SOUDAN

AFRIQUE CENTRALE

Le royaume de Yourouba

 

Yourouba se trouvaient au sud de Noupe et était à l’origine une partie de l’état d’Oya.

Vers l’année 1232 de l’Hégire (1817), Afronja le gouverneur Oya de Horin, se révolta contre Oya. Il fut soutenu dans sa révolte par ‘Alimi un chef musulman Yourouba et un savant Foulani.

Afronja devint le souverain du nouvel état d’Yourouba bien que ce fut ‘Alimi qui exerçait le pouvoir derrière le trône. ‘Alimi décéda en l’an 1248 de l’Hégire (1833) et fut succédé par son fils ‘Abd as-Salam qui fut plus ambitieux que son père et aspira au pouvoir politique et entra en conflit avec Afronja le souverain d’Yoruba. Lors d’une bataille entre les deux partis, Afronja fut vaincu et tué et ‘Abd as-Salam devint le souverain d’Yorouba.

Sous le règne de ‘Abd as-Salam, Yourouba devint le bastion du sud-ouest des Foulani tandis qu’Adamawa était le bastion du sud-est. ‘Abd as-Salam essaya de promouvoir l’Islam qui atteignit la côte atlantique. A cette époque, Yourouba devint un marché d’esclaves ainsi qu’Ibadan comme son rival.

‘Abd as-Salam mourut en l’an 1258 de l’Hégire (1842) et après lui, l’anarchie régna dans les affaires de Yourouba. La guerre fratricide entre les Foulani décima Yourouba et profitant de ces conflits parmi le Foulani, Ibadan augmenta sa pression contre Yourouba et en l’an 1278 de l’Hégire (1862), Ibadan triompha et mit fin à l’état d’Yourouba.

 

 

Le royaume de Waday

 

Au dixième siècle de l’Hégire (seizième siècle), la région de Waday dans le Soudan central fut occupé par les gens de la tribu Tounjour qui fondèrent un état avec la capitale à Kadamah. L’Islam fut d’abord prêché dans Waday par Salih un savant religieux, à la fin du dixième siècle de l’Hégire (seizième siècle). Après sa mort,     son fils ‘Abd al-Karim reprit la mission de son père Salih et réunit autour de lui les jeunes hommes de la tribu qui s’étaient convertis à l’Islam.

En l’an 1020 de l’Hégire (1611), il lanca le Jihad contre Tounjour qui n’avait toujours pas répondu à l’appel de l’Islam et après l’avoir conquis, il devint le maître de Waday et fut le premier souverain musulman de Waday. Il prit le titre de Koulak et fit de Wara, au nord-ouest d’Abeshi, sa capitale. Au départ, il ne fut pas très puissant et dut payer tribut au Darfour à l’est et à Boumou à l’ouest, qui menacèrent de restituer les Tounjour souverains de Waday.

 

 

Ya’qoub Aris

 

Après la mort de ‘Abd al-Karim, ses successeurs furent des hommes ordinaires qui, bien qu’ils essayèrent d’ôter le joug des états voisins, échouèrent dans leurs efforts.

Pendant le règne de Ya’qoub Aris, de l’an 1092 à 1119 de l’Hégire (1681 à 1707), des efforts particuliers furent déployés pour promouvoir l’Islam et il invita des ‘Oulama d’autres pays musulmans à s’installer dans Waday qui suite à leurs efforts, accélérèrent le processus de conversion à l’Islam. Pendant cette période un grand nombre de Madrassas furent établies dans les différentes parties de l’état.

 

 

Muhammad Jawdah

 

Le plus grand souverain de la dynastie fut Muhammad Jawda qui régna cinquante ans, de l’an 1158 à 1209 de l’Hégire (1745 à 1795).

Il libéra le pays des jougs de Darfour et de Boumou et déclara l’indépendance de Waday. Il entreprit par la suite des expéditions contre les païens et les convertis à l’Islam. Il promut l’agriculture et le commerce et sous son règne l’état s’enrichit.

Muhammad Jawdah fut succédé par son fils Muhammad Salih qui fit quelques conquêtes dont Fitri et annexa des territoires jusqu’aux frontières de Kanim.

 

 

‘Abd al-Karim

 

Dans les premières années du dix-neuvième siècle, ‘Abd al-Karim surnommé Saboun détrôna son père Muhammad Salih et devint le nouveau souverain, un bon souverain. Il fit de Baigirimi un état vassal, ouvrit de nouvelles routes commerciales vers l’Egypte et porta une attention particulière à la promotion du commerce. Il accueillit les négociants étrangers et sous son règne, la capitale de son état devint un important centre de marketing.

Son règne dura de l’an 1218 à 1228 de l’Hégire (1803 à 1813).

 

‘Abd al-Karim fut succédé par son fils Youssouf Kharifayn qui était énergique mais débauché. Il fut impliqué dans un scandale de femmes et perdit la vie en l’an 1244 de l’Hégire (1829).

 

Youssouf Kharifayn fut succédé par ‘Abd al-’Aziz qui gouverna jusqu’en l’an 1249 de l’Hégire (1834). Pendant cette période, une épidémie de choléra fit rage dans le pays et le décima, suivit par la famine qui ajouta à la misère des gens.

 

Tirant profit de la misère des gens dans Waday, les forces de Darfour envahirent le pays en l’an 1249 de l’Hégire (1834), et quand ‘Abd al-’Aziz fut évincé du pouvoir, Muhammad ash-Sharif le remplaça. Il transféra sa capitale de Warah à Abeshi et régna vingt-trois ans, de l’an 1250 à 1274 de l’Hégire (1835 à 1858) durant lesquels il ne fut qu’un laquais du Darfour.

 

 

‘Ali ash-Sharif

 

Muhammad ash-Sharif fut succédé par son fils ‘Ali ash-Sharif qui fut un souverain exceptionnel, juste, sans prétention et doux.

 

En l’an 1287 de l’Hégire (1870), il attaqua Masina, la capitale de Baigirimi, et prit un grand butin et un grand nombre d’esclaves.

‘Ali mourut en 1295 de l’Hégire (1878) et fut succédé par son frère Youssouf ash-Sharif qui régna de l’an 1295 à 1315 de l’Hégire (1878 à 1898). Durant cette période, Baigirimi se libéra du joug de Waday.

Youssouf ash-Sharif maintint des relations amicales avec le Mahdi du Soudan.

 

 

L’occupation française

 

Un état d’anarchie, marquée par des conflits fratricides entre les princes de Waday succéda à la mort de Youssouf ash-Sharif. La France profita de ces conflits et occupa le Waday dans la première décade du vingtième siècle.

 

 

Le royaume de Baigirimi

 

L’état de Baigirimi était situé au sud-est du lac Tchad dans la vallée inférieure du fleuve Shari dans le Soudan central et fut fondé dans les premières années du dixième siècle de l’Hégire (seizième siècle) et avait sa capitale à Masina.

Les trois premiers souverains de l’état furent des païens. Le troisième souverain, Malou, fut renversé par son frère en l’an 975 de l’Hégire (1568), qui devint Musulman et se renomma ‘AbdAllah. Il fut un grand souverain et régna durant quarante ans, de l’an 975 à 1017 de l’Hégire (1568 à 1608). Il prit le titre de Mbang, réorganisa l’administration, bâtit une forte armée et étendit son influence dans les états voisins de Kouka et de Madougou qui devinrent ses vassaux. Il établit certaines institutions islamiques, mais la majorité des gens restèrent païens.

‘AbdAllah fut un contemporain d’Idriss Alawma qui gouverna Lomou de l’an 1163 à 1011 de l’Hégire (1570 à 1603). Quand Idriss Alawma entreprit ses campagnes d’expansion, ‘AbdAllah trouva la sécurité en portant allégeance à Boumou. Après la mort d’Idriss Alawma en l’an 1011 de l’Hégire (1603), ‘AbdAllah se libéra du joug de Boumou et déclara l’indépendance de Baigirimi.

 

Après ‘AbdAllah, le prochain roi célèbre de Baigirimi fut Bourgoumandah. Il était un militant actif et mena des expéditions contre différentes tribus habitant la région du Tchad et aussi contre l’état de Waday. Sa règne dura six ans seulement de l’an 1044 à 1051 de l’Hégire (1635 à 1641).

 

 

Muhammad al-Amin

 

Baigirimi atteignit sa grandeur sous le gouvernement de Muhammad al-Amin, qui gouverna de l’an 1164 à 1199 de l’Hégire (1751 à 1785). Il accomplit un pèlerinage à la Mecque et invita des ‘Oulama du monde islamique qui, grâce à leurs efforts missionnaires, convertirent un grand nombre de gens à l’Islam. Il construisit des Madrassas et des mosquées dans toutes les parties de l’état.

Avec la mort de Muhammad al-Amin, la gloire de Baigirimi prit fin. Il fut succédé par ‘AbderRahmane Gwarang qui s’éprit de sa sœur et se maria avec elle ce qui engendra de vives réactions parmi les gens et les ‘Oulama donnèrent un arrêté juridique, une Fatwa, pour son éviction.

Tirant profit de ces troubles publics dans Baigirimi, le souverain de Waday envahit le pays et dans la bataille qui s’ensuivit ‘AbderRahmane fut tué et Masina, la capitale de Baigirimi, fut pillée et environ vingt mille citoyens de Baigirimi furent pris comme esclaves et envoyés à Waday. Baigirimi perdit son indépendance et devint un vassal de Waday.

 

‘AbderRahmane fut succédé par Nagarmabhah, un candidat désigné de Waday sous le règne de qui le pays fut victime d’une vaste dévastation à cause du conflit entre Waday et Boumou quand chaque état s’efforça d’obtenir le contrôle de Baigirimi. Un état d’impasse dura plusieurs années et n’apporta que le désastre à Baigirimi.

 

 

Les derniers rois

 

Après Nagarmabhah, il y eut une succession de faibles souverains qui furent à tour de rôles des laquais entre les mains de Waday ou de Boumou.

Muhammad Abou Bakr succéda au trône de Baigirimi, en l’an 1273 de l’Hégire (1857), essaya de libérer Baigirimi du contrôle de Waday. La tentative échoua et par revanche Waday, en 1287 de l’Hégire (1870), pilla Masina une nouvelle fois et prit un grand nombre des citoyens de Baigirimi à Waday comme esclaves. En conséquence de ce désastre, beaucoup de villages devinrent abandonnés ainsi que les terres cultivées.

Profitant de cette situation, Rabih Ibn Fadlallah, un aventurier militaire, prit Baigirimi en l’an 1308 de l’Hégire (1891) quand les Français, pour rajouter à la misère, apparurent sur la scène et attaquèrent Baigirimi en l’an 1314 de l’Hégire (1897). Rabih fut vaincu et tué tandis que Baigirimi fut occupé par les Français.

 

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