SOUDAN

AFRIQUE CENTRALE

Qasa et Mari Djata

 

A la mort de Souleyman, son fils Qasa fut proclamé souverain mais Mari Djata, un fils de Maghan I, contesta sa succession et Qasa fut tué quelques mois seulement après son intronisation tandis que Mari Djata devint roi.

Il fut un mauvais souverain, dissipa le trésor dans les dépenses inutiles et opprima les gens avec de lourdes taxes. Il fut atteint par la maladie du sommeil et décéda en l’an 774 de l’Hégire (1373) après un règne d’environ douze ans.

 

 

Les successeurs de Mari Djata

 

Mari Djata fut succédé par son fils Moussa II qui fut un faible souverain et tout le pouvoir se retrouva entre les mains de son ministre en chef Mari Dyata.

Moussa resta sur le trône quatorze ans qu’il passa pratiquement confiner au palais. Il fut succédé par son frère Maghan II qui lors d’une rébellion de palais, fut tué en l’an 790 de l’Hégire (1388), l’année de sa nomination.

Par la suite le trône fut occupé par le ministre en chef Mari Dyata qui fut à son tour tué en l’an 792 de l’Hégire (1390). Le trône fut repris par Majid, un prince de la dynastie royale, qui assura le trône au nom de Mansa Maghan III. Il fut renversé en l’an 802 de l’Hégire (1400) quand le Songhay annexa le Mali.

 

 

Le royaume de Masina

Au huitième siècle de l’Hégire (quatorzième siècle), les pasteurs foulani gagnèrent le contrôle de la région de Masina, dans l’ouest du Soudan alors qu’ils étaient vassaux du Mali. Quand Songhay captura le Mali, les Foulani de Masina transférèrent leur allégeance à Songhay et quand le Maroc occupa le Songhay du Nord, les Foulani devinrent les vassaux du Maroc. Quand le pouvoir du Maroc déclina et que celui des Bambara se leva, la principauté de Masina transféra son allégeance à Bambara.

 

 

Shihou Ahmadou

 

Pendant le dix-neuvième siècle, Masina devint le centre d’une révolte islamique menée par Shihou Ahmadou.

Shihou Ahmadou naquit à Masina en l’an 1189 de l’Hégire (1775). Il appartenait à une famille de savants religieux et après avoir accompli son éducation religieuse, il débuta sa carrière comme enseignant et pasteur.

 

Vers les années 1220 de l’Hégire (1805), il participa au Jihad de ‘Uthman Dan Fodio dans l’Hausaland et s’installa par la suite dans un hameau près de Jenne d’où il fut mis à la porte par les autorités puisque ses activités étaient considérées répréhensibles.

Par la suite, il s’installa à Sono dans Sebera où il ouvrit une école coranique mais il s’impliqua dans une dispute avec les autorités et pour s’échapper à leur vengeance, il partit au Soja.

Dans le Soja, des mandats d’arrestations furent délivré contre lui et il déclara le Jihad et se révolta contre les autorités. Il critiqua le souverain aussi bien que les gens pour leurs pratiques non-islamiques. Lors d’une confrontation avec les autorités, il remporta une victoire près du Soja. Puis, il se retira à Moukamah, qui devint le centre de ses activités mais il fut attaqué par les forces collectives de Masina et de Bambara qu’il réussit à vaincre.

Sur ce, Shihou Ahmadou renversa le souverain de Masina et le remplaça. Assit au pouvoir, il entreprit une carrière de conquêtes et occupa le territoire jusqu’à Jenne et Kounari ou il construisit une nouvelle capitale dans Kounari qu’il appela Ahmadallahi et son état Dina, pour montrer son caractère religieux. Il fonda une assemblée de consultation, Majlis Shourah, composée de plus de quarante ‘Oulama pour le conseiller sur les affaires de l’état. Il établit des madrassas et fit respecter l’éducation islamique obligatoire. Il entreprit des conversions à l’Islam sur une grande échelle et promut le mode de vie islamique. Il nomma un émir et un Qadi pour chaque province, un système de taxation, un     trésor public ou Bayt al-Mal et une forme de service militaire.

Selon des récits contemporains, l’état fondé par Shihou Ahmadou était un état islamique modèle et Shihou Ahmadou mourut en l’an 1260 de l’Hégire (1844). Au moment de sa mort, son empire s’étendait sur toute la région de l’est du confluent du Volta Noir et du Souri, au sud, à Isa Ber et au nord jusqu’à Tombouctou.

 

 

Ahmadou II

 

Shihou Ahmadou fut succédé par son fils, qui prit le titre d’Ahmadou II. A la mort d’Ahmadou, Tombouctou rejeta l’autorité de Masina mais Ahmadou II réussit à réaffirmer son autorité sur Tombouctou.

Ahmadou décéda en l’an 1268 de l’Hégire (1852) après un règne de huit années seulement.

 

 

Ahmadou III

 

Ahmadou II fut succédé par son fils qui prit le titre d’Ahmadou III. Il entra en conflit avec le grand conquérant al-Hajj ‘Omar et s’allia avec les Bambara de Ségou. Malgré cette alliance, Ahmadou III fut vaincu et tué en l’an 1278 de l’Hégire (1862), tandis que sa capitale Ahmadallahi fut prise par ‘Omar.

 

 

Les derniers souverains de Masina

 

Après la bataille et le meurtre d’Ahmadou III, Masina fut occupé par al-Hajj ‘Omar qui ne put apprécier longtemps son triomphe.

En l’an 1280 de l’Hégire (1864), un oncle d’Ahmadou III se révolta au cours de laquelle ‘Omar perdit la vie et après sa mort, l’anarchie régna. Après quelques années de lutte, at-Tajani le neveu de ‘Omar réoccupa Masina et déplaça sa capitale à Banjigara. At-Tajani appliqua les lois islamiques sévèrement quand le bureau du Mouhtassib se transforma en inquisition.

At-Tajani fut succédé par son fils at-Tafsir qui gouverna jusqu’en l’an 1305 de l’Hégire (1888). At-Tafsir fut succédé par son fils Mounir qui fut tué par les Français en l’an 1309 de l’Hégire (1892).

 

 

Xanta Koutal fondateur du royaume de Kibbi

 

Au début du dixième siècle de l’Hégire (seizième siècle), Koutal un chef local de Lika réunit une armée et réussit à capturer certaines des petites principautés et les rendre tributaires.

 

Dans la deuxième décade du seizième siècle, il s’allia avec le souverain Askiya de Songhay et ensemble firent quelques conquêtes collectives. Plus tard, les alliés se séparèrent suite à une dispute sur le partage du butin.

Par la suite, Koutal fonda l’état de Kibbi et établit sa capitale à Souraymah tout en prenant le titre de Kanta. Il construisit un fort à Souraymah ou il plaça une large garnison. Il fit de nombreuses conquêtes et étendit considérablement ses territoires avec l’ambition d’introduire Kibbi dans son grand empire.

Il commanda une expédition contre Boumou qu’il vainquit mais en revenant triomphalement du champ de bataille, il tomba dans une embuscade et trouva la mort en l’an 952 de l’Hégire (1545).

 

Le dixième siècle de l’Hégire (seizième siècle) produisit de nombreux grands souverains dans le monde musulman et Kanta Koutal fut l’un d’entre eux.

La région de Kibbi se trouve à l’est de Dendi entre le Zarma et les habitants d’Hausa. Selon la tradition, les gens de Kibbi étaient les fils d’une mère Katsina et d’un père Songhay. Le centre de pouvoir Kibbi était à l’extrémité Ouest de la terre d’Hausa.

 

 

Les successeurs de Kanta Koutal

 

Kanta Koutal fut succédé par son fils Muhammad qui s’impliqua dans la guerre avec Songhay qui finit en traité de paix, quand les deux états décidèrent de vivre dans la paix l’un avec l’autre.

Muhammad décéda en l’an 968 de l’Hégire (1561) et ses successeurs régnèrent encore environ cent ans avant de décliner et les principautés qui étaient tributaires de Kibbi se séparèrent et formèrent leurs propres états indépendants.

Les chefs de Gobir, Ahir et Zamfara se rebellèrent contre Kibbi, déclarèrent leur indépendance et prirent les villes voisines.

En l’an 1127 de l’Hégire (1715), Kibbi sous le règne de Toumou Kanta subit une défaite désastreuse aux mains de Zamfra et suite à la défaite, Kibbi perdit sa capitale Souraym.

Par la suite, Kibbi construisit une nouvelle capitale à Bimin Kibbi et malgré ce morcellement, le royaume de Kibbi se maintint dans un état réduit.

 

Durant le douzième siècle (dix-huitième siècle), Bimin Kibbi se développa en un centre d’études islamiques et beaucoup de ‘Oulama du monde musulman s’y installèrent. Pendant cette période, Kebbi prospéra matériellement à cause des travaux de ses cultivateurs.

 

Pendant le treizième siècle de l’Hégire (dix-neuvième siècle), le royaume de Kibbi se trouva exposé à l’attaque du Foulbé et les habitants de Kibbi luttèrent courageusement contre le Foulbé mais Kibbi perdit son territoire continuellement et fut réduit au statut d’un très petit état d’Argoungo. Ce très petit état fut occupé par les Britanniques dans les années finales du treizième siècle de l’Hégire (dix-neuvième siècle).

 

 

Le royaume d’Adamawa des Foulbés Kitiji

 

Les Foulbés étaient établis dans Boumou au milieu du dixième siècle de l’Hégire (seizième siècle).

Un siècle plus tard, ils s’établirent dans Baigirimi. Pendant le douzième siècle de l’Hégire (dix-huitième siècle), ils s’installèrent parmi les tribus païennes du plateau au nord du Cameroun qui les traitèrent en vassaux et ils furent appelés les Foulbés Kitiji.

Progressivement, les Foulbés gagnèrent en force et influence et leurs chefs menèrent des raids dans le pays. Adama, l’un de leurs chefs, reçut une éducation religieuse dans Boumou et accomplit le pèlerinage à la Mecque.

Ayant entendu l’appel au Jihad lancé par ‘Uthman Dan Fodio, il partit à Sokoto en l’an 1221 de l’Hégire (1806) et porta allégeance à ‘Uthman, qui le nomma calife pour son pays natal, lui confia un étendard et lui demanda de retourner dans son pays et d’y conduire le Jihad. Il débuta son Jihad en l’an 1224 de l’Hégire (1809) et soumit les païens du nord. Il soumit aussi les Mandaras qui étaient déjà Musulmans.

 

En l’an 1240 de l’Hégire (1825), il conquit le pays de plateau au sud, fonda en l’an 1257 de l’Hégire (1841), la ville de Yola sur le Benue et y établit sa capitale. L’état qu’il établit fut connut sous le nom d’Adamawa après lui.

Adama déclara l’Islam comme religion d’état. Il construisit des mosquées et rendit la présence aux prières du vendredi obligatoire. Bien que les gens fussent des Musulmans, certaines pratiques païennes continuaient d’être pratiquées et selon les chroniques, les amulettes et les charmes populaires des païens s’attirèrent aussi les bonnes grâces des Musulmans.

Adama mourut à Yola en l’an 1264 de l’Hégire (1848).

 

 

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