les Mourabitine. Puis elle fut tour à tour partie intégrante, comme nous allons le voir dans l’histoire de ces trois empires, de l’empire du Ghanah conquis par les Mourabitine de 750 à 1068, de l’empire du Mali de 1235 à 1546 puis de l’empire du Songhaï du 15 au 16 siècle.

 

 

Brève chronologie (Wikipedia)

 

Trois siècle avant l’Islam, Les Berbères Sanhadja arrivèrent en Mauritanie. Au cours des siècles suivants, les Berbères devinrent les leaders du commerce en Mauritanie en contrôlant les routes commerciales entre Koumbi Salah, Aoudaghoust et Tombouctou, le Mali actuel. Les marchandises les plus importantes étaient les esclaves, l’or, l’ivoire, le cuivre et le sel.

Avant le deuxième siècle de l’Hégire (huitième siècle), le royaume du Ghana était établit dans le Sénégal actuel, le Mali dans le sud-est de la Mauritanie. La capitale était à Koumbi Salah dans la Mauritanie actuelle.

 

En l’an 380 de l’Hégire (990), le Ghana attaqua et prit le contrôle d’Aoudaghoust.

 

En l’an 439 de l’Hégire (1039), ‘AbdAllah Ibn Yassine, le fondateur des Mourabitine, déclara la guerre contre les Berbères Sanhadja païens.

 

En l’an 468 de l’Hégire (1076), les Mourabitine et les Berbères Sanhadja rasèrent Koumbi Salah et le Ghana survit 150 années supplémentaires.

 

Au milieu du septième siècle de l’Hégire (treizième siècle), les Banou Hassan, des nomades d’origine Arabe, arrivèrent en Mauritanie.

 

En l’an 849 de l’Hégire (1445) les commerçants portugais établirent un comptoir commercial sur l’île d’Arguin dans la Mauritanie du Nord.

Au neuvième siècle de l’Hégire (quinzième siècle), la Mauritanie du Nord fut conquise par les Banou Hassan.

 

Au onzième siècle de l’Hégire (dix-septième siècle) les Français, les Anglais et Hollandais s’installèrent en Mauritanie ou ils luttèrent pour le contrôle du commerce de la gomme alors que les Portugais perdaient leur influence. Le commerce d’esclave devint alors très important pour la France.

En l’an 1139 de l’Hégire (1727), les Hollandais quittèrent la Mauritanie.

 

Au douzième siècle de l’Hégire (dix-huitième siècle), suite au travail de sape des colonisateurs, diviser pour mieux régner, la Mauritanie se trouva divisée en plusieurs émirats, Trarza, Brakna, Adrar et Tagant.

 

Au treizième siècle de l’Hégire (dix-neuvième siècle), la guerre civile, poussée, soutenue et entretenue par la France, explosa entre les émirats.

 

En l’an 1229 de l’Hégire (1814), avec le Traité de Paris, la France, en accord avec d’autres états européens, reçut des droits territoriaux sur la Mauritanie sans bien sur demander l’avis des Mauritaniens.

 

En l’an 1235 de l’Hégire (1820) prit « officiellement » fin l’esclavage commercial.

 

En l’an 1273 de l’Hégire (1857), suite à un accord entre la France et la Grande-Bretagne, les colons britanniques se retirèrent et s’installèrent en Gambie ce qui laissa la main libre aux Français en Mauritanie.

 

En l’an 1306 de l’Hégire (1899), la pacification de la Mauritanie débuta sous l’administration de Xavier Coppolani. Il s’allia alors avec les Berbères pour diviser les chefs arabes.

 

En l’an 1320 de l’Hégire (1902), Coppolani prit le contrôle de grandes parties de la Mauritanie du sud qui l’année suivante furent transformées en protectorat Français.

 

En l’an 1323 de l’Hégire (1905), Coppolani est tué et le colonel Gouraud continuera son travail à prendre le reste du territoire au nord et à l’est.

 

En 1908, Adrar est occupé par la France puis en 1911, Hodh au sud-est.

 

En l’an 1338 de l’Hégire (1920), la Mauritanie devint l’Afrique de l’ouest française et tout le pays tomba sous le contrôle français. Certains chefs nomades se levèrent alors contre l’envahisseur et leur guérilla contre les Français dura jusqu’en l’an 1374 de l’Hégire (1955).

 

En l’an 1345 de l’Hégire (1946), la Mauritanie devint un territoire d’outre-mer de l’union française. Hourma Ould Babana, d’origine berbère, devint le député mauritanien à l’assemblée nationale française et pour le devenir, il faut complètement renier sa race, sa religion, ses racines et ses coutumes.

 

En l’an 1370 de l’Hégire (1951), eut lieu des élections pour une l’assemblée et les groupes et les individus coopérant avec les puissances coloniales françaises devinrent les vainqueurs à 99,9%. Sidi al-Moukhtar devient le député de la Mauritanie, après avoir vaincu Babana qui était devenu impopulaire pour ses idées socialistes. Ceci est la version officielle de sa défaite la véritable raison est que tous ces votes n’étaient qu’un simulacre démoncratique, les collaborateurs n’étaient que des laquais de la France qui orchestra toute cette mise en scène.

 

En l’an 1374 de l’Hégire (1955), les chefs de tribu de la région Rigaibat se rendent aux autorités Françaises.

 

En l’an 1376 de l’Hégire (1957), Moukhtar Ould Daddah est élu vice-président du conseil d’administration.

 

En l’an 1377 de l’Hégire (1958 le 28 novembre), la république islamique de Mauritanie est proclamée et devient une partie autonome de la communauté française.

 

En l’an 1380 de l’Hégire (28 novembre 1960), la Mauritanie devient une nation indépendante officiellement mais toujours assujettie à la France et Ould Daddah le président laquais.

 

En l’an 1388 de l’Hégire (1968), l’arabe Hassaniyyah et le Français deviennent les langues officielles de la Mauritanie.

 

En 1398 de l’Hégire (1978 le 9 juillet), un coup militaire évince Moukhtar Ould Daddah du pouvoir.

 

En l’an 1400 de l’Hégire (1980), nouveau coup d’état du Lieutenant-Col Muhammad Khouna Haidallah qui devint président.

 

En 1404 de l’Hégire (1984 le 12 décembre), nouveau coup d’état, cette fois c’est le premier ministre Ould Taya qui dépose le président Haidallah.

 

En 1413 de l’Hégire (1992), Ould Taya devint le nouveau président malgré les accusations de fraude mais comme la politique n’est pas faite dans le pays mais depuis l’étranger, il faut faire avec.

 

En l’an 1422 de l’Hégire (2001), découverte du pétrole.

 

En l’an 1426 de l’Hégire (2005), nouveau coup d’état militaire Ely Ould Muhammad VI s’autoproclame président provisoire.

 

En l’an 1428 de l’Hégire (mars 2007), Sidi Ould Sheikh ‘AbdAllahi devint le nouveau président.

En l’an 1429 de l’Hégire (31 janvier2008), coup d’état militaire, le président ‘AbdAllahi, le premier ministre et le ministre des affaires intérieures sont arrêtés. Le pouvoir est transféré à une junte militaire, menée par général Ould ‘Abdel ‘Aziz.

 

Le problème de ces républiques comme les Comores, l’ile Maurice, la Réunion, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Ethiopie, les pauvres pays d’Afrique, etc., c’est qu’elles ne sont pas maitresses de leurs destinées mais suzeraine de pays qui décident pour elles. Ces coups d’état ne sont ni le fruit du hasard ou d’accidents mais bien des volontés. Ces républiques que l’on appelle à tort des républiques bananières ne sont prisonnières que des mangeurs de bananes et le jour, ou ils disparaitront, l’Afrique et le reste du monde redeviendra libre.    

 

 

 

[1] Nous avons rapporté l’intégralité de leur immonde histoire dans notre « Abrégé de l’histoire des Abbassides ».

 

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